Troubles dys : la HAS veut améliorer la prise en charge

Résumé : 8 % des enfants concernés par les troubles dys ? La Haute autorité de la santé se mobilise et publie pour la première fois un " guide parcours de santé " que les ARS pourront déployer au bénéfice des patients.

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Les troubles dys concerneraient près de 8% des enfants d'âge scolaire. Ils sont les conséquences d'anomalies dans le développement cognitif de l'enfant et recouvrent des situations très diverses qui affectent une ou plusieurs fonctions.

Un nouveau guide

Ces troubles du langage et des apprentissages sont multiples : dyslexie (difficulté à identifier les mots qui entrave la lecture), dysphasie (langage), dyspraxie (développement moteur et écriture) ou troubles d'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH). Ils ne s'expliquent pas par une pathologie, et le nombre de personnes concernées est difficile à évaluer. Améliorer la détection et la prise en charge des troubles dys chez les enfants, tel est donc l'objectif d'un guide édité par la Haute autorité de santé (HAS), qui appelle à graduer le traitement (téléchargement en lien ci-dessous). "Des progrès sont à réaliser concernant notamment la mise en place effective d'un parcours de santé coordonné, fluide et centré sur les besoins de l'enfant", écrit la HAS dans ce "guide parcours santé" publié pour la première fois le 31 janvier 2018.

2 niveaux pour le moment

Elle préconise "l'organisation du parcours de santé en trois niveaux" selon "la sévérité ou la complexité des troubles", afin "qu'il soit adapté à la spécificité de chacun des enfants et d'une qualité homogène sur l'ensemble du territoire". Le premier niveau "concerne les situations les plus simples et mobilise peu d'acteurs" (généralistes, pédiatres, médecins scolaires, rééducateurs...). Le troisième niveau concerne les cas les plus complexes, pour qui "l'impact défavorable sur la vie scolaire et les actes de la vie quotidienne reste majeur malgré la rééducation". Ce niveau dépend des centres de référence des troubles spécifiques du langage et des apprentissages (CRTLA), attachés à des équipes hospitalières universitaires.

Vers un 2ème niveau intermédiaire

Ces deux niveaux existent déjà. La HAS veut créer un niveau intermédiaire, qui n'est présent que par endroits. Le but : désengorger les CRTLA, souvent saturés, en leur permettant de se consacrer aux cas les plus graves. Ce deuxième niveau "peut être un second recours en cas d'échec du premier" (difficulté diagnostique, persistance des troubles malgré une première prise en charge). Ce niveau intermédiaire mobilise "des équipes pluridisciplinaires spécialisées" chargées de suivre l'enfant : médecins experts de ces troubles, psychologues spécialisés, orthophonistes, psychomotriciens...

Parents, acteurs majeurs

Dans ce guide, la HAS préconise en outre "le développement de la formation des professionnels aux troubles dys (soignants comme enseignants)". Elle sollicite les ARS qui doivent notamment mettre à disposition des listes à jour des ressources par territoire et déployer des systèmes d'information facilitant les échanges entre professionnels de santé. Elle rappelle également qu'il est "essentiel de porter une attention particulière aux populations socialement vulnérables dans lesquelles les difficultés scolaires sont plus fréquentes et pour qui les inégalités d'accès aux personnels spécialisés de l'éducation nationale et aux soins sont plus sensibles". Enfin, elle assure que "les enfants et leurs parents sont des acteurs majeurs du parcours de santé". A ce titre, ils doivent être régulièrement informés et associés aux décisions d'ordre pédagogique ou thérapeutique afin de garantir une prise en charge personnalisée prenant en compte leurs besoins et leurs attentes.

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"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Emmanuelle Dal'Secco, journaliste Handicap.fr"


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Le 10-02-2018 par isolina54 :
Pieuses annonces:quels effets? Mon fils est dyslexique, dysgraphique, dysorthographique et bénéficie d'un PAP en théorie. Réponse du collège "avec 30 élèves dans la classe, on ne peut pas faire des adaptations". Résultat, notre fils est maintenant scolarisé à plus de 100 km de chez nous. Quant à la prise en charge pluridisciplinaire mentionnée par la HAS (psychologue, etc), c'est bien joli mais qui paie? Les "populations socialement vulnérables" sont très bien prises en charge notamment avec un accès gratuit et illimité aux CMP alors que les gens modestes comme nous sont refoulés et doivent aller consulter dans le privé. N'oublions pas que les psychologues, ergothérapeutes, graphothérapeutes ne sont pas remboursés par la sécurité sociale malgré une reconnaissance d'enfant handicapés (mais inférieur à 50%) par la MDPH. Quand on a de faibles revenus, c'est très difficile de payer les professionnels nécessaires, de même pour les frais de transports pour emmener notre fils

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