C'est l'un des 18 engagements de simplification administrative du gouvernement, annoncé par la voix de l'ancienne ministre Charlotte Parmentier-Lecocq en février 2026. Depuis le 1er mars dernier, deux nouveaux formulaires de demande auprès des Maisons départementales des personnes handicapées (MDPH) sont testés dans cinq départements pilotes, le Nord, l'Aveyron, l'Indre, la Collectivité territoriale de Corse et de Guyane, d'après l'ancienne ministre, avant une généralisation annoncée en 2027.
Objectif : un document « plus simple », « plus clair », moins « technique », épuré du jargon habituel. Fini le pavé administratif de vingt pages qui décourage les familles. Aujourd'hui, près de 6 millions de personnes sont titulaires d'un droit ouvert en MDPH, selon la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA), et les délais de traitement peuvent dépasser six mois dans certains territoires ( Paris : quel est le parcours d'un dossier à la MDPH? ). En théorie, alléger le formulaire pourrait fluidifier l'instruction et faciliter la compréhension pour les usagers et leurs aidants.
Ce que ça change concrètement pour les usagers
Le nouveau formulaire entend aller à l'essentiel : rubriques raccourcies, questions reformulées, parcours de demande plus lisible. L'ambition affichée ? Permettre de « faire vite sa demande » et de limiter les erreurs ou oublis qui retardent l'étude des dossiers. Il redonne toutefois une place centrale au certificat médical, pièce déjà incontournable du dossier. Pour des milliers de familles confrontées à des démarches complexes (AAH, PCH, orientation scolaire ou professionnelle), la promesse est celle d'un accès aux droits plus rapide et moins technique. En toile de fond, une volonté politique de modernisation administrative et d'harmonisation des pratiques entre départements.
Simplification ou risque pour les droits ?
Mais l'expérimentation ne fait pas l'unanimité. Le Collectif Handicaps demande son arrêt immédiat, dénonçant un document qui pourrait restreindre l'expression des besoins. Selon ses représentants, raccourcir certaines sections limiterait l'évaluation « multidimensionnelle » du handicap et accentuerait les inégalités entre personnes accompagnées et celles qui remplissent seules leur dossier. Principal reproche : la section « vie quotidienne », drastiquement raccourcie, qui ne permettrait plus aux équipes pluridisciplinaires d'évaluer la réalité des besoins.
Autre critique : un retour à une approche plus médicalisée, jugée contraire ou du moins antérieure à l'esprit de la loi de 2005 sur l'égalité des droits et des chances. Alors que la généralisation est déjà envisagée pour septembre 2026, la question demeure : cette simplification administrative facilitera-t-elle réellement l'accès aux droits… ou en redessinera-t-elle les contours ? La nouvelle ministre, Camille Galliard-Minier, hérite d'un dossier brûlant supplémentaire dans lequel les associations représentatives disent n'avoir pas été consultées.
©Facebook de Charlotte Parmentier-Lecocq


