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Accès à l'emploi : 2 x plus long pour les jeunes handicapés

2021, focus sur la jeunesse pour la SEEPH. L'accès à l'emploi des jeunes handicapés reste compliqué, des points noirs demeurent comme la mobilité, selon une enquête. Mais ça commence à bouger, notamment via l'alternance.

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Lorsqu'il était petit, on a dit aux parents de Léo Tassel qu'il était « limite scolarisable ». Et, pourtant... Le jeune homme porteur de troubles autistiques a fait des études supérieures, est devenu journaliste et anime une émission sur Vivre FM. Vingt ans après, les choses ont-elles vraiment changé ? C'est lui qui ouvre la conférence de presse de la SEEPH (Semaine européenne pour l'emploi des personnes handicapées) dans un cadre emblématique, le Café Joyeux, qui, sur les Champs-Elysées, à Paris, emploie des personnes avec un handicap mental ou autistes, tous plutôt jeunes... Un lieu symbolique pour le lancement de cette 25e édition, du 15 au 21 novembre 2021 (article en lien ci-dessous), placée sous le signe de la jeunesse. Hasard du calendrier, ou pas, la Commission européenne décrète au même moment que l'année 2022 sera celle de la jeunesse. 

Une vaste enquête

A cette occasion l'Ifop a mené une vaste étude auprès des 18-30 ans qui permet de comparer la situation de jeunes avec et sans handicap dans l'accès à l'emploi et les représentations du handicap au travail (article en lien ci-dessous). Premier enseignement : la recherche d'emploi est plus longue et compliquée chez les jeunes en situation de handicap, prenant 7,6 mois en moyenne, soit presque deux fois plus que pour les jeunes en général (4,2 mois). Mais encore ? La recherche d'emploi est jugée simple par 69 % des jeunes, mais par seulement 42 % de ceux en situation de handicap. La localisation géographique apparaît comme « LE » critère déterminant pour 68 % de ces derniers au moment de choisir un emploi (contre 61 % pour les jeunes en général). La crainte majeure étant de devoir déménager et travailler loin de chez soi, la faute au manque d'accessibilité. « Il faut encore travailler sur la mobilité », consent Sophie Cluzel, notamment à l'étranger. La secrétaire d'Etat au Handicap promet que, dans le cadre de la présidence française de l'Union européenne à compter du 1er janvier 2022, la France va agir pour faciliter l'accès au programme de mobilité étudiante Erasmus. Le 19 novembre, un webinaire sera d'ailleurs organisé sur la mobilité en Europe.

Des concessions sur les salaires

Le critère de la rémunération est moins déterminant pour les jeunes handicapés (36 % contre 43 %), qui semblent manifestement prêts à faire des concessions dans ce domaine ; ils privilégient davantage l'engagement éthique de l'entreprise (42 % contre 28 %). Une fois embauchés, ils sont très majoritairement satisfaits, et même plus que les autres jeunes : 84 % jugent que leur poste correspond à leur niveau de qualification (78 % dans l'autre échantillon) et 84 % à leur projet professionnel (75 %).

Le sentiment de discrimination reste néanmoins tenace : 63 % des jeunes en situation de handicap affirment en avoir déjà fait l'expérience au cours de leur scolarité et 50% lors de leur recherche d'emploi. 30 % d'entre eux ont aussi le sentiment d'être discriminé pour l'accès à une promotion, à une responsabilité ou à une formation, une proportion plus importante que les jeunes en général (20 %). Alors que les entreprises ont l'obligation légale de compter 6 % de personnes en situation de handicap parmi leurs salariés, seuls 39 % ont indiqué leur situation dans leur CV et 57 % ont évoqué leurs besoins spécifiques avec le recruteur. « Il faut encore améliorer la question de savoir parler de son handicap en phase d'embauche puis de ses besoins une fois en poste », affirme Sophie Cluzel. Enfin, l'enquête montre une grande similarité entre les jeunes en situation de handicap ou non : pour tous, le travail est une condition de la réussite personnelle (84 % pour les jeunes handicapés et 85 % pour les autres).

Un pari gagnant

« Nos organisations ont toutes convergé vers l'idée que la jeunesse était une priorité car elle a beaucoup souffert de la crise actuelle, venant s'ajouter à des difficultés structurelles pour accéder à l'emploi », explique Marc Desjardins, directeur du Fiphfp (fonds dédié à l'emploi des personnes handicapées dans le public), qui déplore par ailleurs que « la fonction publique reste mystérieuse pour de nombreux jeunes ». Pour Christophe Roth, président de l'Agefiph (son homologue dans le privé), il y a « urgence » à « convaincre les employeurs que leur inclusion est un pari gagnant à tous points de vue ». Selon lui, les résultats de l'enquête le prouvent, « une fois embauchés, les jeunes en situation de handicap s'épanouissent dans des postes en adéquation avec leurs aspirations et leurs compétences ». Il promet un « nouveau cap pour cette génération », « en dépit du matraquage médiatique qui pousse au pessimisme ambiant ».

Priorité à l'alternance

Tous rappellent le potentiel de la formation en alternance, une réponse graduée à l'embauche, qui, grâce aux aides mises en place, « ne coûte rien à l'employeur », assure Sophie Cluzel, et est ouverte sans limite d'âge aux personnes handicapées. Pourtant, malgré une montée en puissance (+140 % dans le privé en 2021), seuls 2 % des alternants sont à ce jour en situation de handicap dans le privé contre 4 % dans le public. Peut donc mieux faire, « mais ça bouge en ce moment et les recruteurs ont mis le pied à l'étrier », constate Marc Desjardins. Lors de cette Semaine, un focus sera également fait sur les adultes fragiles, le gouvernement rappelant qu'il a « remis 15 millions d'euros pour l'emploi accompagné ». 

La SEEPH en bref...

En 1997, année de lancement de la SEPH -à l'époque, elle n'était pas encore européenne-, la société, perplexe, se demandait si une personne handicapée était capable de travailler, rappelle Ladapt, initiatrice de cet événement, ajoutant « s'il y a eu des avancées notables, la situation reste problématique », avec un peu moins de 500 000 personnes handicapées au chômage, un chiffre néanmoins en baisse. En plus de la jeunesse, Ladapt portera également le thème de la « ruralité ». Durant une semaine, plus de 500 événements sont organisés dans toute la France (programme complet sur semaine-emploi-handicap.com) : Jobdating, mises en relations avec des recruteurs, conférences, webinaires, actions de sensibilisation… Le 18 novembre est organisé le DuoDay, un dispositif créé en 2018 par le gouvernement qui permet à une personne handicapée de partager une journée avec un professionnel pour découvrir son travail en milieu ordinaire. 15 000 entreprises ont proposé des duos pour la prochaine édition mais seuls 9 000 candidats ont pour le moment répondu à l'appel. Cette année, la SEEPH s'achèvera au Portugal avec l'ouverture d'un Café Joyeux à Lisbonne. 

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"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr.Toutes les informations reproduites sur cette page sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par Handicap.fr. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, sans accord. Cet article a été rédigé par Emmanuelle Dal'Secco, journaliste Handicap.fr"

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