Kaboul, des basketteuses en fauteuil oublient la guerre

Résumé : Mines, éclats de mortiers, polio, les jeunes basketteuses afghanes en fauteuil roulant portent les stigmates de 35 années de conflit mais refusent de se poser en victimes. Aujourd'hui encore, le sol afghan est l'un des plus minés au monde.

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Les fauteuils tournent dans tous les sens sur le terrain et les supporteurs applaudissent à tout rompre lorsque le ballon atteint le panier : c'était le 29 octobre 2014 à Kaboul la finale du troisième tournoi annuel de basketball féminin handicapé organisé par le Comité international de la Croix rouge (CICR). Après 40 minutes de jeu, Mazar-e-Sharif remporte le titre sur Kaboul par 26 à 9, mais pour beaucoup de ces athlètes, être sur le terrain représente une grande victoire contre l'adversité.

Azima, frappée par un tir de mortier

Amiza Ahmadi n'avait que six ans lorsque sa maison a été frappée par un tir de mortier des talibans qui ont pris la capitale en 1996. Le projectile a envoyé un éclat dans sa jambe gauche, déchirant ses nerfs et paralysant son pied de façon irréversible. Azima a dû renoncer à son rêve de jouer au football, mais le basketball lui a rendu toute sa motivation et son instinct compétitif. «Mon message est que les handicapés ne doivent pas se sentir défavorisés. Quels que soient vos objectifs dans la vie, battez-vous pour les atteindre», explique la jeune femme de 23 ans arborant le maillot rose de l'équipe de Kaboul et un foulard noir sur les cheveux. «Mon rêve est d'aller jouer dans des pays européens comme l'Italie, l'Allemagne et la France», explique-t-elle souriante.

Mariam, victime d'un projectile

Mariam Samimi, de l'équipe gagnante, avait six ans elle aussi lorsqu'elle marché sur un projectile non-explosé dans sa province de Balkh au nord du pays. Ses doigts de pied ont été arrachés. C'était en 1996 et au coeur de la guerre civile afghane, peu de structures de soins étaient alors disponibles pour ce genre de blessures. La jeune femme de 23 ans, aujourd'hui travailleuse sociale et athlète accomplie, a aussi un message à faire passer: «Ne vous découragez pas, et ne dites pas "je ne suis pas capable", ayez confiance tout le temps», dit-elle.

Kamila, atteinte de polio

Pendant les années noires, les services de santé afghans n'étaient pas mieux équipés pour lutter contre la polio. Kamila Rahimi, 19 ans, de Mazar-e-Sharif également, n'a pas pu marcher depuis qu'elle est enfant à cause de la maladie. Sur le court, elle oublie son handicap. «Je me sens heureuse de jouer au basket, parce que j'aime être avec mes équipières. Quand je ris, elles rient avec moi, et quand je pleure, elles pleurent avec moi», assure-t-elle. Les meilleures joueuses de ce tournoi de deux jours, auquel participait aussi l'équipe de Hérat (ouest), seront sélectionnées pour l'équipe nationale afghane, a expliqué à l'AFP Alberto Cairo, responsable du programme orthopédique du CICR en Afghanistan.

Sol afghan, l'un des plus minés au monde

L'Afghanistan vit la guerre au quotidien depuis l'invasion soviétique en 1979, visant à maintenir le pays dans le giron communiste, en pleine guerre froide. Après le départ de l'armée rouge et une guerre civile dévastatrice, les talibans ont pris le pouvoir en 1996, avant d'être chassés en 2001 par une coalition internationale menée par les Américains. Le sol afghan est aujourd'hui l'un des plus minés au monde. Des dizaines de personnes y sont tuées ou mutilées chaque mois. La situation reste volatile aujourd'hui, au moment où les forces de l'Otan s'apprêtent à quitter le pays d'ici à fin décembre 2014, en laissant derrière elles un contingent résiduel d'environ 12 500 hommes chargés du soutien et de la formation de l'armée afghane.

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