Bac, brevet... Connaissez-vous les parcours soins études ?

Chaque année, 13 000 jeunes suivent leur scolarité dans les hôpitaux de la Fondation santé des étudiants de France. Grâce à des emplois du temps adaptés et un partenariat avec l'Éducation nationale, ils continuent leurs études malgré le handicap.

• Par
Un jeune homme dans son lit d'hôpital devant un ordinateur.

« Tu vas trop mal pour aller en cours. » Les paroles de cette vidéo remixée à partir d'une chanson de Vianney tournent en boucle sur TikTok. On y aperçoit Sofia et d'autres jeunes filles en train de jouer, danser, chanter et rire. Elles sont toutes en parcours soins études. Ce dispositif est porté par la Fondation santé des étudiants de France (FSEF) dans ses treize établissements de santé, répartis dans huit régions (Île-de-France, Auvergne-Rhône-Alpes, Nouvelle-Aquitaine, Bretagne, Pays de la Loire, Hauts-de-France, Provence-Alpes-Côte d'Azur et Grand Est). L'objectif : permettre à des jeunes de 14 à 25 ans de ne pas perdre contact avec l'école quand des problèmes médicaux les empêchent de poursuivre une scolarisation « normale » dans leur collège ou leur lycée.

« Pas comme l'école à l'hôpital »

« Le parcours soins études, ce n'est pas comme l'école à l'hôpital », précise d'emblée Chantal Stheuner, pédiatre et co-cheffe du pôle hospitalo-universitaire de santé des adolescents et jeunes adultes de la FSEF. En effet la loi de 2002 relative aux droits des patients et à la scolarité prévoit que les enfants hospitalisés puissent avoir accès à un suivi scolaire adapté. Des enseignants volontaires sont ainsi mobilisés dans les hôpitaux, ou au domicile des élèves, pour éviter une rupture dans le parcours scolaire. Un réseau d'associations éducatives, agréées par l'État, peuvent également intervenir auprès des jeunes. Une modalité d'accompagnement différent du parcours soins études, où les enseignants de l'Éducation nationale sont complètement affectés à ces hôpitaux un peu particuliers.

Des lieux de soin pour toutes les pathologies

Les élèves y retrouvent une classe pour chaque niveau à partir de la 6e, et des professeurs qui donnent cours de la même façon que dans les collèges et lycées habituels. Ces lieux de soin sont d'ailleurs considérés comme une annexe de l'établissement scolaire de secteur. Ils sont aussi centre d'examens pour le brevet et le bac.  

Ouvert à toutes les pathologies, somatiques, physiques et psychiques, les élèves peuvent rester un mois comme plus d'un an, selon la raison de santé pour laquelle ils ont été admis. Une des spécificités de ces établissements est aussi de « pouvoir offrir des soins à des jeunes qui ont des pathologies intriquées, par exemple un handicap physique, ce qui est très difficile dans notre système de soins actuels », détaille la co-cheffe du pôle hospitalo-universitaire de la FSEF, qui insiste sur la prise en charge pluridisciplinaire proposée.

Un emploi du temps adapté

Dans le parcours soins études, les professionnels considèrent que le projet de soin doit inclure la scolarité. « Lorsque l'on soigne quelqu'un, on doit le soigner dans sa globalité. C'est important pour les jeunes adultes de prévoir la suite, et notamment l'insertion professionnelle », explique Chantal Stheuner. Les classes sont en petit effectif, autour d'une dizaine d'élèves, avec un emploi du temps adapté pour qu'ils puissent suivre leurs soins en parallèle des études. A l'arrivée du jeune, médecins et enseignants se rencontrent pour définir son programme de cours. « Par exemple après une opération lourde, il ne pourra peut-être pas suivre de cours la première semaine, en suivre quelques heures la suivante, jusqu'à retrouver l'ensemble du programme », illustre Chantal Stheuner.

Des jeunes en refus scolaire anxieux

Une autre problématique à laquelle doivent s'adapter les professionnels de ces cliniques : un certain nombre de jeunes se trouvent en rupture scolaire. Beaucoup ont un refus scolaire anxieux, un trouble qui est souvent l'une des portes d'entrée pour les jeunes admis en psychiatrie. « Avec eux on va y aller petit à petit, précise Chantal Stheuner, on ne va pas leur demander tout de suite de se rendre à tous les cours ». Dans les établissements de la FSEF, le nombre de jeunes qui rentrent pour des pathologies psychiques sont en augmentation, jusqu'à représenter 50 % des effectifs. « Nous ne sommes que le reflet de la société », soupire la co-cheffe du pôle hospitalo-universitaire.  

Préparer la sortie

Pendant la période d'hospitalisation, le lien est maintenu avec l'extérieur au niveau social comme médical, pour faciliter la sortie. Les jeunes peuvent rentrer chez eux le weekend si le niveau des soins le permet, et restent en contact avec leur médecin extérieur, les ayant orientés vers le parcours soins études.   Au niveau scolaire, ils restent inscrits dans leurs établissements d'origine, et le retour à l'école est concerté. « Si cela est nécessaire, il peut y avoir une sortie hybride pendant quelques semaines où le jeune reste quelques jours chez nous, et retourne quelques jours dans sa structure scolaire, pour que la marche ne soit pas trop haute », précise Chantal Stheuner.  

©Image générée par IA / Canva

Partager sur :
  • LinkedIn
  • Facebook
  • Blue sky
  • Twitter

Thèmes :