Une septième Conférence nationale du handicap à Bobigny
Éducation, accessibilité, emploi : Emmanuel Macron préside ce vendredi 4 septembre 2026 une conférence nationale qui doit fixer le cap des politiques publiques du handicap, sous l'œil attentif des associations qui appellent le gouvernement à agir dès à présent, malgré la fin prochaine du quinquennat.
Cette septième Conférence nationale du handicap (CNH) se tient à Bobigny, à partir de 09H00. Ministres, élus, associations, entreprises : elle rassemble, comme tous les trois ans, l'ensemble des acteurs du secteur. Son point d'orgue sera le discours du président de la République, à la mi-journée.
Emmanuel Macron doit annoncer une soixantaine de mesures visant à améliorer le quotidien des personnes handicapées au cours des prochaines années. Cette conférence « ouvre une nouvelle étape, celle d'une société pleinement accessible », où « chacun peut aller à l'école, étudier, travailler, se loger, accéder aux soins, à la, culture et au sport dans les mêmes conditions que les autres », selon l'Elysée.
Parmi ces mesures, certaines viseront à permettre le développement des compétences professionnelles des personnes handicapées. D'autres permettront de renforcer l'adaptation des logements, notamment via la domotique. Un comité de mise en oeuvre et de suivi de ces projets doit être installé dès fin septembre.
Priorité à l'accessibilité
« Le gouvernement a encore quelques mois pour agir, l'accessibilité reste un sujet essentiel pour améliorer la vie des personnes handicapées », souligne auprès de l'AFP Arnaud de Broca, président du collectif Handicaps, qui regroupe une cinquantaine d'associations.
Transports, logement, loisirs... Ces dernières années, l'exécutif a maintes fois promis d'accélérer sur l'accessibilité. Lors de la dernière CNH, il avait lancé un fonds doté d'1,5 milliard d'euros pour rénover les lieux publics. Selon les derniers chiffres officiels, 900.000 établissements recevant du public (mairies, préfectures...) étaient conformes, sur près de deux millions.
Mais les difficultés liées au manque d'accessibilité subsistent, freinant les personnes en situation de handicap dans leur vie quotidienne. « C'est une grosse déception », estime Farbod Khansari d'APF France Handicap, pointant le manque d'ambition politique et d'accompagnement en la matière. D'autant que les associations espéraient bénéficier d'un héritage des Jeux olympiques, après leur organisation à Paris en 2024.
Bilan et perspectives
Autre sujet prioritaire pour les associations : la situation de l'aide à domicile, un secteur qui peine à faire face à la demande et à recruter, du fait d'un manque d'attractivité. Le recours à ce type de services est pourtant incontournable pour de nombreuses personnes handicapées pour les gestes de la vie quotidienne. APF France Handicap appelle à l'organisation d'un Grenelle sur le sujet.
Les associations craignent surtout que la conférence de vendredi s'apparente à un bilan des deux quinquennats Macron, à quelques mois de son départ de l'Elysée.
Le président Macron avait fait du handicap l'une des priorités de son premier quinquennat. Depuis 2017, l'exécutif a mis en place un certaine nombre de mesures pour mieux intégrer à la société les personnes handicapées. En France, entre 5,7 millions et 18,2 millions de personnes de cinq ans et plus présentent un handicap, allant d'une limitation fonctionnelle à des pathologies très lourdes, selon les derniers chiffres officiels.
Parmi ses réalisations phares : le remboursement intégral des fauteuils roulants, une mesure réclamée de longue date par les associations et dont ont déjà bénéficié plus de 280.000 personnes, selon des données officielles.
Le gouvernement a également continué de développer l'école inclusive. Sous Macron, le nombre d'enfants handicapés scolarisés en milieu ordinaire a fortement augmenté de 320.000 en 2017 à plus de 550.000.
Pour les aider, les accompagnants d'élèves en situation de handicap (AESH) ont aussi vu leur nombre progresser, jusqu'à 140.000. Cette profession est néanmoins marquée par une forte précarité, souligne un récent rapport sénatorial, qui remet en question ce modèle.
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