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Rentrée sous tension pour des milliers d'élèves handicapés

Résumé : "Les mardis et jeudis, qui va leur couper la viande ?"A la rentrée, des centaines voire des milliers d'enfants handicapés ne sont pas accueillis correctement à l'école selon des associations de parents en colère que le gouvernement tente de rassurer.

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Par Jessica Lopez, Arnaud Bouvier

Les difficultés surviennent quand les élèves "n'ont pas eu d'accompagnement adapté en cette rentrée, qu'ils ne bénéficient que de quelques heures hebdomadaires de scolarisation, ou qu'ils sont placés sur les interminables listes d'attente des établissements spécialisés", dénonce l'Unapei, qui regroupe des parents d'enfants porteurs d'un handicap mental.

1 400 cas toujours bloqués

Marie, 6 ans et polyhandicapée, doit en principe quitter bientôt la crèche pour intégrer un institut médico-éducatif (IME), mais n'a pas obtenu de place, comme environ 500 enfants sur liste d'attente dans son département de Loire-Atlantique. "Je n'ai aucune solution. Je vais devoir rester à la maison avec elle", enrage sa mère, Louise Compain. "Je ne comprends pas qu'on soit confronté à des problématiques comme ça dans un pays comme la France".  "A la date du 6 septembre, on nous avait signalé les cas d'environ 1 400 enfants dont la situation était toujours bloquée", a indiqué à l'AFP Jean-Louis Garcia, président de la Fédération APAJH (Association pour adultes et jeunes handicapés). Il évoque des cas où les accompagnants promis "se désistent au dernier moment", ou dont le contrat "n'a pas été signé à temps".

La douche froide

Des familles considèrent insuffisant l'accompagnement octroyé à leur enfant. C'est le cas d'Angélique, 39 ans, dont les jumeaux Gabriel et Raphaël, tous deux autistes, viennent de rentrer en CE2 dans une école rurale du Cantal. Le jour de la rentrée, c'était "la douche froide" pour leur maman : "On a appris par leur accompagnante qu'elle ne pourrait être avec eux que 12 heures par semaine", alors que l'an dernier elle était présente à temps plein. "Les mardis et jeudis, qui va leur couper la viande ? Qui va les aider à se concentrer ? Leur dire d'aller faire pipi car ils n'y pensent pas ?", s'alarme la mère, "en colère". Angélique a appelé la ligne téléphonique non-surtaxée (0800 730 123) mise en place par le gouvernement pour recenser les situations problématiques, mais "attend toujours qu'ils rappellent". "Nous n'avons pas beaucoup d'espoir, on sait bien qu'on va nous répondre qu'ils ne peuvent pas recruter".

Quelques tensions

Cette ligne a reçu quasiment deux fois moins d'appel en ces premiers jours de rentrée que l'an dernier à la même époque, se sont félicités dans un communiqué la secrétaire d'Etat chargée des personnes handicapées Sophie Cluzel et le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer. Mme Cluzel affirme y voir le signe que le gouvernement "répond au mieux aux besoins" des 341 500 enfants handicapés scolarisés cette année, dont 175 000 qui ont besoin d'un accompagnement. "J'entends les attentes et les impatiences des familles", a assuré la ministre, qui reconnaît quelques "tensions" dans le recrutement des accompagnants pendant la rentrée, mais assure que l'échéance a été "anticipée au maximum". Cette année, 3 584 postes supplémentaires d'accompagnants d'enfant en situation de handicap (AESH) en équivalent temps-plein ont été créés, et au total quelque 110 000 accompagnants - certains à temps partiel, mutualisés entre plusieurs élèves - sont prévus dans les établissements.

Un problème tout au long de l'année

Malgré tout, les difficultés d'accès à l'école sont "dans les mêmes proportions que l'an dernier", voire même "se sont encore accrues un peu", indique à l'AFP Marion Aubry, vice-présidente de l'association TouPI, qui défend les droits des personnes handicapées. Sur la page Facebook de l'association, sur les 1 591 parents ayant pris part à une consultation, 539 parents ont déclaré que l'accompagnant promis n'était pas présent le jour J, et parmi eux, 99 ont précisé que cela avait "empêché leur enfant d'aller à l'école". Si ces chiffres ne sont pas "statistiquement représentatifs", ils "donnent une idée des manques, partout en France", déplore Mme Aubry, pour qui le manque d'accompagnants ne se pose d'ailleurs pas qu'à la rentrée, mais "toute l'année".

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Commentaires

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Le 11-09-2018 par Henri Galy :
Selon le Syndicat SNUIPP, 645 enfants handicapés se sont retrouvés sans aide à la rentrée POUR LE SEUL DÉPARTEMENT D'ILLE-ET-VILAINE !

L'inspecteur d'Académie ne conteste d'ailleurs pas ce chiffre effarant, mais, selon Ouest-France, il " tempère l'analyse du Snuipp " en déclarant tout benoîtement : " Ce n'est pas une situation anormale ni alarmante. Les postes d'AESH existent bien et nous allons lancer le recrutement de 220 personnes, soit 133 équivalents temps plein en deux vagues. "

La moitié des postes environ seront pourvus au 18 septembre, l'autre au 1er octobre. " Nous avons priorisé dès la rentrée les situations de handicap les plus urgentes ", précise l'inspecteur d'académie.

Ainsi, alors que les décisions de la MDPH sont prises avant les vacances, des centaines d'élèves handicapés ne pourront bénéficier de l'obligation scolaire qu'à partir du 1er octobre... Et l'Inspecteur d'Académie juge que cette situation n'est " NI ANORMALE NI ALARMANTE " !

Le 12-09-2018 par Ou commence le racisme ??? :
Comment voulez vous c'est la France
Le pays des droits à empêcher des enfants d'aller à l'école de la république !!!

Le 13-09-2018 par Clotilde :
Bonjour
Les personnes type état limite avec des troubles de comportement n'ont aucune solution adaptées. Que faire ? Y aura t'il une solution pour eux. C'est très dur de se sentir isolé.. bonne journée. Merci pour votre aide. Cdt

Le 13-09-2018 par kikine38 :
Depuis la rentré mon fils n'a pas pù intégré un Ulis comme convenu sous prétexte que la référente scolaire ai reçu la notification sur son bureau au mois de Juillet,pas facile angoisse et autres sont au rendez-vous et ce n'est vraiment pas facile ils croivent tout savoir et souvent c'est le pot de terre contre le pot de fer et souvent ils croivent mieux connaitre votre enfant que vous même,bref je suis en colère,très en colère.L'histoire ne s'arrète pas là elle est plus complexe.Mais vraiment ras-le -bol de cette situation.

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