Vente à domicile : une opportunité en cas de handicap ?

Vendeur à domicile, pourquoi pas ? Une étude révèle que 2 000 travailleurs handicapés ont opté pour cette activité. De l'aveu de la fédération du secteur : " Peut mieux faire " ! Voici quelques pistes...

1 octobre 2014 • Par Handicap.fr / Emmanuelle Dal'Secco

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Lingerie, bougies, ustensiles de cuisine, tous vendus à domicile. Les fameuses « réunions » entre copines ! Un concept qui, au fil des décennies, ne s'est jamais émoussé. Peut-il pour autant offrir des opportunités aux personnes handicapées en recherche d'emploi ? On les appelle les VDI (Vendeur à domicile indépendant). Sur près de 250 000 vendeurs en France en 2011 (contre seulement 70 000 en 1995), on estime qu'entre 1 500 et 2 000 sont reconnus handicapés. Une tendance à la hausse !

39 000 chercheurs d'emploi dans la vente

Le ratio reste, certes, très inférieur au taux de 6 % d'emploi de travailleurs handicapés préconisé dans les entreprises mais c'est une piste professionnelle qui mérite tout de même d'être explorée, a fortiori dans un contexte où leur taux de chômage reste deux fois plus important que dans le reste de la population. On estime que 39 524 demandeurs d'emploi handicapés recherchent un emploi dans le commerce, la vente et la grande distribution.

Un métier accessible à tous ?

En 2013, pour analyser ces forces vives, la Fédération de la vente directe (FDV) a donc mené une étude qui, de son aveu, s'avère « très positive sur l'emploi des personnes handicapées dans ce domaine. » Elle révèle que ce secteur, porteur d'emplois, peut constituer une opportunité pour elles et s'adapter à leurs besoins et contraintes. 83% des animateurs interrogés considèrent en effet que les métiers de la vente directe sont accessibles à tous quels que soient l'âge, le diplôme ou l'expérience professionnelle. Les exigences portent avant tout sur la motivation des vendeurs, leur savoir-être, leur personnalité et l'intérêt qu'elles portent au produit.

Estelle, sourde, conseillère en cosmétique

Estelle, 40 ans, conseillère en cosmétique, a démarré son activité il y a 8 ans via un parrainage. « Atteinte de surdité, j'ai connu des débuts difficiles. Il était très pénible pour moi de suivre les conversations soit en réunion, soit en conférence ou en formation. J'ai ensuite proposé à des personnes sourdes d'exercer cette activité. Nous sommes aujourd'hui nombreux à nous battre au quotidien pour surmonter cette situation de handicap. J'ai beaucoup évolué grâce à ma motivation et à mon envie parce que la vente directe est un métier riche et passionnant."

Une activité à temps partiel

« La FDV favorise l'insertion professionnelle des publics qui en sont le plus éloignés, tels que les bénéficiaires de minima sociaux, les chômeurs de longue durée, les jeunes, les seniors et les personnes en situation de handicap, explique Jacques Cosnefroy, son délégué général ». Une option à temps partiel pour tous ceux qui rencontrent des difficultés pour travailler à temps plein en raison de problèmes de santé ou d'un handicap ? L'un de ces VDI de témoigner : « C'est encore la seule activité compatible avec ma maladie. Mais tout de même difficile pour obtenir un revenu correct vu les objectifs à atteindre ! ». Pour d'autres, ce mode de travail permet d'éviter la solitude et l'isolement psychologique, physique et financier. Pour 73% des animateurs interrogés, leur situation de handicap n'a pas d'impact sur les résultats.

Frein majeur : l'accessibilité !

Alors que l'animation d'une réunion ne semble pas poser de problème, c'est une fois encore l'accessibilité qui constitue le frein majeur : déplacements, livraisons et participations aux réunions. Seulement un tiers des distributeurs interrogés disent disposer d'aménagements spécifiques principalement l'aide à la manutention et au port de charge. Accessibilité au sens large… Selon Estelle, « une interprète en LSF (langue des signes française) nous serait d'une aide précieuse pour suivre les animations et les formations de l'entreprise. » Fort de ce constat, la fédération envisage plusieurs mesures pour permettre une meilleure inclusion des travailleurs handicapés, en développant des outils de formation dédiés, en leur proposant un accompagnement renforcé et en mutualisant les bonnes pratiques. Ouvrir les « portes », au propre comme au figuré…

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"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Emmanuelle Dal'Secco, journaliste Handicap.fr"

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