Dans le 93, un hôpital de jour "sur-mesure" pour l'autisme

Résumé : En Seine-Saint-Denis, l'établissement de Ville-Evrad comprend un hôpital de jour adapté aux enfants autistes, sur le site de Neuilly-sur-Marne. Prise en charge complète, éclairage spécifique... Tout est pensé selon une approche sensorielle adaptée

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Des murs pour absorber les sons, un éclairage uniforme, un sol de même couleur... En Seine-Saint-Denis, un hôpital de jour accueille, depuis novembre 2016, une quarantaine d'enfants atteints de grands troubles autistiques, dans des locaux « sur mesure », aménagés selon une approche sensorielle adaptée.

Se sentir plus paisible

Les premières fois qu'elle est venue déposer son fils Omar, trois ans et demi, dans les anciens bâtiments de l'hôpital, Zinaba a eu l'impression « que les personnes autistes étaient cachées dans un endroit sombre et sale ». Froid aussi, l'obligeant à mettre beaucoup de vêtements à son petit garçon qui s'accrochait à elle sans toucher à rien. Depuis l'ouverture des Hirondelles en novembre 2016, un bâtiment de 1 800 m2 flambant neuf, Omar « court partout, touche à tout ». Sa mère, âgée de 27 ans, le sent plus paisible et plus à l'aise.

Une approche sensorielle adaptée

Ici, « tout a été pensé pour créer un environnement harmonieux, sans rupture sensorielle », précise le chef du service, Noël Pommepuy. « Une priorité », explique-t-il. De nombreux autistes souffrent en effet de troubles de la perception : le bruit ambiant ou la lumière trop vive peuvent être ressentis comme des agressions, nuire à la concentration et générer des troubles du comportement. Dans les anciens locaux, « les enfants pouvaient passer en été d'une pièce où il faisait 25°C à un couloir où il faisait 40°C, se souvient le médecin. Ils avaient d'énormes problèmes comportementaux. À l'époque, c'était avant les études sur les troubles sensoriels, on avait du mal à comprendre, on pensait que c'était dû à une difficulté à sortir. »

L'éducation à l'hôpital

L'hôpital, qui dépend de l'établissement public de santé mentale de Ville-Evrard à Neuilly-sur-Marne, a également aménagé une salle Snoelzen, du nom d'un concept néerlandais. Dans cette pièce aux allures psychédéliques, les enfants peuvent s'installer sur un matelas à eau ou actionner différentes sources de lumière, pour se relaxer et stimuler leurs sens. Aux Hirondelles, les petits sont pris en charge par des pédopsychiatres, psychologues, éducateurs spécialisés, peuvent suivre des ateliers d'orthophonie ou de motricité, d'arts plastiques, de musique... Des enseignants sont également détachés dans l'hôpital. Les enfants y restent en moyenne quatre ans avant d'être orientés pour la majorité vers des établissements médico-éducatifs (IME). Le plus jeune patient a deux ans. Depuis une quinzaine d'années, le service s'est orienté sur la prise en charge « précoce et intensive », qui peut enrayer beaucoup de troubles autistiques, détaille le Dr Pommepuy.

Des places limitées

Reste que le nombre de demandes, dans ce département francilien qui souffre d'un déficit d'équipements et cumule les difficultés sociales, oblige l'hôpital à prioriser les cas les plus sévères. Un nouveau-né sur 100 serait atteint d'autisme ou autres troubles envahissants du développement, estime-t-on sur la base d'études internationales. « Globalement, l'Île-de-France n'est pas une région hyper-équipée », reconnaît Catherine Isserlis, référente pour la psychiatrie et la santé mentale à l'Agence régionale de santé (ARS). « Mais des plateformes de diagnostic de proximité vont être mises en place et le manque important de places en médico-social tend à être rattrapé », ajoute-t-elle en saluant le « haut niveau de compétences » de l'hôpital.

« Cadeau du ciel »

Vincent Dennery, président du Collectif autisme, reconnaît « l'effort sur la prise en compte des aspects sensoriels de l'autisme », mais se dit « réservé sur les approches éducatives » mises en place dans ce lieu. Dans le hall de l'hôpital, Belma, 35 ans, mère de Maëlys, six ans et demi, témoigne en tout cas de son soulagement de voir sa fille prise en charge après un an galère. « Écoles publiques, privées… Personne ne voulait de nous, raconte-t-elle. Alors quand l'hôpital a accepté ma fille, je me suis dit: c'est un cadeau du ciel ». A fortiori depuis que les anciens locaux, qui lui faisaient penser à « un film d'horreur », ont laissé place au nouveau bâtiment.

© Alvarez / EPS Ville-Evrard

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