Scolarité et handicap : Elie Vignal, le lycée cocon !

Résumé : C'est la rentrée ! Ils sont une centaine de jeunes handicapés à prendre le chemin d'un collège-lycée pas comme les autres, la cité scolaire Elie Vignal, près de Lyon. Découverte avec Thierry Bouchex, président de l'association

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Handicap.fr : Quelle est la particularité du Collège-lycée Elie Vignal de Caluire-et-Cuire (69) ?
Thierry Bouchex : Il dispense un enseignement ordinaire en milieu adapté aux enfants avec des maladies invalidantes ou en situation de handicap, de la sixième à la terminale.

H : C'est donc un collège-lycée public et pas un établissement du secteur médico-social spécialisé ?
TB : Oui, en effet. L'établissement est géré par le Rectorat de Lyon. Son fonctionnement est régi par une convention qui a permis de maintenir sa mission dans son intégralité.

H : Quel est l'intérêt d'un tel système ?
TB : Il faut se rendre à l'évidence, certains jeunes handicapés ne sont pas en mesure de suivre le rythme d'une classe de trente élèves ou ont besoin d'un accompagnement et de soins spécifiques. Ici, ils sont soulagés car les classes ne comptent pas plus de 10 à 12 élèves. Ils sont orientés vers Elie Vignal parce qu'ils sont en difficulté ou se sentent différents. Ils ne savent pas toujours où ils mettent les pieds mais, une fois sur place, ils rencontrent beaucoup de bienveillance et une ambiance sécurisante, rassurante également pour les parents. Et les résultats sont là ! C'est pourquoi le rectorat continue de le soutenir. Quant aux enseignants, ils sont tous volontaires et ont en même temps suivi une formation pour la prise en charge des élèves handicapés.

H : Les élèves peuvent faire toute leur scolarité dans cet établissement ?
TB : Non, ce n'est pas le but. Ils restent deux ans, parfois plus, le temps de reprendre confiance, de se remettre à niveau. L'établissement agit vraiment comme une « passerelle », l'idée étant de retourner ensuite dans le milieu scolaire ordinaire ou d'intégrer l'enseignement supérieur.

H : C'est le seul établissement de ce type en France ?
TB : Apparemment. Nous aimerions diffuser ce concept mais, pour le moment, c'est une initiative inédite. Elle a pourtant germé dès les années 50 ! Nous avons besoin d'asseoir sa notoriété, d'abord pour préserver l'établissement dans un contexte général difficile et pour assurer sa pérennité, mais aussi pour favoriser une prise de conscience et peut-être la création, dans d'autres académies, d'établissements scolaires similaires. C'est pourquoi nous avons organisé une conférence de presse le 8 septembre 2011. Nous avons heureusement le soutien de nombreuses personnalités associatives et politiques.

H : Ce concept ne va-t-il pas à l'encontre des principes de la loi handicap de 2005 qui préconisent l'inclusion des enfants en situation de handicap dans des établissements scolaires dits « ordinaires » ?
TB : Oui et non. Et c'est pour cette raison qu'il a failli disparaître en 2006. Nous avons mené une mobilisation pugnace, soutenue par les politiques. Mais l'inclusion est parfois impossible. Alors quelle réponse apporter à tous ces jeunes qui n'ont pas vocation à aller vers des établissements spécialisés ?

H : Une telle structure ne revient-elle pas plus cher qu'une inclusion en établissement ordinaire, ce qui expliquerait qu'elle ne soit pas plus généralisée ?
TB : Il est difficile de raisonner simplement en termes de budget. L'Education nationale attribue des budgets spécifiques, par exemple pour les ZEP (Zones d'éducation prioritaires). Alors pourquoi pas pour les jeunes handicapés ? Et puis le coût s'analyse aussi en résultats : tous nos jeunes obtiennent leur brevet ou leur BAC. Et citons un seul chiffre : pour 100 élèves, il y a 6 AVS et 6 AVSI (individuelle pour les enfants qui en ont vraiment besoin). Combien en faudrait-il en milieu ordinaire pour que ces jeunes soient en mesure de suivre ?

H : L'établissement a également une autre mission, celle d'assurer la scolarité des enfants hospitalisés ?
TB : Oui, en effet. La moitié des enseignants se rend dans douze hôpitaux du Grand Lyon. C'est une fois encore une initiative unique en France car si l'enseignement hospitalier est bien organisé dans le primaire, il est souvent laissé à l'initiative des associations dans le secondaire.

H : Combien d'élèves sont accueillis chaque année ?
TB : En 2009, 100 élèves sur le site de Caluire et Cuire et 1200 suivis en service hospitalier.

H : Par quel biais les parents peuvent-ils postuler ?
TB : L'orientation se fait à l'initiative des parents qui doivent déposer un dossier auprès de la MDPH. Une commission mixte de la CDA prend ensuite sa décision. On nous affirme que toutes les demandes qui ont été adressées avant juin 2011 ont été satisfaites. Mais nous n'en savons pas plus sur des listes d'attente éventuelles. Il est certain qu'avec la promotion engagée, ce collège-lycée risque la saturation. D'où l'intérêt de déployer un tel exemple dans d'autres départements.

Plus d'infos:
www.elie-vignal.fr

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