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Des entreprises adaptées s'installent en prison

Le gouvernement veut relancer le travail en prison, en baisse depuis 20 ans, notamment via l'implantation d'entreprises adaptées qui proposent un emploi aux détenus en situation de handicap, ce que permet la loi depuis mars 2021.

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Les ministres du Travail et de la Justice ont convié le 2 décembre 2021 une cinquantaine de chefs d'entreprises à la prison de Muret, au sud de Toulouse, pour relancer le travail des détenus qui a considérablement baissé en 20 ans. "On a aujourd'hui moins d'un tiers des détenus qui travaillent pendant leur détention alors que l'on a pu au début des années 2000 aller jusqu'à plus de la moitié. C'est pour cela que l'on a voulu avec Éric Dupond-Moretti relancer, dynamiser le travail en détention", a dit la ministre du Travail Élisabeth Borne.

Des entreprises adaptées derrière les barreaux

Des actions conjointes des deux ministères ont été lancées, selon la ministre, "pour développer des entreprises d'insertion par l'activité économique et des entreprises adaptées (EA)". Ces dernières, entreprises du milieu ordinaire, qui emploient au moins 55 % de travailleurs reconnus handicapés parmi leur effectif salarié annuel peuvent en effet, depuis un décret de mars 2021, s'implanter en milieu carcéral auprès des détenus en situation de handicap. L'objectif étant, tout d'abord, de leur apporter une offre de travail adaptée. Le décret vise ainsi à "favoriser l'acquisition d'une expérience professionnelle et valoriser les compétences (...) dans le cadre d'un accompagnement spécifique", pour préparer au mieux la sortie de détention. Il n'existe pas de chiffres récents sur le nombre de détenus handicapés, les derniers datant de 2001 et révélant que la proportion de personnes qui rencontrent des difficultés physiques, sensorielles ou mentales est en prison trois fois plus élevée que dans le reste de la population. Les plus courantes sont les troubles du comportement, de l'orientation dans le temps et l'espace et les problèmes d'audition. L'objectif de cette mesure est également de diversifier les acteurs économiques présents derrière les barreaux. Un appel à candidatures a été lancé mi-avril pour sélectionner une dizaines de structures prêtes à se lancer dans cette expérimentation en 2021, "avec un nombre de personnes handicapées suffisant pour trouver un modèle économique", expliquait mi-avril Sébastien Citerne, délégué général de l'Union nationale des EA (Unea).  Un « Guide pratique de l'implantation des EA en établissement pénitentiaire », ainsi qu'une boîte à outils, sont mis à disposition des acteurs volontaires.

Des difficultés de recrutement

"Étant donné que nombre d'entreprises sont confrontées à des difficultés de recrutement, c'est le bon moment pour ouvrir un peu ces fenêtres dans les pratiques de recrutement", a encore lancé Mme Borne à l'attention des cadres et dirigeants d'entreprises de Haute-Garonne, dont Suez, Schneider Electric, Vinci, WebHelp, Microsoft ou Airbus. Le Projet de loi pour la confiance dans l'institution judiciaire "contient un contrat du détenu travailleur, c'est 45% du SMIC, les formalités administratives prises en charges par l'administration pénitentiaire et les surfaces (d'activité en prison) sont gratuites", a pour sa part souligné le garde des Sceaux Éric Dupond-Moretti évoquant un partenariat "gagnant, gagnant, gagnant". "Pour le patron c'est une belle démarche humaniste, ça permet de faire des économies substantielles. C'est gagnant pour le détenu parce qu'un détenu qui travaille c'est un détenu qui se réinsère (...) avec 50% de moins de risque de récidive et c'est gagnant pour toute la société parce que nous avons tous intérêt à ce que les femmes ou les hommes, après avoir été punis, reviennent dans la société civile", a encore expliqué le ministre de la Justice.

20 000 détenus au travail

Selon l'administration pénitentiaire quelque 20 000 détenus travaillent dans les établissements pénitentiaires dans 600 ateliers industriels du secteur de la métallurgie, la menuiserie, la confection textile, l'assemblage, le recyclage ou du conditionnement mais aussi dans l'économie de services avec par exemple des centre d'appels. Environ 250 des 600 hommes qui sont incarcérés au centre de détention de Muret travaillent dans plusieurs ateliers qui vont de la menuiserie au secteur aéronautique, avec des entreprises comme Safran, qui ont monté des ateliers quasi identiques, à ceux de leurs propres unités de production. Les ministres ont invités les chefs d'entreprises intéressés par ces dispositifs à consulter le site travail-prison.fr.

© Photo du site travail-prison.fr

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