Deux légendes du sport français, une même envie de transmettre et six jours pour faire bouger les lignes. Du 30 mars au 4 avril 2026, la Semaine olympique et paralympique (SOP) fête sa dixième édition sous le parrainage de Marie Bochet, légende du para ski alpin, et de Nikola Karabatic, monument du handball tricolore. Une édition anniversaire qui s'adresse aux jeunes, des écoles aux établissements médico-sociaux, avec une ambition : faire du sport un levier d'engagement, de transmission et d'inclusion dès le plus jeune âge.
Une semaine pour apprendre, pratiquer et rencontrer
Créé en 2017, cet évènement national s'est imposé comme un temps fort de l'éducation par le sport. Depuis 2025, il est piloté par le Comité national olympique et sportif français (CNOSF) et le Comité paralympique et sportif français (CPSF), avec une mobilisation croissante des établissements scolaires et médico-sociaux. Tout au long de cette semaine, des milliers de jeunes participent à des activités sportives, des ateliers pédagogiques et des temps d'échange avec des olympiens et paralympiens.
En janvier 2026, plus de 170 000 participants étaient déjà inscrits, avec plus de 6 700 comptes actifs sur la plateforme dédiée. Fait marquant : 89 % des projets intègrent désormais une dimension paralympique. L'édition précédente avait, elle, rassemblé plus de 700 000 élèves à travers la France, illustrant l'ancrage durable de l'événement dans les territoires.
Un déploiement pensé pour tous les publics
Pour s'inscrire ou découvrir les initiatives à proximité, rendez-vous sur la plateforme Génération 2024. Pour accompagner les porteurs de projets, de nouvelles ressources pédagogiques seront mises à disposition dans les prochaines semaines sur ce site, qui compte déjà plus de 180 contenus. Des kits adaptés à chaque niveau viendront soutenir les actions sur le terrain : stickers et gazettes pour les écoles, collèges et lycées, posters de l'équipe de France pour l'enseignement supérieur. Objectif affiché : proposer des outils concrets, accessibles et ludiques, favorisant l'implication de tous les publics, y compris en ESMS.
Trois formes d'engagement au cœur de l'édition anniversaire
Organisée quelques jours après la clôture des Jeux paralympiques de Milan-Cortina 2026 (du 6 au 15 mars), cette édition mettra à l'honneur trois piliers : l'engagement sportif, par la promotion d'une pratique régulière, l'engagement bénévole, au sein du mouvement fédéral, et l'engagement supporter, en valorisant celles et ceux qui encouragent les équipes françaises. Une manière de rappeler que le sport se vit sur le terrain, mais aussi autour et au-delà de la compétition.
Nikola Karabatic : « Planter la petite graine du sport »
Pour Nikola Karabatic, la SOP est avant tout une aventure humaine. Considéré comme l'un des plus grands joueurs de l'histoire du handball, il a remporté, avec l'équipe de France, trois médailles d'or olympiques (2008, 2012, 2021), quatre titres mondiaux et de multiples titres européens. Il a été élu à plusieurs reprises « Meilleur joueur mondial » par la Fédération internationale de handball.
« Grâce à cet événement, chacun peut contribuer à transmettre un esprit unique dans tous les établissements, se félicite-t-il dans le communiqué. Pour les participants, il s'agit d'une occasion exceptionnelle d'apprendre, de bouger, de partager et surtout de prendre du plaisir par le sport ! » Et d'ajouter auprès de l'AFP : « Tout ce côté transmission, héritage, planter la petite graine du sport chez des enfants : il n'y a pas de plus beau pouvoir ». L'ancien capitaine des Bleus insiste sur la portée éducative du sport : « Ce n'est pas juste devenir un grand champion. C'est l'école de la vie », où l'on apprend notamment la résilience et l'esprit d'équipe. Voir des jeunes se mettre au sport grâce à ces échanges reste, « la plus belle de mes récompenses », assure-t-il.
Marie Bochet : rendre visible le handicap dès l'enfance
Même engagement du côté de Marie Bochet. Surnommée la « Reine des neiges », elle possède l'un des plus grands palmarès du parasport français : 8 titres paralympiques, 22 titres mondiaux, 107 victoires en Coupe du monde et 9 globes de cristal. Porte-drapeau à PyeongChang 2018, elle a pris sa retraite sportive en 2024 mais reste très engagée dans le mouvement paralympique.
« Cette semaine est l'occasion de transmettre ce que le sport m'a apporté : la confiance, le dépassement de soi et l'esprit d'équipe », confie-t-elle dans un communiqué diffusé par le CNOSF. Auprès de l'AFP, elle insiste sur l'importance de parler du handicap tôt : « Le premier obstacle au handicap, c'est qu'on n'en parle pas suffisamment, qu'on ne le voit pas suffisamment ». Selon elle, sensibiliser les enfants est essentiel pour faire évoluer durablement les regards.
Inspirer au-delà de la performance
Pour les instances sportives, le choix de ces deux parrains s'inscrit pleinement dans l'ADN de la SOP. Amélie Oudéa-Castéra, présidente du CNOSF, salue l'engagement de Nikola Karabatic, dont le parcours « encourage les jeunes à se dépasser et à gagner en confiance par la pratique sportive ». Même constat pour le CPSF, qui voit dans le marrainage de Marie Bochet un moyen de proposer aux jeunes « un parcours inspirant » en résonance avec les valeurs olympiques et paralympiques.
Un héritage qui continue de s'écrire
Dix ans après sa création, la Semaine olympique et paralympique continue d'affirmer son rôle : faire du sport un outil de cohésion sociale et de transformation des regards. « Si je peux inspirer les jeunes, en particulier les jeunes filles et femmes, et leur donner de la force, alors j'aurai pleinement réussi mon rôle de marraine », résume Marie Bochet. Une ambition partagée par Nikola Karabatic, pour qui la SOP reste avant tout une promesse d'avenir, bien au-delà des podiums.
© CNOSF / KMSP



