Pédophilie sur des enfants handicapés : l'enquête relancée

Résumé : Classée au printemps, une enquête sur des soupçons d'agressions sexuelles dans un établissement qui accueillent des jeunes en situation de handicap, en Isère, a été relancée à l'automne 2016 par l'ouverture d'une information judiciaire.

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L'enquête sur des soupçons d'agressions sexuelles dans un IME (Institut médico-éducatif), classée en mai 2016, est aujourd'hui ré-ouverte. Les parents de quatre victimes présumées ont déposé plainte avec constitution de partie civile. Un magistrat instructeur a été nommé fin septembre 2016 à Grenoble, a annoncé leur avocat, Me Bertrand Sayn, lors d'une conférence de presse le 14 décembre 2016 à Lyon. Les familles seront entendues en février 2017. « Cette affaire ne pourra pas être mise sous le tapis », s'est félicité l'avocat. Pour lui, l'enquête préliminaire classée sans suite par le parquet « n'a pas du tout été à la hauteur » des attentes des familles. Le procureur de Grenoble n'a pas pu être joint par l'AFP (Agence France presse).

11 victimes d'agressions sexuelles

Tout démarre en avril 2015, avec l'incarcération provisoire d'un éducateur spécialisé travaillant à l'IME de Voiron, pour détention d'images pédopornographiques, dans le cadre d'une première procédure. Rapidement, plusieurs signalements remontent sur des suspicions d'agressions sexuelles. Une nouvelle enquête est ouverte. Au total, 11 enfants et adolescents, filles et garçons, auraient été victimes des agissements de trois éducateurs spécialisés, qui nient les faits, entre 2012 et 2015. Un seul des cas est plus ancien. En classant l'affaire en mai 2016, le parquet avait expliqué que l'audition des enfants par les gendarmes de la Brigade de prévention de la délinquance juvénile avait été « très difficile », qu'aucune accusation cohérente n'en était ressortie et que des examens médicaux n'avaient établi aucun signe d'agression sexuelle.

Soudainement déstabilisés

Mais les quatre familles qui poursuivent le combat judiciaire avec des associations sont convaincues que leurs enfants, âgés de 13 à 23 ans aujourd'hui, dont certains sont autistes, n'ont pas brutalement changé de comportement pour rien - crises d'angoisse, refus d'aller à l'école, etc. - et qu'ils disent la vérité. « Un autiste est incapable de fabuler », a affirmé une mère, le 14 décembre 2016, devant la presse. « Je crois la parole de mon fils », a déclaré une autre en racontant comment il était rentré un jour de l'institut « complètement déstabilisé », en pleurant, en se tapant la tête contre les murs, en montrant ses fesses et en disant « mal », avant de donner le nom d'un éducateur. Précisément celui mis en cause pour la détention d'images pédopornographiques.

Deux autres affaires de viol

L'éducateur est également visé par le plus grand nombre de plaintes et son nom est déjà apparu, par le passé, dans deux affaires de viol sur mineur, selon l'avocat des parents. Mme Sayn pointe également les conditions, « déplorables » à ses yeux, dans lesquelles les victimes présumées ont été entendues : par des enquêteurs spécialistes de l'enfance et non par des experts du handicap, qui plus est dans les locaux de l'IME et en présence d'autres éducateurs.

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