Pétition sur écoliers sans AVS : inonder le ministère ?

Des écoliers handicapés encore sans AVS début janvier. Pour interpeler le ministère, deux associations ouvrent une "fenêtre-mail" en ligne avec l'objectif d'inonder l'Education nationale de commentaires.

14 janvier 2016 • Par

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C'est ce qu'on appelle un « marronnier ». L'info qui, sempiternellement, revient à chaque saison. Pour l'école, c'est à la rentrée. Et, pour les élèves handicapés, c'est le manque d'auxiliaire de vie scolaire (AVS devenues AESH). Mais nous voici en janvier et, pour certains, la situation n'a malheureusement pas décanté.

Des réponses bienveillantes ?

Selon Jean-Luc Duval, président du CCH (Collectif citoyen handicap), « plus que jamais en ce début d'année, la scolarisation de nos enfants différents est mise en péril par les nombreux dysfonctionnements de l'administration qui, sous couvert d'économies, se sert d'eux et de leurs accompagnants comme une variante du chômage. » Il a bien tenté d'interpeler le cabinet de la ministre de l'Education nationale à ce sujet mais a dû se contenter d'une réponse standardisée qui ne l'a, évidemment, pas satisfait : « Nous faisons le maximum pour éviter les ruptures d'accompagnement pour les élèves. Néanmoins, la nature des contrats et les contraintes qui s'y rattachent ne nous permettent toujours de maintenir la même personne. » Et d'inviter les familles « individuellement » à prendre contact avec la plate-forme Aide handicap école au 08 10 55 55 00. Le cabinet promet que « les situations seront ainsi étudiées avec précisions et bienveillance ». Dans la « vraie vie », ce n'est pas toujours aussi simple…

Inondés de messages

Sur ce sujet, Jean-Luc Duval, lui-même papa de deux garçons autistes, ne vient jamais les mains vides. En septembre 2015 déjà, il avait déposé une besace contenant des centaines de CV, notifications et courriers sur le bureau des agents du ministère de l'Education nationale (article en lien ci-dessous). Cette fois-ci, pas de livraison en mains-propres, il s'en remet au Net. Le CCH s'est rapproché de l'association Malhandi (maladies et handicaps) pour mettre en ligne une pétition qui a pour slogan « Auxiliaire de vie scolaire, le job qui mérite d'être un métier ». Une de plus, à l'instar de celles qui circulent déjà sur ce thème. En réalité, pas tout à fait une pétition, plutôt une « fenêtre » dédiée où chacun est invité à déposer son commentaire. Ils sont ensuite redirigés vers la boite mail des services de l'Education nationale, avec copie à Patrick Gohet, adjoint au Défenseur des droits en charge des discriminations. L'objectif de cette démarche est d'être reçu en personne par la ministre Nadjat Vallaud Belkacem. Selon ce duo d'associations, les « enfants sont abandonnés par un système fait de bricolage, où l'intérêt de l'enfant n'est pas la priorité, où l'on gère en flux tendus un personnel peu formé dans un turn-over infernal, un personnel kleenex recruté, utilisé puis jeté sans aucune reconnaissance ! ». Et d'appeler aussi bien parents, auxiliaires de vie qu'enseignants à se mobiliser dans une action commune. Jean-Luc espère des « envois massifs », recommandant tout de même de ne pas « être vulgaire », ce qui « pourrait nuire à l'action ». Des fois qu'il y aurait des gens en colère…

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"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Emmanuelle Dal'Secco, journaliste Handicap.fr"

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