Depuis mardi 27 octobre, les députés ont repris l'examen du projet de loi de finances (PLF) 2027. (PLF et PLFSS 2027 : Quelles mesures sur le handicap ?) Le vote du volet recettes du texte est prévu pour la semaine prochaine, le mardi 3 novembre. Au milieu de ce travail parlementaire, certains s'inquiètent pour le financement de leur secteur. C'est notamment le cas d'un collectif d'acteurs de l'insertion par l'emploi, parmi lesquels on trouve l'Union nationale des entreprises adaptées (UNEA). (Emploi & handicap: qu'est-ce qu'une entreprise adaptée (EA)?)
5 600 emplois dédiés à l'insertion menacés
Selon les estimations avancées par ces acteurs lors d'une conférence de presse qui s'est tenue le 20 octobre, au moins 5 600 emplois dédiés à l'insertion pourraient disparaître si le PLF était voté sans modifications. Pour ce qui concerne spécifiquement les entreprises adaptées, 100 emplois seraient menacés.
482 millions pour les EA
L'UNEA a de son côté publié un communiqué spécifique, dans lequel elle souligne que l'enveloppe pour les entreprises adaptées, qui s'élève à 482 millions d'euros, est à peu près stable par rapport au PLF 2026. Le texte de l'an dernier prévoyait en effet 477,8 millions d'euros en crédits de paiement (CP), c'est-à-dire la « limite supérieure des dépenses pouvant être ordonnancées ou payées pendant l'année », d'après la loi de programmation des finances publiques. Malgré cette légère augmentation, l'UNEA alerte sur le fait que ce montant reste « inférieur de 1,5 % aux crédits effectivement programmés cette année ».
25 millions de moins qu'en 2025
L'utilisation des CP est en effet répartie par les administrations en charge de chaque mission ou programme, une fois le texte final adopté. En 2026, ces « crédits effectivement programmés » atteignaient 489,26 millions d'euros d'après l'UNEA, soit 7,19 millions d'euros de moins que ce qui est inscrit dans le PLF 2027. « La stabilité entre les deux projets de budget ne signifie donc pas un maintien intégral des moyens par rapport à la programmation de l'année en cours », estime ainsi l'association professionnelle. Elle ajoute également que la somme avancée ne permet pas « de retrouver le niveau de financement inscrit dans le PLF 2025, dont l'UNEA avait demandé le rétablissement ». L'enveloppe s'élevait en effet à 507,8 millions d'euros de crédits en 2025, soit environ 25 millions de plus par rapport à ce qui prévu pour l'instant pour 2027 (PLF 2026 : coup de rabot pour les entreprises adaptées).
11,5 % de chômage
Avec 520 000 inscrits à France Travail fin 2025 et un taux de chômage de 11,5 %, les demandeurs d'emplois en situation de handicap font encore face à beaucoup d'obstacles pour accéder au monde du travail (}}}40646{{). Pour l'UNEA, ce constat montre « l'ampleur des besoins d'emploi et d'accompagnement ». L'association annonce donc « [poursuivre] sa demande de sanctuarisation du budget consacré aux Entreprises Adaptées, avec une visibilité pluriannuelle ». Elle estime que l'incertitude empêche les acteurs du secteur de pouvoir sereinement « organiser les recrutements, accompagner les salariés, investir et développer de nouvelles activités ».
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