La Relève : deviens l'athlète paralympique de demain

Tentés par un avenir paralympique ? La Relève lance la 7e édition de son programme national de détection de talents. Un dispositif clé pour élargir le vivier d'athlètes à potentiel, féminiser le haut niveau et préparer les Jeux de Los Angeles 2028.

• Par

« Deviens l'athlète paralympique de demain. » C'est la promesse au cœur de La Relève, qui a lancé sa septième édition le 22 janvier 2026, sous l'impulsion du Comité paralympique et sportif français (CPSF). Un programme national de détection destiné aux personnes en situation de handicap présentant un potentiel sportif, parfois sans le savoir. Dans un contexte post-Paris 2024 porteur pour le parasport français, ce dispositif entend transformer l'essai et préparer l'avenir en vue des Jeux de Los Angeles 2028. Objectif ? Élargir le vivier d'athlètes, diversifier les profils… et viser plus haut encore.

Dénicher des talents hors des sentiers battus

La Relève est née en 2019 avec une ambition forte : « identifier, conseiller et orienter des personnes en situation de handicap vers la pratique de haut niveau. » Pensé comme un complément au travail de terrain des fédérations, le programme vise à élargir le spectre de la détection et à faire émerger des talents parfois éloignés des circuits traditionnels du sport de haut niveau, en s'appuyant sur une évaluation transversale des qualités physiques, motrices et gestuelles. Ici, pas besoin d'être déjà licencié ni engagé dans une discipline précise. Seuls prérequis pour candidater : avoir 16 ans ou plus... et l'envie de se dépasser.

Paris 2024, un tournant à consolider

Après vingt ans hors du top 10 paralympique, la France a retrouvé en 2024 une place parmi les meilleures nations mondiales en se classant huitième aux Jeux paralympiques de Paris. Une progression marquante, que le CPSF relie notamment « au travail quotidien de détection des fédérations sportives, et à des programmes comme celui-ci ». Pour maintenir ce cap et préparer les prochaines échéances paralympiques, notamment les Jeux d'été de Los Angeles 2028, les actions de détection et de renouvellement des effectifs se poursuivent.

Des résultats déjà bien concrets

La Relève n'est pas une promesse abstraite. Depuis sa création, douze sportifs issus du programme ont participé aux Jeux paralympiques, parmi lesquels Abel Aber, Eléa Charvet, Pauline Déroulède ou encore Benjamin Pillerault. Deux d'entre eux ont été médaillés, et de nombreux autres ont intégré les équipes nationales et disputé leurs premières compétitions internationales. Autant de trajectoires qui témoignent de l'impact réel du dispositif sur le renouvellement du haut niveau paralympique français.

Inscription et déroulement de la journée de détection

Pour candidater, il suffit de remplir le formulaire d'inscription en ligne. Les profils retenus seront ensuite contactés par le CPSF en vue de la journée nationale de détection organisée à l'INSEP (Institut national du sport, de l'expertise et de la performance), à Paris, durant l'été 2026.

Au programme ? Après une présentation du dispositif et de l'esprit de la journée, place à l'échauffement collectif, mené en musique pendant une quinzaine de minutes. Les participants sont ensuite répartis en petits groupes de quatre à cinq personnes et enchaînent une série d'ateliers, renouvelés toutes les dix minutes environ. Vitesse et accélération sur 20 mètres, exercices d'équilibre et de coordination, lancer de médecine ball en position assise pour évaluer la force du membre supérieur, travail de détente et d'enchaînement de tirs, isométrie et gainage, tests de vitesse d'exécution gestuelle et de frappes alternées : chaque épreuve vise à révéler des qualités transférables vers différentes disciplines. Pour celles et ceux qui en ont la capacité, la journée se conclut par un test d'endurance à allure progressive, d'une durée de 10 à 15 minutes.

