Paralympiques : le retour polémique de la Russie

Le retour des athlètes russes et bélarusses avec leurs drapeaux aux Jeux de Milan-Cortina 2026 provoque une vague de boycotts et de vives tensions diplomatiques, deux ans après leur exclusion liée à l'invasion de l'Ukraine.

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Station alpine Cortina

Un retour aux sources du conflit

Boycotts de la cérémonie d'ouverture, colère de l'Ukraine, critiques de l'Italie : le retour des athlètes russes et bélarusses, avec leurs symboles nationaux, provoque des remous avant même le lancement des Jeux paralympiques de Milan-Cortina (6-15 mars), vendredi 6 mars 2026.

Dans quelques jours, les drapeaux russe et bélarusse flotteront lors de la cérémonie d'ouverture dans les arènes de Vérone. Une première depuis quatre ans. Six athlètes russes et quatre bélarusses, dont les places ont été attribuées par le comité international paralympique (IPC), participeront à ces Jeux paralympiques avec leurs emblèmes nationaux.

Une présence quasi symbolique, mais qui constitue un tournant dans le sport mondial, dont la Russie et le Belarus avaient été exclus dans la foulée de l'invasion de l'Ukraine déclenchée par Moscou en février 2022, avec le soutien de Minsk.

Le mardi 17 février 2026, les membres de l'IPC ont autorisé les ex-bannis à concourir avec hymnes et drapeaux à ces Jeux de Milan-Cortina, une décision qui a entraîné la colère de l'Ukraine, soutenue par d'autres nations. Le pays boycottera la soirée en signe de protestation, suivi par la République Tchèque, la Finlande, la Pologne, l'Estonie ou la Lettonie. Le commissaire européen à la Jeunesse et aux Sports, Glenn Micallef, a lui aussi renoncé à se rendre à Vérone.

Pays organisateur, l'Italie avait aussi offert son « soutien inconditionnel » à l'Ukraine et appelé l'IPC à « reconsidérer sa décision ». Une prise de position qui avait fait réagir l'ambassade de Russie à Rome, la qualifiant « d'offensante et méritant une condamnation unanime ».

Une décision défendue par l'IPC

« Nous comprenons que de nombreux pays soient mécontents de cette décision, mais celle-ci a été prise dans le cadre d'un processus très démocratique », s'est défendu l'IPC auprès de l'AFP le vendredi 20 février 2026 dernier, rappelant que l'ouverture à une réintégration complète s'était faite lors d'un vote en assemblée générale en septembre.

Un argument également avancé par d'autres comités nationaux qui, bien qu'opposés à ce retour, seront bien représentées lors de la cérémonie, comme le Canada ou la France. Les sportifs Russes et Bélarusses, « devront être traités comme n'importe quels athlètes paralympiques d'autres nations », a souligné le président de l'IPC, Andrew Parsons, dans des propos relayés la semaine passée par le site spécialisé Insidethegames.

Ce dernier espère d'ailleurs que « la cérémonie ne sera pas politisée », quelques jours après la clôture des JO marqués par la disqualification du skeletoneur ukrainien Vladislav Heraskevych pour avoir souhaité porter un casque rendant hommage à plusieurs coéquipiers morts lors du conflit.

Des ambitions sportives malgré tout

Au-delà de possibles contestations sur place, reste aussi à savoir si les Russes et Bélarusses auront les moyens de s'inviter au tableau des médailles. La Russie devrait notamment compter sur deux représentants en ski alpin (deux en ski de fond et deux en snowboard), dont le triple champion paralympique Alexey Bugaev et Varvara Voronchikhina, double championne du monde.

« Quand les Russes ont fait leur apparition dans les premières Coupes du monde, c'est vrai que les athlètes étaient un peu curieux de savoir comment ça se passait », expliquait début février 2026 à l'AFP Thomas Frey, entraîneur de l'équipe de France de para ski alpin. « Il s'est avéré qu'ils skiaient très bien, mais notre discours est qu'on a des adversaires encore plus compétents, et cela nous pousse à être meilleurs », a-t-il ajouté alors que les skieurs tricolores seront attendus.

De son côté, l'Ukraine avait également trusté le haut de tableau à Pékin, au deuxième rang avec 11 titres. Mais à quelques jours de l'événement, Valeriy Sushkevych, président du Comité paralympique national, s'est montré moins optimiste.

« À l'époque, l'équipe avait pu se préparer dans des conditions de paix, et nous avions davantage d'opportunités et un financement bien supérieur, réduit aujourd'hui de plus de la moitié », a-t-il déploré auprès de l'AFP, « Mais nous (...) demeurons une nation importante au sein du mouvement paralympique, ce qui est une victoire pour nous et l'Ukraine ».

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