Aux jeux Olympiques Spéciaux, tout le monde est vainqueur

Fou de joie, bras levés en signe de victoire, le jeune coureur kosovar souffrant d'un handicap mental Kamil Koprani, debout sur un podium, brandit fièrement sa médaille d'or,la 1ère médaille olympique de sa vie.

23 septembre 2010 • Par L'AFP pour Handicap.fr

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Tout est là, comme aux jeux Olympiques classiques: fanfares pendant la remise des médailles, des VIP, des photographes et un public dans les tribunes qui encourage vivement d'autres athlètes dans le stade de l'Ecole d'Education Physique (AWF).
A l'instar de grands sportifs, Kamil a profité de ces Jeux pour faire parler de son pays. Sur son front et ses bras il a écrit "Kosovo", dessinant un petit coeur rouge sur la joue droite et un oiseau sur la gauche.
Interrogé sur sa vie et ses origines, Kamil dans l'émotion oublie son âge et essaye de se le rappeler en comptant sur ses doigts. Un volontaire lui vient aussitôt en aide. "Ce n'est pas si important. L'essentiel c'est d'avoir gagné", répond-il à sa place.
L'essentiel c'est de participer à ces Jeux pas comme les autres. Ils réunissent de samedi à jeudi environ 1.400 sportifs de 56 pays d'Europe et d'Asie centrale qui se disputent les médailles dans neuf disciplines: athlétisme, badminton, tennis, tennis de table, basket, football féminin, bowling, patins à roulettes et force athlétique.
Organisés depuis 1968, ces JO ont été officiellement reconnus en 1988 par le Comité international olympique (CIO). Il ne faut pas les confondre avec les Paralympiques qui, eux, sont réservés aux personnes souffrant d'une déficience physique.
"D'abord, il y a eu des préliminaires. Puis, les coureurs ont été répartis dans des groupes de huit selon leurs possibilités, pour que les écarts ne soient pas trop importants", explique à l'AFP Roza Banasik-Zaranska, une responsable des Jeux.
"Ainsi, tous les coureurs participent à des finales. Les trois premiers reçoivent des médailles, de la 4e à la 8e place des plaquettes de récompense", explique cette ancienne championne de kayak qui au quotidien travaille avec des personnes handicapées mentales dans le nord de la Pologne.
"Ici, tout le monde gagne. Chaque résultat est un succès individuel de chaque sportif", dit-elle.

"Des émotions positives"
"L'essentiel est de participer, de se donner à fond, peu importe la place", explique Eric Waterson, entraîneur d'un sportif monégasque, Stéphane Kelkal, arrivé deuxième dans la 47e division.
"Le sport tire Stéphane vers le haut. Il s'exprime à travers l'effort physique. Il se surmonte pour donner le maximum de lui-même. Ce sont des émotions, du stress mais aussi des émotions positives qui sont importantes dans sa vie et son développement", ajoute-il.
"C'était une finale de haut niveau. Pas du footing. Je suis complètement satisfait compte tenu de mon résultat aux préliminaires où j'ai été vraiment mauvais", reconnaît Stéphane après avoir félicité le gagnant, Leonid Oustioujanine, un coureur russe, et posé avec lui devant les photographes.
Ce sont ses premiers JO d'été. Stéphane, qui pratique également le ski de fond, a déjà participé aux jeux d'hiver.
Pas question de complaisance. Marius Langenfeld, un coureur luxembourgeois atteint du syndrome de Down, a été disqualifié sur 100 mètres pour avoir empiété sur la ligne de son rival.
"Bien qu'il ait eu le meilleur temps, il n'aura pas de médaille", explique son accompagnatrice Antoinette Koch-Valentiny.
"Les arbitres sont sévères. Marius a voulu regarder derrière lui, il s'est retourné et il est sorti de sa piste", dit-elle.
La déception se laisse deviner dans les yeux bridés de Marius à travers ses lunettes épaisses, malgré son sourire. C'est son coéquipier luxembourgeois Laurent Praus qui a eu la médaille d'or.
"Heureux ou déçus. Ils vivent pleinement, comme les autres membres de la société. Et c'est un bonheur pour nous de les voir vivre à fond", souligne Antoinette Koch-Valentiny.

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