Des rencontres décisives avec le haut niveau

Au-delà des performances physiques, La Relève mise aussi sur la rencontre. En fin de journée, les candidats peuvent échanger avec d'anciens champions paralympiques ou des participants au programme sur le déroulement de ces journées et sur l'exigence du sport de haut niveau. Les fédérations présentes orientent ensuite certains profils vers les disciplines correspondant le mieux à leurs qualités et à leurs envies, à travers des entretiens individualisés. Des échanges souvent déterminants dans la suite des parcours sportifs.

Une journée qui peut tout changer

Pour celles et ceux qui ont franchi le pas, l'expérience marque souvent un tournant. « La force de ce programme c'est qu'il est fait pour tout le monde, il faut juste être un peu motivé et avoir un objectif », confie Heidi Gaugain, candidate à Paris. Même écho du côté de Pauline Déroulède, aujourd'hui numéro 1 française en tennis fauteuil : « N'hésitez pas ! Soyez curieux et allez jusqu'au bout. En une journée, j'ai complètement changé d'orientation et depuis La Relève je vis une vie de sportive de haut niveau. »

Féminiser la pratique, un enjeu prioritaire

Autre enjeu majeur de l'édition 2026 : la féminisation du parasport. En 2024, les athlètes féminines ne représentaient que 35 % de la délégation française aux Paralympiques. Un déséquilibre qui renvoie à une réalité plus large : les personnes en situation de handicap pratiquent globalement moins de sport que la population générale. Malgré les avancées réglementaires, l'accessibilité des équipements reste inégale, l'offre sportive inclusive demeure insuffisamment répartie sur le territoire et l'éloignement géographique constitue un obstacle majeur (Handicap : des freins persistants dans l'accès au sport). En moyenne, une personne handicapée doit parcourir près de 50 kilomètres pour trouver un club réellement inclusif. À cela s'ajoutent des difficultés de transport, un manque d'information sur les structures existantes, mais aussi une autocensure persistante, nourrie par la crainte du regard des autres ou le sentiment de ne pas être à sa place dans un environnement sportif encore peu adapté.

Pour les femmes en situation de handicap, les obstacles se cumulent. Moins encouragées à la pratique sportive dès l'enfance, plus exposées aux stéréotypes de genre et au regard porté sur leur corps, elles souffrent d'un manque criant de modèles féminins visibles dans le parasport (MA Le Fur : "Femmes handicapées, faites du sport, go !"). Cette double invisibilisation, à la croisée du handicap et du genre, renforce l'isolement et limite l'engagement sportif. C'est précisément pour répondre à ces inégalités que le CPSF dresse un état des lieux de la pratique sportive des athlètes de haut niveau et présente son « plan d'actions pour féminiser la pratique sportive », en loisir comme en haute performance, ce 24 janvier, à l'occasion de la Journée internationale du sport féminin.

Le sport comme levier d'émancipation

Au-delà de la performance et des podiums, La Relève rappelle combien le sport peut être un formidable levier d'émancipation, a fortiori pour les personnes en situation de handicap. Santé, autonomie, confiance en soi, lien social : les bénéfices sont multiples, qu'il s'agisse d'une pratique de loisir ou d'un engagement vers le haut niveau. Pour certains, ce programme sera un tremplin vers une carrière paralympique. Pour d'autres, le point de départ d'un parcours sportif durable. Dans tous les cas, une invitation à oser, à se révéler… et à tracer son propre chemin.

Pour connaître en détails les enjeux de ce programme, découvrez notre interview de Jean Minier, directeur des sports, qui coordonne le programme depuis sa création : La Relève : sportifs handicapés, entrez dans la compétition!.

© La Relève / CPSF

Athlète en fauteuil et slogan "Trace ton chemin vers les Jeux paralympiques".
Partager sur :
  • LinkedIn
  • Facebook
  • Blue sky
  • Twitter
"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Cassandre Rogeret, journaliste Handicap.fr"
Commentaires0 Réagissez à cet article

Thèmes :

Rappel :

  • Merci de bien vouloir éviter les messages diffamatoires, insultants, tendancieux...
  • Pour les questions personnelles générales, prenez contact avec nos assistants
  • Avant d'être affiché, votre message devra être validé via un mail que vous recevrez.