Autisme : "les politiques n'ont pas à s'en mêler" ?

La spécialiste de l'autisme Catherine Barthélémy se dit contre le "mélange entre politique et médecine". Cette déclaration fait suite au texte signé par une centaine de députés qui vise à interdire les pratiques psychanalytiques en cas d'autisme

8 décembre 2016 • Par

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La professeure de pédopsychiatrie Catherine Barthélémy, spécialiste de l'autisme, s'est dite le 7 décembre 2016 opposée au « mélange entre politique et réflexion médicale » et au projet de « résolution » parlementaire demandant au gouvernement de « condamner et interdire les pratiques psychanalytiques sous toutes leurs formes » dans la prise en charge de l'autisme (article en lien ci-dessous).

Pas d'ingérence dans la réflexion scientifique

Mme Barthélémy doit recevoir le 8 décembre, le jour même du dépôt de ce projet de résolution parlementaire, le prix de l'Inserm couronnant 40 ans de recherche sur l'autisme (article en lien ci-dessous), et dont la conclusion est que ces troubles ont leur origine dans un défaut de développement du cerveau et non dans un traumatisme psychologique. « Je ne vois pas comment les politiques pourraient s'immiscer sans ingérence dans la réflexion scientifique ou la pratique médicale », a déclaré Mme Barthélémy à l'AFP. « Ce mélange des genres me paraît anachronique », a-t-elle estimé en se prononçant pour « une approche scientifique et non politique du problème, dans l'intérêt des patients ». « On est dans un pays de liberté, mais ce n'est pas pour autant que l'on peut faire n'importe quoi », a-t-elle ajouté, en préconisant de s'en tenir strictement à « l'éthique et à la déontologie médicale ».

« On continue de soigner la mère »

« Les psychanalystes ressurgissent et demandent, on ne sait pas trop pourquoi, d'être de nouveau pris en considération » dans le traitement des personnes autistes, a remarqué la scientifique. « Pourquoi pas ? », a-t-elle ajouté, sans cacher son opposition à l'approche psychanalytique pour le traitement de ces troubles : « Il est simplement demandé aux psychanalystes de suivre les protocoles scientifiques pour faire la preuve de l'innocuité de leurs méthodes et que celles-ci ont des effets mesurables, objectivables ». Avec l'approche psychanalytique, « on continue de soigner la mère », déplore-t-elle. « En réalité, c'est l'enfant qui doit exercer ses fonctions, ou au moins en récupérer un maximum grâce à un traitement adapté », souligne-t-elle.

Signée par une centaine de députés

Le projet de résolution parlementaire, signé par près d'une centaine de députés de droite, a fait bondir les défenseurs de la psychanalyse. En revanche, les principales associations d'autisme (Agir et Vivre l'Autisme, Vaincre l'autisme, Asperger aide France, Collectif Egalited, Autistes sans frontières, Maison de l'Autisme...) ont appelé à soutenir ce texte. Celui-ci invite le gouvernement « à fermement condamner et interdire les pratiques psychanalytiques sous toutes leurs formes » non recommandées par la Haute autorité de Santé (HAS).

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