Un vivier de talents souvent exclu
Les personnes autistes, ayant un déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) et celles avec des troubles « Dys » (dyslexie, dysorthographie, dysphasie...) représentent près de 15% de la population, souligne ce guide élaboré par la délégation interministérielle à la stratégie nationale pour les troubles du neurodéveloppement.
Ces personnes peuvent représenter « une source précieuse d'innovation et de créativité » dans l'entreprise, mais aujourd'hui, elles sont souvent exclues par les processus de recrutement, déplorent ses auteurs.
Repenser le recrutement et les fiches de poste
Parmi les recommandations formulées, se fixer des objectifs mesurables pour l'ouverture à la neurodiversité (nombre de personnes recrutées, de modules de sensibilisation organisés...), concevoir des processus de recrutement et d'entretien adaptés, repenser les fiches de poste en se concentrant sur les compétences strictement nécessaires et l'environnement de travail associé (rythme, bruit, lumière...) ou encore encourager les candidats à recourir à des outils alternatifs au CV (courte vidéo, envoi de travaux...).
Pour l'entretien d'embauche, le guide préconise de transmettre à l'avance aux candidats sélectionnés un document synthétisant les caractéristiques du processus de recrutement et de leur laisser la possibilité de passer un entretien par écrit.
Un accompagnement humain et structurel
Une fois la personne recrutée, il conseille de mettre en place un programme de tutorat et faire en sorte que la personne ne réponde qu'à un seul superviseur hiérarchique, ainsi que d'éviter le multitâche et les changements soudains au travail.
Le guide recommande aussi de calculer le coût du recrutement de ces personnes, en prenant en compte celui des pénalités en cas de non-satisfaction de l'obligation d'emploi des travailleurs handicapés, qui impose aux entreprises d'au moins 20 salariés d'employer 6% de personnes handicapées.
Briser les idées reçues sur les comportements
Le guide évoque les attitudes de certaines personnes neurodivergentes qui peuvent donner lieu à de mauvaises interprétations : aller droit au but sans avoir recours au bavardage pour briser la glace, ne pas rechercher le contact visuel, préférer ne pas serrer la main...
« Les parcours professionnels des personnes concernées restent encore trop fragmentés et sources de souffrance dans notre pays, notamment en raison du caractère invisible des troubles du neuro-développement et de leur méconnaissance par le grand public », souligne le délégué interministériel à la stratégie nationale pour les troubles du neuro-développement, Étienne Pot, cité dans le guide.


