Photo de policiers mal garés sur le Net : 800 € d'amende !

En Espagne, mieux vaut ne pas porter atteinte à l'honneur des forces de l'ordre. Une Espagnole en a fait les frais en postant sur le Net la photo d'une voiture de police garée sur une place "handicapé". Elle a écopé d'une amende de 800 euros.

18 août 2015 • Par Handicap.fr / Emmanuelle Dal'Secco

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800 euros d'amende pour avoir posté sur son compte Facebook la photo d'une voiture de police garée sur une place réservée aux personnes handicapées... C'est à cette lourde amende qu'a été condamnée une Espagnole choquée par leur incivilité. Cette sanction plutôt radicale est l'une mesures de la "loi organique de sécurité citoyenne". Celle que ses détracteurs ont rapidement surnommée "loi bâillon" ou "loi muselière" a été promulguée le 1er juillet 2015 par le Parlement espagnol afin de donner plus de pouvoir aux forces de l'ordre.

De 600 à 30 000 euros d'amende pour une photo

Son objectif, à l'origine ? Limiter fortement le nombre et l'ampleur des manifestations, notamment à proximité du Parlement et du Sénat. Mais, forte de 45 articles, elle a en réalité grignoté de nombreux pans des libertés fondamentales des Espagnols. Elle stipule, entre autres, que "l'usage non-autorisé d'images des membres des forces de police pouvant porter atteinte à la sécurité de leurs familles, de leurs locaux et de leurs opérations" est interdite. Les contrevenants encourent une amende de 600 à 30 000 euros. Des milliers de citoyens espagnols étaient descendus dans les rues s'indignant de cette "mesure liberticide". L'ONG Amnesty International a, elle aussi, estimé qu'il était parfois nécessaire de prendre des photographies des actions policières, notamment pour attester de l'usage parfois disproportionné de la force.

L'honneur de la police bafoué ?

Dans le cas de cette photo, c'est "l'honneur" des policiers qui a été bafoué, selon la police locale, prétextant qu'ils auraient pu être à leur tour victimes d'internautes en colère. Selon son porte-parole, cette sanction a été prise par la municipalité tandis que la police aurait préféré, pour sa part, "une solution différente" pour régler le conflit. Il justifie cette "incivilité" par le fait que cette voiture de police s'était garée sur une place vacante pour pouvoir intervenir rapidement afin de prendre des "vandales" en flagrant délit dans un parc voisin. Selon lui, ce type d'urgence autorise ses agents à stationner où ils peuvent.

Et en France ?

Cette affaire n'est pas sans rappeler l'altercation entre un policier et un jeune homme sur le parking d'un supermarché de Chambéry en décembre 2013 (article en lien ci-dessous). Bloqué par le véhicule de police déposé à cheval sur une place réservée, ce conducteur en fauteuil roulant avait dû patienter 45 minutes avant de pouvoir remonter dans sa voiture. Il était disposé à se montrer compréhensif mais avait, ensuite, été échaudé par la mauvaise foi du policier à son arrivée, prenant le parti d'enregistrer leur conversation sur son téléphone. Il l'avait, lui aussi, postée sur les réseaux sociaux, suscitant un buzz phénoménal puisque cette vidéo avait été vue près d'un million de fois. Quelques jours plus tard, en présence du policier, il avait écopé non pas d'une amende mais de plates excuses. A chaque pays son système...

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"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Emmanuelle Dal'Secco, journaliste Handicap.fr"

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