Dossier médical partagé : plus facile pour les patients ?

3 millions de Français ont déjà ouvert leur Dossier médical partagé (DMP), lancé officiellement en novembre 2018. Ce carnet de santé numérique regroupe toutes les données médicales du patient. Un outil précieux ?

16 décembre 2018 • Par

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Trois millions de DMP déjà ouverts. Le Dossier médical partagé est un service gratuit, réputé « hautement sécurisé », qui permet à tout patient muni d'une carte de Sécurité sociale de conserver en ligne ses informations de santé (traitements, résultats d'examens, radios, compte-rendu d'opération, pathologies, traitements en cours, allergies…) et de les partager avec les professionnels de santé de son choix. On y trouve également ses coordonnées et la personne à prévenir en cas d'urgence, ainsi que ses souhaits en termes de don d'organe. Sept grands dossiers au total sont alimentés par le patient lui-même mais aussi par ses médecins ; reste à savoir si ces derniers accepteront d'en prendre le temps.

Enfin le succès escompté ?

Il fait donc office de « mémoire de la santé » rassemblée dans un carnet numérique, qu'il est désormais impossible d'égarer. Selon une étude de Siemens sur leur activité d'imagerie médicale, 35 % des erreurs de diagnostic sont dues à un manque d'informations. Seuls les professionnels de santé peuvent y accéder mais pas les banquiers, assureurs, employeurs, ni même les médecins du travail. Ce vieux serpent de mer tente depuis 14 ans de s'imposer dans le quotidien des Français ; il a été lancé en 2004, relancé en 2016, testé en 2017 sur 9 territoires, puis officiellement généralisé le 6 novembre 2018, semblant, cette fois-ci, rencontrer le succès espéré.

Une ouverture en quelques minutes

La création d'un DMP ne prend que quelques minutes. Elle peut se faire par plusieurs biais. Directement sur le site dédié www.dmp.fr1 (39 % des ouvertures) par le patient qui crée son DMP au moyen des identifiants qui lui ont été adressés par l'Assurance maladie ces dernières semaines mais également dans les accueils des CPAM (Caisse primaire d'assurance maladie, 18 % des ouvertures), ainsi que dans les pharmacies (39 % des ouvertures) qui ont la possibilité depuis juillet 2018 de proposer ce service. Plus d'une pharmacie sur deux (13 000) peut ouvrir des DMP, un chiffre en hausse de plus de 50 % depuis novembre dernier. A ce jour, plus de 800 000 DMP ont été créés en pharmacie. Enfin, 4 % des inscriptions sont réalisées par des professionnels de santé libéraux et les établissements de santé.

Le patient aux manettes ?

Le patient peut, de son propre chef, ajouter ou masquer un document. Il peut également gérer les accès (bloquer un professionnel de santé, supprimer une autorisation) et, enfin, demander sa fermeture à tout moment (les données seront conservées dix ans). « La mobilisation de l'ensemble des acteurs est essentielle pour conforter l'élan de création actuel et permettre à chacun de bénéficier d'un meilleur suivi médical partout en France, assure l'Assurance maladie. Comme la carte Vitale ou le compte ameli, le DMP a vocation à s'imposer dans les usages de dizaines de millions de patients et de l'ensemble des professionnels de santé qui les suivent au quotidien. »

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"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Emmanuelle Dal'Secco, journaliste Handicap.fr"

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