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Double A, humoriste : le rire, son arme contre le handicap

Face à la maladie, Double A avait 2 possibilités : pleurer ou rire. Un choix vite fait ! La marque de fabrique de cette humoriste débridée ? L'autodérision. Au programme de son "Spectacle de malAAde" : impertinence, optimisme et dépassement de soi.

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« Breaking News : on peut rire de la maladie ! » Atteinte de deux maladies incurables, Double A a pris le parti de rire de son handicap et de l'afficher sur scène. Dans son « Spectacle de malAAde », cette humoriste déjantée malmène notre « inconscient collectif » et bouscule les codes de la « normalité » et de la bien-pensance. Elle ouvre les hostilités en tirant le portrait de la sclérose en plaques (SEP), avant de mettre en exergue des situations cocasses mais universelles propres au milieu hospitalier. Après une heure de show, elle livre ses astuces pour devenir un VIP en situation de handicap. Un spectacle « délirant » accessible à tous... malades ou pas.

Une élève modèle

Avant de devenir une showwoman, Double A était Anne-Alexandrine, une jeune fille sérieuse à la scolarité sans vague et au parcours médical « chaotique ». Dès sa naissance, la dystonie myoclonique, une maladie rare du système nerveux qui se manifeste notamment par des spasmes, tente de contrarier ses plans de carrière. En vain. A l'école, elle fait figure d'élève modèle, toujours dans le trio de tête, « malgré une écriture catastrophique », sourit-elle. En classe de troisième, ayant de plus en plus de mal à tenir son stylo, elle le troque pour un ordinateur. « C'était hyper avant-gardiste à l'époque ! », commente-t-elle. Habitée par une certaine « fibre du justicier », elle se lance ensuite dans des études de droit, avec l'ambition de « défendre les plus vulnérables, même si, en fait, c'était moi », explique aujourd'hui la jeune femme. En parallèle, elle prend des cours de théâtre pour échapper à son train-train quotidien.

Les prémices de sa nouvelle vie

A 20 ans, un second diagnostic tombe : « Maladie inflammatoire du système nerveux central ». « Mais encore ? », demande-t-elle. « Une sclérose en plaques... » A 23 ans, ses premiers troubles du langage apparaissent. « Pourquoi voulez-vous être avocate ? Vous avez du mal à parler », assène sa neurologue. Mais il en faut plus pour ébranler cette femme de caractère. En véritable « acharnée du travail », elle ne lâche rien et, à force d'adaptation et de détermination, obtient son master en droit. En 2012, elle prête serment et exerce le métier d'avocat pendant quatre ans. « Premier rêve, check ! », se réjouit la jeune femme. Deux ans plus tard, nouvelle épreuve : une septicémie a failli l'emporter... Lors de ses séjours à l'hôpital, elle se découvre une passion pour le théâtre et teste ses premiers sketches sur le personnel soignant. Son premier fan ? Son infirmier référent qui admire son autodérision et l'encourage à se lancer dans cette voie. « Faire rire une personne, c'est bien, mais provoquer des scènes de liesse, c'en est une autre ! », pense-t-elle alors.

L'humour salvateur

« Oh et puis mince, et s'il avait raison ? », songe-t-elle, frappée par une soudaine prise de conscience. Anne-Alexandrine aime, certes, seprendre la tête sur la loi de financement dela Sécurité Sociale mais ce dont elle raffole par-dessus tout c'est l'humour, son « arme contre la maladie ». « Rire de mon handicap me permet de m'exprimer pleinement, d'extérioriser mais surtout de relativiser, explique-t-elle. Je suis encore vivante, tout va bien. » Encouragée par son mari producteur et ses proches, elle s'inscrit à un concours d'humoristes et poursuit un nouveau rêve : monter sur scène. Comme à son habitude, elle finit dans le trio de tête : troisième sur 75 candidats... La reconnaissance du public renforce son envie d'écrire avec un nouvel objectif : sensibiliser le grand public à la sclérose en plaques, tout en brisant les idées reçues sur le handicap. Armée de sa plume irrévérencieuse, elle écrit alors son premier spectacle. Son credo : « Non non à la culpabilité, oui oui à la diversité ! ». En 2016, son rêve se concrétise sur les planches du théâtre de Ménilmontant, à Paris ; depuis, il n'a jamais pris fin. « Je me demande souvent pourquoi je fais ce métier, confie-t-elle. Quelque part, j'ai encore le sentiment de me sentir utile. Faire rire, provoquer de la joie, c'est un pouvoir extraordinaire. »


Sa prochaine représentation aura lieu le 21 mars 2020 à 15h à l'hôpital de Saint-Brieuc avec l'association SEP en Marche. Puis elle se produira dans le festival Off d'Avignon au théâtre Le Forum à 17h, les 6 ,13 et 20 juillet à 17h. Courbatures à la mâchoire garanties !

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"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Cassandre Rogeret, journaliste Handicap.fr"

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