Tout comme l'arbitre analyse si un joueur a touché le ballon ou la jambe, pourquoi ne pas décliner la VAR (Assistant video referee, en français : Assistance vidéo à l'arbitrage) dans le réel ? L'adulte TSA utiliserait la vidéo pour analyser si une personne a fini de parler ou si elle attend une réponse et décortiquerait des moments précis. En résumé, l'apprentissage par l'observation du réel. C'est le pari de Virginie André, professeure à l'Université de Lorraine, qui développe une méthode innovante basée sur des vidéos d'échanges authentiques.
L'immersion dans la réalité des échanges
Loin des supports pédagogiques classiques souvent trop « lisses » ou « scénarisés », cette innovation repose sur des séquences vidéo dites « authentiques ». Le projet ITSA (Interactions et troubles du spectre de l'autisme) capture la vie telle qu'elle est : avec ses silences, ses hésitations, ses gestes parasites et ses interruptions, données difficilement analysables pour les personnes avec TSA, du fait de leur « dyade autistique ».
Coller au plus près de la réalité
Pour Virginie André, professeure en Sciences du langage et experte Unys (collaboration de plusieurs acteurs : l'Université de Lorraine, le CNRS, le CHRU de Nancy, l'INRAE, l'Inria, AgroParisTech, Georgia Tech Europe, l'Incubateur Lorrain, la filiale UL Propuls et la SATT Sayens), l'enjeu est de montrer la complexité des conversations à plusieurs locuteurs. « L'idée est d'observer comment chacun prend la parole, exprime son point de vue ou raconte une expérience », explique-t-elle. Un support brut qui permet de coller au plus près des situations auxquelles les adultes TSA sont confrontés chaque jour.
Décortiquer les codes comme au football
Les échanges sont revus « au ralenti » pour analyser les mécanismes invisibles de la communication. Qui prend la parole ? Comment s'exprime un désaccord ? Quels signaux non verbaux accompagnent les mots ? À partir de ces observations et de ces réponses, deux outils ont été créés : des fiches pour les professionnels et des vidéos interactives pour les adultes. Actuellement, quinze ressources sont en cours d'expérimentation sur le site du projet. Ces outils permettent selon Unys de gagner en autonomie mais aussi en confiance, dans un monde où les compétences sociales sont souvent le dernier verrou à faire sauter pour trouver sa place en société, notamment pour les personnes avec trouble du spectre de l'autisme. Or, ces « soft skills » conditionnent encore l'accès à l'emploi, aux relations sociales et à l'autonomie.
©ITSA / Unys


