Des fortunes diverses pour les assistants de vie scolaire

Résumé : Le gouvernement a apporté en urgence des réponses aux questions soulevées par la fin des contrats précaires des assistants de vie scolaire, ces personnes qui accompagnent les enfants handicapés en milieu scolaire, mais les solutions sont critiquées.

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Alors que plusieurs milliers de contrats d'auxiliaires de vie scolaire (AVS) et d'emplois vie scolaire (EVS) sont échus depuis fin juin, la mobilisation en leur faveur a débouché sur trois décisions.

Outre la promesse qu'il y aura autant de personnels à la rentrée pour accompagner les élèves handicapés, le ministre de l'Education nationale, Luc Chatel, a fait voter dans la nuit de jeudi à vendredi un amendement permettant que certains AVS restent auprès des élèves qu'ils aidaient individuellement.

Dans de tels cas "il y a une relation qui se noue, il y a de l'humain", d'où "un besoin de continuité", a expliqué M. Chatel mercredi sur France Inter.

La solution trouvée est que ces emplois, dépendant auparavant de l'Etat, seront "portés par le monde associatif, avec un accompagnement financier de l'Etat", a-t-il précisé.

Deuxième décision: une "mission d'inspection" a été lancée pour savoir si la formation dont devaient bénéficier AVS et EVS durant leurs contrats a bien été dispensée.

"Ce sont des CDD pensés comme des tremplins vers l'emploi. Cette vocation d'insertion professionnelle a-t-elle été bien satisfaite? Je ne suis pas sûr qu'elle l'ait été pleinement", a estimé M. Chatel.

Enfin, un accord visant à favoriser le reclassement des EVS a été conclu mardi pour un an entre le gouvernement, Pôle emploi et l'entreprise de services à la personne O2, qui s'est engagée à examiner en priorité les dossiers d'EVS pour son recrutement de 2.000 gardes d'enfants à domicile prévu en septembre.

Le secrétaire d'Etat à l'Emploi, Laurent Wauquiez, compte étendre ce dispositif "dans les prochains jours à l'ensemble du secteur" des services à la personne.

Ces décisions ont suscité plusieurs types de critiques. Pour l'Association des paralysés de France (APF), le transfert d'AVS à des associations constitue un "désengagement de l'Etat" qualifié de "scandale".

"Désengagement", le terme est repris par le SNUipp-FSU, principal syndicat d'enseignants du primaire, tandis que l'Unapei, association qui travaille à la défense des personnes handicapées mentales, juge que ce transfert "ne peut constituer qu'une réponse provisoire".

"L'Unapei attend toujours une réponse plus globale et surtout un engagement financier de l'Etat durant cette période transitoire", a-t-elle ajouté.

Quant au sort des EVS, une intersyndicale a demandé audience à Nicolas Sarkozy à leur sujet, après avoir déposé à l'Elysée une pétition de 100.000 signatures. "Il est temps que l'Etat réfléchisse à une politique de long terme", estime Dominique Thoby, du syndicat SE-Unsa.

"On espérait des postes de contractuels pour les EVS ayant fait des tâches administratives, et on leur propose des gardes d'enfants qui ne tiennent pas compte de leur expérience professionnelle", ajoute-t-elle.

Plus généralement, les réactions ont dénoncé la gestion tardive par l'Etat de ces contrats arrivant à échéance, alors même que le gouvernement a fait des contrats aidés un des éléments de sa politique de lutte contre la hausse du chômage depuis le déclenchement de la crise économico-financière en 2008.

L'Unapei comme le SE-Unsa jugent que les solutions ont été trouvées "en urgence", alors qu'ils avaient alerté le gouvernement "depuis des mois".

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