Covid: ils mettent leur jardin à dispo de personnes autistes

Une parenthèse de répit au vert, c'est ce que proposent des particuliers en mettant leur jardin à disposition des personnes autistes et de leurs proches. Une initiative rafraîchissante pour des centaines de familles à court d'options.

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« Le confinement avec des personnes autistes peut être catastrophique », alertent des familles. 1er avril 2020, Macron annonce un aménagement des règles de confinement, dans un premier temps, pour les personnes autistes en les autorisant à sortir « un peu plus souvent » dans des lieux « porteurs de repères rassurants » (article en lien ci-dessous). « C'est bien joli mais pour quoi faire et pour aller où exactement ? », questionne Danièle Langloys, présidente d'Autisme France. « Pourquoi pas dans nos jardins ? », proposent deux particuliers, le 2 avril, à l'occasion de la Journée internationale de l'autisme. Ce jour-là, l'acteur Samuel Le Bihan s'exprime dans l'émission C à vous sur la nécessité pour sa fille Angia, 8 ans, autiste, de « sortir un peu plus que les autres » pour « décompresser ». Son SOS et celui des 700 000 familles concernées par ce trouble semble avoir été entendu... au moins par quelques-uns.

Un répit d'une heure ou deux

« Par 90 précisément ! », informe Danièle Langloys. C'est le nombre de familles qui ont mis leur jardin, pré, terrain à disposition pour permettre aux personnes autistes et à leurs proches de « prendre l'air », deux semaines après la mise en œuvre de cette initiative rafraîchissante. Besançon, Le-Mans, Nîmes, Albi, Lille, Aix-en-Provence, Caen (liste des jardins par département en lien ci-dessous)... Les propositions proviennent des quatre coins de la France « mais ne couvrent pas encore tout le territoire, souligne Danièle Langloys. Il faudrait que tous les départements soient concernés pour satisfaire l'ensemble des demandes. » Certains possèdent piscines, balançoires, toboggans, trampolines et autres activités ludiques... « Un répit d'une à deux heures bienvenu pour des enfants, adolescents et même adultes qui, jusqu'à maintenant, ne pouvaient guère faire plus que le tour de leur pâté de maison », poursuit-elle.

Un soutien après l'abandon

« Les personnes autistes payent un très lourd tribu en période de confinement. C'est tous leurs rituels, tous les lieux, activités et personnes qu'elles avaient l'habitude de fréquenter qui ont volé en éclat. Beaucoup d'entre elles se sentent mal, vraiment très mal. Les familles se retrouvent seules, sans aide, sans soutien éducatif, sans répit, sans service à domicile... », déplore Danièle Langloys. Selon elle, à travers cette initiative, le grand public a « découvert l'abandon total dans lequel se sont retrouvées certains parents devenus éducateurs, aides-soignants, cuisiniers à temps plein ». Pour l'heure, une quinzaine de familles ont pu bénéficier de cette mise au vert. « Certaines ont même tissé des liens suffisamment forts avec leurs hôtes qu'ils ont pu revenir plusieurs fois, permettant de créer une nouvelle habitude agréable pour les personnes autistes, se félicite Danièle Langloys. C'était un peu le but recherché... »

Les demandes explosent

Intéressé ? Il suffit de contacter l'association par mail à l'adresse contact@autisme-france.fr qui se chargera ensuite de la mise en relation entre les familles et du suivi, « histoire de s'assurer que tout s'est bien passé », explique-t-elle. A noter que, distanciation sociale oblige, les deux familles ne sont pas en contact « physique ». « Les hôtes restent dans leur maison pour ne pas risquer de contaminer leurs invités temporaires », assure Danièle Langloys. Après un départ timide, notamment par manque de visibilité, et un nombre d'offres supérieures aux demandes, ces dernières ont « explosé », se félicite-t-elle. Une initiative saluée, entre autres, par la Délégation interministérielle à l'autisme.

Des jardins pas des forêts

Mais, aussi grands et agréables soient-ils, « ce ne sont que des jardins, pas une forêt, ni une berge où les personnes autistes pouvaient jadis se promener », tique Danièle Langloys. Second hic, « ces espaces ne sont pas forcément en centre-ville et peuvent se situer à plusieurs dizaines de kilomètres du domicile des personnes, les obligeant à prendre leur voiture. Or, depuis le début du confinement, plusieurs familles nous ont indiqué avoir été verbalisées car elles se trouvaient à 30 km de chez elles, déplore la présidente d'association. Or il faut savoir que la voiture a un effet apaisant sur les personnes autistes. » Seule solution pour que ces sanctions s'amenuisent : la sensibilisation. « Le combat n'est pas terminé », conclut-elle.

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"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Cassandre Rogeret, journaliste Handicap.fr"

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