Instruction en famille : encore en débat à l'Assemblée

L'instruction en famille en débat à l'Assemblée dans le cadre d'une nouvelle lecture du projet de loi contre le séparatisme. L'autorisation ne pourra être accordée que pour des raisons limitées, notamment la santé et le handicap.

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Défense des droits de l'enfant ou atteinte à la liberté de l'enseignement : partisans et détracteurs d'un encadrement renforcé de l'instruction en famille (IEF) se sont à nouveau opposés le 30 juin 2021 dans l'hémicycle de l'Assemblée.

IEF accordée pour raison de santé ou handicap

"La base de ce que nous faisons, c'est non seulement la défense de la République mais aussi des droits de l'enfant. Ne faisons pas semblant de ne pas voir cet enjeu-là", a plaidé le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer face à des opposants très mobilisés, lors de l'examen en nouvelle lecture du projet de loi contre le séparatisme. Ce vaste texte prévoit dans son volet éducation un nouveau régime plus contraignant pour l'IEF, la soumettant à une autorisation préalable de l'Etat, en lieu et place de la simple déclaration actuelle. L'autorisation de l'IEF ne pourra être accordée que pour raison de santé, handicap, pratique artistique ou sportive, itinérance de la famille, éloignement d'un établissement, et aussi en cas de "situation propre à l'enfant motivant le projet éducatif".

L'opposition vent debout

Aux yeux des élus LR, c'est remettre en cause "la liberté des parents sous prétexte de quelques dérives". Anne-Laure Blin notamment a critiqué "un affichage de la lutte contre l'islam radical". Ancienne directrice d'école, Agnès Thill du groupe UDI est aussi montée au créneau contre une "violence" infligée aux familles, qui seront selon elle "obligées de confier à l'Etat" leur enfant dès l'âge de 3 ans. Egalement remontés, mais pas pour les mêmes raisons, les députés PS ont aussi défendu des amendements de suppression de l'article litigieux, refusant "l'amalgame" entre IEF et radicalisation. Le nouveau régime d'autorisation est contesté jusqu'au sein de la majorité, notamment par Jean-François Mbaye (LREM) qui a regretté que soit semé "le doute dans beaucoup de familles qui s'inquiètent".

60 000 enfants concernés

"Il ne s'agit pas d'interdire l'IEF" mais de "regarder un problème en face" : la montée en puissance de ce "phénomène de société", avec plus de 60 000 enfants désormais concernés, a répondu le ministre, qui "assume complètement d'aider l'école, l'école publique" et veut empêcher "l'endoctrinement d'enfants dès le plus jeune âge". M. Blanquer a défendu la "position d'équilibre" trouvée en première lecture puis défaite par le Sénat à majorité de droite. Les députés reprennent, le 1er juillet, l'examen de dizaines d'amendements sur le sujet, le plus discuté du projet de loi.

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