Jeux Rio : pas d'équipe "neutre" pour les Russes non dopés

Résumé : 175 athlètes russes ont demandé l'autorisation de concourir aux Jeux paralympiques sous une bannière "neutre". Refusée par le CIP qui veut, ainsi, frapper un grand coup pour préserver le mouvement paralympique des dérives et tentations.

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Décidemment, les Russes auront tout tenté pour conjurer le sort réservé à l'ensemble de leur délégation, exclue des Jeux paralympiques de Rio pour dopage d'Etat "de longue date et sophistiqué" chez les "para" comme chez les valides. Les conclusions de la commission dirigée par le professeur McLaren, à l'origine de cette révélation, n'ont d'ailleurs pas été contestées par le Comité paralympique russe. Le Comité international paralympique (CIP) a-t-il eu le "courage" de radier l'ensemble de cette délégation pour marquer un grand coup, ce que ne s'était pas résolu à faire le comité olympique qui n'avait exclu "que" 113 athlètes ?

Discrimination ou salut ?

Sur les réseaux sociaux, certains internautes s'indignent du traitement réservé aux athlètes paralympiques, dénonçant une "discrimination" à leur encontre. Ne faut-il pas y voir, au contraire, une volonté des instances paralympiques d'écarter toute tentation ou menace sur une pratique en plein essor et éviter ainsi qu'elle ne sombre dans les travers et excès de ses confrères "valides" ? Prévenir plutôt que de devoir guérir et frapper un grand coup pour dissuader les tricheurs ! Les cas de dopage s'avèrent en effet en hausse, aussi, dans le handisport. Alors avant que "tout ne soit pourri au royaume du handicap", les instances internationales n'ont-elles pas eu raison de prendre le mal à la racine, quitte à tout araser d'un coup de machette ? Pour protéger le mouvement mais aussi, et surtout, les athlètes... C'est d'ailleurs l'argument avancé par Sir Craven, président du CIP : « C'est très lourd à porter mais nous le devions, pour le bien du mouvement paralympique. (...) Il ne s'agit pas de sportifs qui se jouent d'un système mais d'un système d'État qui triche avec les sportifs ».

Concourir sous un drapeau neutre ?

Face à ce grand ménage, les autorités russes se retrouvent au pied du mur et tentent d'apaiser à la fois les frustrations et la colère légitime de la plupart de leurs sportifs en proposant d'organiser, sur deux jours, les 7 et 8 septembre 2016, une compétition parallèle près de Moscou qui serait dotée, pour les vainqueurs, des mêmes prix et récompenses qu'à Rio ! Visiblement pas de quoi réjouir les intéressés. La décision sans demi-mesure du CIP pénalise évidemment tous les athlètes "propres". C'est ainsi qu'à quelques jours de l'ouverture de ces 15èmes paralympiades d'été (du 7 au 18 septembre), un grand nombre a décidé de tenter sa chance en individuel, quitte à renoncer au drapeau national. Ils sont en effet 175 à réclamer le droit de concourir sous une bannière neutre, ce que permet historiquement le règlement olympique pour ceux qui ne peuvent représenter leur propre pays. Rappelons que deux réfugiés, l'un syrien, l'autre iranien, composeront l'équipe des athlètes paralympiques indépendants (IPA) à Rio 2016 et défileront sous le drapeau paralympique (article en lien ci-dessous). Alors, dans un tel contexte, pourquoi pas du renfort dans cette délégation d'apatrides ?

Seule solution : réformer le système d'Etat

Une fois encore, fin de non-recevoir de la part du CIP qui annonce, le 1er septembre 2016, qu'il refuse cette nouvelle médiation. Il rejoint ainsi la récente position du Tribunal arbitral du sport (TAS) relative à cette demande. Xavier Gonzalez, directeur général du CIP, justifie : "Le CIP a beaucoup de sympathie pour tous les sportifs russes qui ont été privés de participation. Cependant, son objectif principal est de permettre aux athlètes paralympiques d'atteindre l'excellence sportive et d'inspirer le monde. Malheureusement, les autorités russes, à travers leurs actions, ont privé leurs athlètes de cette chance." Ayant, in fine, épuisé tous les recours et appels, le Comité paralympique russe n'a désormais pour seule issue que de démontrer qu'il est en mesure d'appliquer le code anti-dopage du CIP, et cela sans l'ingérence de son gouvernement. Le CIP se veut encourageant : "Nous serons alors heureux d'accueillir les athlètes russes de retour dans la compétition internationale." RV à Pyeongchang, en Corée du Sud, pour les Jeux d'hiver de 2018 ?

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