C'est une victoire qui ne se joue pas sur un tatami, mais sur le terrain de l'accessibilité. En intégrant l'association Lampaul Karaté Do (Finistère), le HandiGuide des Sports vient de franchir la barre symbolique des 6 000 structures référencées. Une bonne nouvelle à la veille des Jeux Paralympiques de Milan-Cortina. Créée en 2006 à l'initiative du ministère des Sports, cet annuaire national a vu sa fréquentation doubler depuis l'élan des Jeux de Paris 2024. La plateforme recense des associations sportives, clubs, établissements médico-sociaux et collectivités capables d'accueillir des personnes en situation de handicap. Au total, plus de 62 000 utilisateurs parcourent ce catalogue numérique pour dénicher l'une des 100 disciplines proposées dans 7 200 lieux de pratique, partout en France.
Une fréquentation en forte hausse depuis Paris 2024
Symbolique, l'entrée de l'association Lampaul Karaté Do à Lampaul-Guimilau dans le Finistère illustre la possibilité de rendre effectif l'essai de l'inclusion dans les zones les plus rurales comme dans les grandes agglomérations. Le dojo de Raymond Nicolas offre ainsi un accès de plain-pied, des séances inclusives et un encadrement formé au para-karaté.
Un outil clé de la stratégie sport et handicap
Animé par le Centre d'expertise Sport et handicap, le HandiGuide constitue l'un des piliers de la Stratégie nationale Sport et Handicap 2030 présenté le 30 janvier 2026 par le gouvernement (Handicap : un plan national pour renforcer l'accès au sport). Objectif : mieux informer les personnes concernées, développer le réseau de clubs accueillants et améliorer la qualité de l'offre. De nouvelles fonctionnalités sont déjà envisagées, comme la mutualisation du matériel sportif adapté ou des parcours dédiés aux personnes déficientes visuelles. Car malgré ses 6 000 structures, de nombreux clubs engagés dans l'inclusion sportive restent encore à référencer.
47 % de personnes handicapées pratiquent du sport
Après un premier plan 2020-2024, celui qui s'étale d'ici 2030 veut, entre autres, mettre en place une « communication à grande échelle pour mieux faire connaître l'offre de pratique para-accueillante », et prévoit « un soutien renforcé à la mise en accessibilité des équipements sportifs, via un fonds dédié de 2,5 millions d'euros par an » – cette mesure étant la seule à être chiffrée. Pour rappel, seules 47 % des personnes en situation de handicap déclarent pratiquer une activité physique ou sportive, contre 80 % dans l'ensemble de la population, selon une étude de l'Institut national de la jeunesse et de l'éducation populaire (Injep) citée par le gouvernement.
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