Accessibilité du métro parisien : plus de transparence !

Résumé : Rendre accessibles les 303 stations du métro parisien, un vrai casse-tête ! 120 à 130 ont été analysées sans que le rapport ne soit rendu public. Un collectif réclame plus de transparence et surtout une concertation avec les usagers concernés.

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Le métro parisien peut-il être rendu accessible ? C'est la question que pose le Comité d'entente d'Ile-de-France des associations représentatives de personnes handicapées qui interpelle la RATP sur le manque de transparence sur cette question. Plus d'une centaine de stations ont pourtant été passées au crible en 2014, donnant lieu à des rapports techniques d'accessibilité… qui n'ont jamais été rendus publics. Il est grand temps qu'ils le soient, clame le comité. Entre les deux tours des législatives, il a tenté d'interpeller les candidats et les medias. En vain.

4 à 6 milliards de budget

Malgré l'article 45 de la loi handicap de 2005 qui fait obligation aux autorités organisatrices de transport d'assurer la mise en accessibilité de toute la chaîne des déplacements, dans le cadre de schémas directeurs d'accessibilité, le métro parisien n'a pas été contraint de déposer un Ad'AP (programme de mise en accessibilité de chaque établissement recevant du public). La faute à un budget estimatif démesuré ! Il faudrait en effet entre 4 et 6 milliards d'euros pour rendre les 303 stations du métro parisien accessibles. En juin 2016, Valérie Pécresse, présidente de la région, déclarait pourtant sur une radio : « Dans le métro, on va vers un trajet zéro escalier, zéro marche, entièrement accessible ». Irréaliste ?

Une partie du réseau

Même les principaux intéressés acceptent de se rendre à la raison. « Face au principe de réalité, nous ne demandons pas que toutes les stations le soient, explique Claude Boulanger-Reijnen, membre du comité d'entente et responsable APF (Association des paralysés de France) Ile-de-France, mais qu'un « nœud » de transport soit réalisé, portant sur celles qui drainent le plus gros flux de passagers, ainsi que les gares de RER, en rendant accessibles les points d'interconnexions là où c'est possible. Or, pour mesurer la faisabilité ou non d'un tel projet, il faut bien que nous puissions avoir accès à ces rapports, avec des explications incluant les dispositifs de mise en sécurité (E.A.S.). Pourquoi les dissimuler ? Nous exigeons également que les élus locaux et régionaux en soient totalement informés. Assez de tourner autour du pot et d'entendre dans tous les médias bien influencés que le métro ne sera jamais accessible car cela revient trop cher, alors que tous les champs de handicaps sont concernés ! ».

Pas seulement le handicap moteur

En effet, l'accessibilité ne concerne pas seulement les personnes en fauteuil roulant ; les lignes 10 et A et B du RER ont mené des actions pour l'accueil des voyageurs avec un handicap mental ou cognitif (article en lien ci-dessous). Pourquoi pas les autres avec les mêmes plans de formations pour l'accueil et les accompagnements nécessaires ? Le Comité propose, par ailleurs, que le rôle d'ambassadeur de l'accessibilité RATP soit confié par tirage au sort à l'une des associations tous les ans. « La seule façon pour tous les handicaps d'être entendus », selon Claude Boulanger-Reijnen.

1,3 million de voyageurs concernés

Face à ce constat, le comité d'entente réitère donc sa demande d'une « vraie concertation » avec les représentants associatifs, la société civile organisée, afin que les opérateurs des transports publics parisiens et franciliens facilitent le quotidien de près de 5 millions d'usagers. Plus de 1,3 millions de personnes handicapées et âgées vivent à Paris et en Petite couronne soit près de 20% de la population concernée. Il exige que « leur liberté de circuler soit respectée, facilitée, organisée et programmée financièrement « avant » le 13 septembre 2017 » ; ce jour-là, sera choisie la ville organisatrice des Jeux olympiques et paralympiques de 2024. « Les instances avaient affiché la même volonté en 2008 dans la perspective des Jeux à Paris en 2012. Paris n'a pas été choisie et donc plus rien ! Il ne faudrait pas nous refaire le même coup, scande Claude. La mise en accessibilité des stations de métro doit donc être intégrée dans le schéma directeur d'accessibilité Ad'AP actuel dans le cadre d'une révision, avec le soutien de l'exécutif régional ».

Même combat à Marseille

La séance plénière du Comité consultatif de l'Accessibilité de la RATP doit se tenir le 23 juin 2017 ; ce responsable associatif sera présent et compte bien mettre le sujet à l'ordre du jour. Le 28 juin, une séance du Conseil d'administration du STIF aura également lieu. Les études seront-elles livrées ? Rappelons qu'en 2014, trois Marseillais en situation de handicap traînaient leur ville devant la justice pour exiger une expertise visant à évaluer si son métro pouvait être rendu accessible (article en lien ci-dessous). Ils avaient obtenu gain de cause… Selon le STIF et la Société du Grand Paris, l'enjeu de l'accessibilité pour les personnes à mobilité réduite, dans une logique de conception universelle, est prise en compte. Le handicap est l'un des six piliers. Les nouvelles lignes seront totalement accessibles aux personnes à mobilité réduite. A découvrir dès 2019 avec la mise en service d'une prolongation de la ligne 14. D'autres (15, 16, 17 et 18) verront le jour d'ici 2030. Et pour les anciennes ?

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"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Emmanuelle Dal'Secco, journaliste Handicap.fr"


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