Argentine : procès pour corruption à l'ex-Agence du handicap

La justice argentine renvoie en procès une vingtaine de personnes dans une vaste affaire de corruption présumée à l'ancienne Agence du handicap. L'enquête évoque un détournement de fonds publics au détriment des aides aux personnes handicapées.

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Le drapeau de l’Argentine qui flotte dans les airs.

La justice argentine a renvoyé en procès une vingtaine de personnes dans le cadre d'une enquête pour corruption et détournement au sein de l'ex-Agence du handicap (Andis), qui avait initialement paru affecter Karina Milei, sœur du président, a-t-on appris de source judiciaire.

Une direction de l'Agence mise en cause

Diego Spagnuolo, directeur de l'Andis depuis le début de la présidence Milei avant de démissionner en 2025, a été inculpé pour pots-de-vins présumés, fraude à l'Etat et association illicite entre 2023 et 2025, et renvoyé en procès, ainsi que 18 personnes, dont des fonctionnaires de l'Andis et des acteurs du secteur privé de la santé.

Des soupçons jusqu'au sommet de l'État

L'affaire a éclaté en août dernier, initialement éclaboussant Karina Milei, la secrétaire générale de la présidence. Des extraits audios avaient été diffusés, dans lesquels Diego Spagnuolo semblait accuser Mme Milei de percevoir un pourcentage sur l'achat de médicaments par l'Andis à une firme pharmaceutique, Suizo Argentino. Un vaste audit a été lancé de l'Andis et plusieurs perquisitions effectuées. Diego Spagnuolo avait démissionné dans la foulée. Puis fin 2025, l'Andis, organe indépendant fournissant aides et prestations à des millions de personnes, avait été finalement dissoute et absorbée par le ministère de la Santé.

Audios contestés et enquête maintenue

Entretemps, M. Spagnuolo, entendu par la justice, avait fait marche arrière sur les audios, affirmant qu'ils avaient été manipulés. Karina Milei n'a à ce jour pas été mise en cause, ni entendue par la justice, ni ne s'est exprimée sur le sujet, son frère président la défendant face à des « mensonges ». En parallèle, l'enquête judiciaire sur les malversations présumées à l'Andis suivait son cours.

Une « organisation criminelle » selon la justice

Un juge fédéral, dans sa résolution à laquelle l'AFP a eu accès, a « établi l'existence d'une organisation criminelle composée de fonctionnaires au sein de l'Andis et d'acteurs privés du secteur de la santé », qui « s'est consacrée au détournement de fonds publics au moyen d'achats dirigés et de surfacturations ». M. Spagnuolo a été laissé en liberté provisoire.

Contre-offensive politique du gouvernement

Le gouvernement Milei, pour sa part, avait dénoncé une « manoeuvre politique de déstabilisation », dans un contexte pré-électoral avec de cruciales législatives de mi-mandat en octobre. Puis il avait contre-attaqué, saisissant la justice pour « manoeuvre d'espionnage illégal » pour d'autres audios ultérieurs avec la voix de Karina Milei.

Les plaignants réclament des comptes

L'avocat Gregorio Dalbon, l'un des avocats de l'ex-présidente péroniste Cristina Kirchner, qui avait lancé l'alerte et saisi la justice à propos de l'Andis, a indiqué à l'AFP que l'enquête « confirme point pour point ce qu'on avait dénoncé ». « La justice s'est exprimée. Il revient maintenant au pouvoir politique d'assumer ses responsabilités », a-t-il déclaré, demandant des « explications urgentes » du gouvernement Milei qui avait « responsabilité politique directe » sur l'Andis.

© Mariano Di Luch de Pexels

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