La tension est montée d'un cran à la veille d'une nouvelle réunion du Conseil commun de la fonction publique, une instance du dialogue social entre syndicats et administration.
Dans un communiqué publié mardi, l'intersyndicale de la Fonction publique, qui rassemble les huit organisations représentatives, a encore demandé au gouvernement de renoncer à « passer en force » et de retirer un projet de décret sur les autorisations spéciales d'absence contre lequel elles s'étaient majoritairement exprimées le 9 avril.
Un cadre contesté pour les absences spéciales
Les autorisations spéciales d'absence peuvent être accordées à des agents par leur employeur dans certains cas (grossesse, parentalité, décès), mais elles sont jusqu'ici accordées en l'absence de cadre harmonisé, et le Conseil d'État avait enjoint au gouvernement de clarifier les règles.
Mais le projet de décret présenté pour avis aux syndicats est loin de faire l'unanimité.
Ils dénoncent notamment la mise en place d'une liste limitative d'absences spéciales autorisées qui compromet la négociation de droits plus favorables pour les agents au niveau local. Concrètement, certaines pratiques plus favorables pourraient être supprimées avec l'instauration d'un tel cadre, redoutent-ils.
Les syndicats réclament des négociations
Les organisations syndicales réclament l'ouverture de négociations sur le sujet afin de « sécuriser les dispositifs plus favorables existants, sortir les situations familiales lourdes (deuil, garde d'enfant, handicap, PMA, adoption, grossesse) de l'arbitraire des +nécessités de service+ et tenir compte des réalités de vie des agents », selon le communiqué commun.
Alors que « les négociations sur l'égalité professionnelle piétinent », et surtout après que les syndicats ont claqué la porte d'un groupe de travail sur les rémunérations il y a deux semaines, le sujet des autorisations spéciales d'absences pourrait faire office de catalyseur.
Mise en garde sur de possibles mobilisations
« Les organisations syndicales CGT, FO, CFDT, UNSA, FSU, Solidaires, CFE-CGC et FA-FP mettent aussi en garde sur l'ensemble des dossiers actuels (...) » et « alertent sur la poursuite de ces politiques de régression sociale et budgétaire qui ne pourra que renforcer la colère des agents et possiblement aboutir à la perspective de mobilisations dans la fonction publique ».
Les syndicats n'ont pas précisé la forme que ces éventuelles « mobilisations » pourraient prendre.
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