École inclusive : les enfants du CNCPH passent à l'action

Accessibilité, autonomie, harcèlement, rôle des AESH... Presque un an après la création du conseil des enfants du CNCPH, 12 jeunes en situation de handicap ont remis leurs propositions pour améliorer concrètement l'école inclusive.

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Enfants qui discutent entre eux, en ronde

« Faites-nous confiance, on connait nos besoins ! ». Et si les meilleurs experts de l'école inclusive étaient les enfants eux-mêmes ? Le 22 juin 2026, les douze membres du conseil des enfants du Conseil national consultatif des personnes handicapées (CNCPH) ont présenté les conclusions de plusieurs mois de travail devant les représentants du handicap et la ministre déléguée chargée de l'Autonomie et des Personnes handicapées, Camille Galliard-Minier.

Âgés de 8 à 12 ans et tous en situation de handicap, ces jeunes conseillers ont participé à six ateliers organisés les mercredis après-midi depuis la rentrée 2025 pour répondre à une question simple : « Comment faire pour que tous les élèves puissent réussir à l'école ? » Leur constat est sans appel : malgré les progrès de l'école inclusive, de nombreux obstacles continuent d'exclure certains enfants des apprentissages, des activités sportives ou encore des temps de récréation.

Accessibilité, matériel, examens : « Cela peut nous mettre à l'écart »

Dans leur contribution, les enfants pointent les difficultés très concrètes du quotidien : jeux inaccessibles et obstacles dans les cours de récréation, matériel pédagogique inadapté, délais trop longs pour obtenir des aménagements ou encore manque d'accessibilité lors des examens nationaux. « Cela conduit à mettre des élèves en situation de handicap à l'écart », écrivent-ils. Plus grave encore, certaines situations peuvent « créer un sentiment d'insécurité » ou mettre les enfants en danger.

Le Conseil des enfants demande ainsi que l'ensemble de l'environnement scolaire soit pensé dès le départ pour tous les élèves : bâtiments, supports pédagogiques, activités sportives, sorties scolaires et outils numériques. Une revendication qui fait écho aux difficultés rencontrées par de nombreuses familles, alors que plus de 520 000 élèves en situation de handicap sont aujourd'hui scolarisés en milieu ordinaire en France. Un chiffre en constante augmentation mais avec des moyens en face qui ne suivent pas toujours.

« Pour être à l'aise, il faut nous laisser de l'autonomie »

Autre message fort : les enfants réclament davantage de confiance de la part des adultes. Enseignants, AESH, personnels éducatifs ou même camarades bien intentionnés peuvent parfois adopter des comportements jugés intrusifs ou infantilisants. « Pourquoi les professeurs nous traitent comme des chouchous ou moins bien que les autres ? », peut-on lire parmi les témoignages recueillis. « Pour que les enfants soient à l'aise, il faut que les adultes leur laissent de l'autonomie », insistent-ils. Les jeunes membres du CNCPH dénoncent également les changements fréquents d'accompagnants et le manque de formation de certains professionnels aux différents types de handicap.

Leur solution ? Renforcer la formation des enseignants et des AESH, favoriser la stabilité de l'accompagnement et instaurer un dialogue régulier entre l'enfant, sa famille et l'équipe éducative. Une manière de replacer les premiers concernés au cœur des décisions qui les touchent.

Handicap, moqueries, harcèlement : mieux expliquer la différence

Comment parler de son handicap à ses camarades ? La question a également occupé une place importante dans les échanges du Conseil des enfants. Plusieurs membres racontent avoir été confrontés à des moqueries, des remarques blessantes, des questions répétitives ou à des situations de mise à l'écart. « Il y a des personnes qui me demandent ce que j'ai. Ces questions me dérangent, ils me posent la même question tous les jours. Ce sont des questions trop personnelles, ça ne les regarde pas », fait savoir un élève. « J'ai l'impression que ma classe m'exclut. Le prof a demandé pourquoi aux élèves. Ils ont répondu qu'ils ne savent pas comment m'aider. Le fait de libérer la parole a eu des effets », rapporte un autre.

Pour lutter contre le harcèlement scolaire et favoriser l'inclusion, ils proposent de développer les actions de sensibilisation auprès de tous les élèves. Ils recommandent également d'adapter les modes de communication aux besoins de chacun : recours à la langue des signes française (LSF), supports accessibles pour les enfants aveugles ou malvoyants, ou encore outils facilitant les échanges avec les élèves présentant un trouble du neurodéveloppement. « Il faut que chaque enfant puisse s'exprimer. Nous avons le droit de vivre dans le calme et de ne pas être stressés », confie l'un d'eux.

Créé à la rentrée 2025 sous l'impulsion du CNCPH présidé par Jérémie Boroy, ce premier Conseil des enfants entend désormais peser dans le débat public. Ses propositions ont été officiellement adoptées par l'assemblée plénière du CNCPH et seront transmises aux ministères concernés. Une illustration concrète du principe devenu incontournable dans le champ du handicap : « Rien pour nous sans nous »… y compris lorsqu'on a moins de 12 ans.

©vgajic de Getty Images Signature / Canva

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"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Clotilde Costil, journaliste Handicap.fr"
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