Des humains virtuels pour diagnostiquer la dépression

Résumé : Des chercheurs bordelais ont montré, début mars 2017, qu'il était possible d'utiliser des humains virtuels, bien acceptés par les patients, pour diagnostiquer des troubles psychiques tels que la dépression. Explications.

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À une époque où chacun consulte son smartphone pour toute question médicale, où il est possible de télécharger des applications de santé, de suivre la qualité de son sommeil… Des études récentes ont montré que les agents conversationnels de type Siri d'Apple ou Google now, répondent mal aux questions ayant trait à la maladie ou à la souffrance psychique. Si ces agents peuvent renseigner sur la météo ou une localisation précise, les questions concernant la santé amènent à des réponses limitées qui ne correspondent pas aux attentes des patients en souffrance. Un autre problème repose sur le faible pouvoir empathique d'agents vocaux dépourvus d'interactions physiques (émotions faciales, etc.).

Plus d'interactions empathiques

Les chercheurs du laboratoire Sanpsy (Sommeil – Addiction - Neuropsychiatrie ; unité CNRS et université de Bordeaux) ont donc décidé de développer de nouveaux outils numériques basés sur des scénarii médicaux mimant un entretien clinique avec des interactions empathiques. Ils ont créé le premier agent conversationnel animé ou humain virtuel capable de conduire un entretien interactif intelligent pour diagnostiquer des troubles dépressifs. Cet entretien entre un humain virtuel et un patient est construit à partir d'un référentiel médical validé (DSM-5), enrichi par de tournures de phrases et de gestes corporels et faciaux qui renforcent l'engagement du patient dans l'interaction.

L'humain virtuel bien toléré

Cette étude, menée sur 179 patients et publiée en mars 2017 dans la revue open-source de Nature, Scientific Reports a permis de tester la performance de diagnostic pour le trouble dépressif caractérisé. L'expérience était basée sur l'identification par l'agent conversationnel animé de symptômes spécifiques (décrits dans le DSM 5) chez des patients venus en consultation externe. Les résultats ont indiqué que la capacité diagnostique de cet outil augmentait en fonction du niveau de sévérité des symptômes dépressifs. Deuxième résultat intéressant : la bonne acceptabilité par les patients de cet agent conversationnel s'apparentant à un humain virtuel féminin prénommée « Julia ». Les chercheurs ont pu montrer que ces outils fonctionnent et qu'ils sont prometteurs pour mener des entretiens cliniques standardisés en soutien des consultations prodiguées par les médecins et personnels soignants.

Vers un hôpital numérique

L'enjeu n'est donc pas de remplacer le médecin mais d'assister ce dernier pour diagnostiquer plus rapidement des patients non identifiés comme dépressifs et possiblement, dans le futur, d'assurer un suivi médical de qualité au domicile du patient. Cette recherche s'inscrit dans une idée d'hôpital numérique qui assurera un continuum de prise en charge des services hospitaliers jusqu'au domicile des patients afin d'augmenter l'autonomie de ces derniers.

© Sanpsy

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"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Aimée Le Goff, journaliste Handicap.fr"


Commentaires

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Le 16-03-2017 par MARIE2 :
Si cela peut donner une indication qqf intéressante, on ne peut sérieusement s'en référer.
On imagine fortement les dérives de ces systèmes.
la volonté des personnes, le cadre, les objectifs,
les déviations, les biais, les suites, ... sont à surveiller !

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