Covid : 1 million d'euros pour soutenir 66 projets handicap

Le CCAH a lancé un fonds de solidarité pour soutenir le secteur du handicap durement touché par la crise.Une enveloppe d'un million d'euros pour donner un coup de pouce à 66 porteurs de projets.Explications de Karine Reverte, sa directrice générale.

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Séjours de répit, plateformes de services en ligne, équipements adaptés et spécialisés, matériel informatique... 66 projets dédiés aux personnes handicapées et à leurs proches vont bénéficier d'une subvention accordée par le Comité national de coordination de l'action pour le handicap. Parmi eux, l'application mobile Ben Le Koala, qui apprend les gestes barrière aux plus jeunes. Pour aider les acteurs du champ du handicap touchés par la crise sanitaire, le CCAH a mis en place un fonds de solidarité. A la suite d'un appel à projets, près d'un million d'euros ont été réunis. Karine Reverte, directrice générale du CCAH dévoile les coulisses de cette initiative « exceptionnelle ».

Quel était l'objectif de cet appel à projets ? Quel est le montant des aides accordées ?
Soutenir en urgence le secteur du handicap pour lui permettre de continuer à assurer l'accueil et l'accompagnement des personnes handicapées pendant la crise sanitaire. Exceptionnellement, nous avons simplifié nos procédures d'instruction avec des dossiers allégés et une gestion accélérée. Les subventions accordées sont variées mais permettent au porteur de projet de le mettre en œuvre dans des conditions satisfaisantes.

Combien de dossiers avez-vous reçus ? Plus que d'ordinaire pour ce type d'appels à projets ?
Nous avons reçu près de 250 dossiers en une semaine, ce qui est beaucoup mais il est vrai que la situation était exceptionnelle.

Quelles étaient les urgences majoritaires ?
Beaucoup de demandes concernent des solutions de répit comme des séjours, la mise en place d'activités ludiques ou sportives pour les personnes handicapées, mais aussi pour les familles et les professionnels qui les accompagnent. Le confinement a créé des situations complexes dans les établissements mais aussi à domicile avec le retour à la maison d'un proche qui réside habituellement dans une structure médicosociale. D'autres demandes sont relatives à la mise en place du nouveau cadre sanitaire qui génère des coûts parfois importants. Nous avons également reçu des projets de plateformes d'écoute et de conseil spécialisées dans la réponse aux besoins de tel ou tel handicap.

Quels domaines du champ du handicap ont semblé le plus souffrir de cette crise ?
C'est un peu tôt pour dresser un bilan précis des conséquences de la crise sanitaire. Finalement, tout le monde a été impacté. Certaines grosses structures ont été particulièrement désorganisées, entraînant parfois des conséquences sur l'accueil des personnes. Il faut également reconnaître que l'Etat n'a pas semblé, dans un premier temps, prendre en compte la détresse dans laquelle se trouvait le secteur du handicap. Il faudra en tirer des leçons pour l'avenir et mettre en place des protocoles et des procédures adaptés puisqu'il semble que nous ne sommes pas à l'abri d'une nouvelle épidémie, de Covid-19 ou autre. Se pose aussi la question des familles isolées avec une personne handicapée à domicile. Comment leur venir en aide ? Nos dispositifs de services à la personne sont toujours peu satisfaisants alors que l'on s'aperçoit qu'en temps de crise, ils s'avèrent indispensables.
 
Quelques exemples de situations critiques ?
Certes il y a eu des situations difficiles mais parlons plutôt des expériences positives nées de la crise. Nous avons, par exemple, soutenu le fonds de dotation pour l'égalité devant la dépendance et le handicap (FEDH), créé par l'entreprise de services à la personne Auxi'liffe, spécialisée dans les prises en charge complexes à domicile. Son directeur, Frank Nataf, a mobilisé les quatre grandes fédérations de services à domicile pour lancer une coordination interservices. Un site internet, www.solidaritédomicile.fr, assure l'articulation des professionnels disponibles sur les territoires dans la réponse aux besoins des personnes à domicile ou sortant d'hospitalisation. Autre exemple de projet soutenu par le fonds d'urgence : l'association Droit Pluriel, qui a mis en place, dès l'annonce du confinement, une plateforme d'accès au droit « Urgences handicap Covid ». Comment remplir seul une dérogation, se maintenir dans son emploi ? Droit Pluriel apporte aux personnes handicapées des réponses juridiques gratuites et rapides. A travers ces deux exemples, on voit que la crise a également permis l'accélération de projets qui favorisent l'autonomie des personnes.

Même si ce coup de pouce est appréciable, peut-il sauver ces initiatives ?
Le fonds d'urgence a pour objectif d'aider à passer la crise sanitaire. Nous avons bien conscience que certaines initiatives disparaîtront lorsque la situation reviendra à la normale.

Des fonds importants ont été accordés par de gros financeurs pour soutenir d'importantes associations dans le champ de la santé et du handicap, laissant de côté des petites initiatives certainement plus en souffrance. Qu'en pensez-vous ?
Je pense qu'en raison de la dureté du confinement, les besoins étaient multiples. La taille des établissements ou des associations n'a pas été toujours gage de sécurité. Les besoins étaient également immenses, à la hauteur du nombre de personnes accompagnées, du nombre de professionnels touchés. Les soutiens importants dont elles ont pu bénéficier étaient indispensables. Mais, dans le cadre du fonds d'urgence, nous nous sommes attachés à soutenir également des toutes petites associations qui avaient des besoins urgents pour accompagner quelques personnes, quelques failles. Le moment n'est pas, je crois, à polémique sur ce sujet et il ne faut en aucun cas opposer les détresses ou les comparer.

Le CCAH prévoit-il d'autres actions pour soutenir les initiatives dans cette période difficile post-covid ?
Pour l'instant, nous ne lançons pas de nouvelle opération liée à la crise du Covid-19. Toutefois, nous avons également soutenu des projets de plus petite ampleur sur notre plateforme de financement participatif Human&Go (article en lien ci-dessous). A cette occasion, notre partenaire, Malakoff Humanis, a mobilisé 50 000 euros pour soutenir ces initiatives locales.

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"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Cassandre Rogeret, journaliste Handicap.fr"
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