Grand écran et interprète Salle Lamartine pour les handicapés

Résumé : Aucune activité parlementaire n'est prévue cette semaine salle Lamartine, l'un des principaux lieux de réunion de l'Assemblée nationale: la salle est aménagée pour permettre aux handicapés de suivre, de mardi à jeudi, l'examen du projet de loi...

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PARIS, 2 juin 2004 (AFP) - Aucune activité parlementaire n'est prévue cette semaine salle Lamartine, l'un des principaux lieux de réunion de l'Assemblée nationale: la salle est aménagée pour permettre aux handicapés de suivre, de mardi à jeudi, l'examen du projet de loi sur le handicap.
"Ca y est, c'est pour bientôt", s'impatiente Michel sur son fauteuil, alors que l'écran géant du fond affiche "suspension de séance" à l'issue de l'heure des questions au gouvernement mercredi après-midi.
Tétraplégique de 43 ans, Michel fait partie de la soixantaine d'handicapés réunis dans cette salle pour suivre les travaux sur le texte.
Outre l'écran géant, la moitié gauche de la salle Lamartine a été vidée de ses rangées de sièges pour permettre aux personnes en fauteuil de circuler et de s'installer.
"Je suis venu parce que ce projet de loi est important pour la vie des handicapés. Je veux aussi montrer aux députés que nous suivons de près ce qu'ils font", explique ce quadragénaire, qui avait perdu l'usage de ses membres après un grave accident de la route à l'âge de 20 ans.
Un peu plus loin, Bernadette et Monique, deux Valdoisiennes membres de l'Association des paralysées de France (APF), consultent les notes de la nuit.
"Nous étions déjà ici mardi soir, et nous reviendrons demain", confie Bernadette, 46 ans, atteinte de sclérose en plaques.
"Je veux voir comment tout ça s'articule, je veux m'imprégner du débat. Les députés semblent s'appliquer davantage que les sénateurs", commente de son côté Monique, qui avait déjà suivi fin février l'examen du texte au palais du
Luxembourg.

Projet "gruyère"
Selon cette juriste de 57 ans, devenue handicapée suite à un accident de circulation il y a un peu plus de 5 ans, le texte de la secrétaire d'Etat aux Personnes handicapées Marie-Anne Montchamp ressemble aujourd'hui à "un gruyère qui attend qu'on remplisse les trous".
Les conversations s'arrêtent dès la reprise des débats et tous les regards convergent vers le grand écran, montrant Alain Ferry (app. UMP) prononcer son intervention à la tribune. Debout à côté de l'écran, un interprète pour malentendants traduit simultanément les propos du député du Bas-Rhin.
Apprécient-elles plus les orateurs de gauche ou de droite? "On n'en a rien à faire! Le sujet du handicap ne se prête à aucune polémique politicienne", répondent en choeur Bernadette et Monique.
"Dans l'hémicycle tout le monde dit que nous avons le droit de vivre, de nous détendre, de partir en vacances. Mais que peut-on faire avec une allocation de 517 euros par mois?", s'exclame Bernadette.
Le débat est suivi aussi par des responsables d'associations d'handicapés, parmi lesquels le secrétaire général de la Confédération de défense des handicapés et retraités Michel Ferran, kinésithérapeute mal-voyant, le vice-président national de l'APF Jean-Marie Barbier, ingénieur en informatique qui souffre d'arthrogryppose, et la secrétaire générale adjointe du Comité
national de promotion sociale des aveugles et amblyopes,Maudy Piot.
"Ce n'est déjà pas normal qu'on soit parqué dans une salle pour suivre ce débat", lance Mme Piot, malvoyante, furieuse de s'être vue refuser l'accès, avec son chien, des tribunes du public.
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