Aide à domicile : des milliers d'emplois non pourvus

Résumé : 20 000 offres d'emploi en Ile-de-France ne trouvent pas preneurs dans l'aide à domicile ! Conditions de travail difficiles, manque de formation, salaires précaires... Serait-il temps de repenser le statut d'aidant professionnel ?

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Les chiffres du chômage s'annoncent encore une fois mauvais ! Et pourtant, il est bon nombre de secteurs qui peinent à recruter. C'est notamment le cas des services à la personne. On estime à 20 000, rien qu'en Ile-de-France, le nombre d'offres d'emploi non pourvues ! Peut-être 300 000 dans toute la France ! C'est en tout cas l'estimation de Pierre-Yves Chamla, fondateur de Bien à la Maison, société privée d'aide et de maintien à domicile, créée en 2006, et qui compte aujourd'hui 1 450 salariés. Il dénonce un manque de professionnalisme des aidants professionnels, un manque de qualité dans l'accompagnement des personnes en situation de dépendance et surtout l'inertie des pouvoirs publics dans ce domaine. A ce titre, il souhaite placer cette problématique dans la sphère publique et demande au gouvernement de traiter ce sujet avec tout le sérieux requis. A quand un peu plus de transparence sur la dépendance ?

Problème majeur : des aidants non qualifiés
Force est de constater que l'aide à domicile pour les personnes dépendantes s'est fortement développée ces dernières années. Dès lors, la professionnalisation du secteur et le niveau de qualification des aidants professionnels sont devenus un impératif incontournable. « Notre problème n'est pas de trouver des clients mais du personnel pour honorer nos prestations, explique Pierre-Yves Chamla. Cette pénurie dramatique s'explique avant tout par un manque d'auxiliaires qualifiés. » Il réclame donc des mesures urgentes pour que les familles responsables de personnes dépendantes puissent accéder à des solutions de qualité qui passent par la formation et la valorisation des aidants professionnels. D'autant que la confusion entre aidants familiaux et les professionnels commencent à s'installer...

5 mesures indispensables

1. Une politique salariale favorisant l'obtention d'un CDI
Nombre d'entreprises jouent sur la flexibilité pour pouvoir rester compétitives, ce qui entraîne de nombreux emplois précaires (intérim ou CDD). Difficile d'être embauché en CDI ! Pourtant, certaines sociétés ont su s'organiser. En 2012, par exemple, Bien à la Maison a recruté 88 employés administratifs et 954 aidants-professionnels, à 95% en CDI.

2. Des plannings prenant en compte les disponibilités du personnel
Les aidants professionnels sont, dans la plupart des cas, des femmes, souvent mères de famille, vivant seules, avec un emploi du temps haché. Il convient donc d'adapter leur emploi du temps à ces contraintes. Lorsqu'un candidat postule, il fait part de ses disponibilités ; le coordinateur fait alors en sorte d'établir son planning en conséquence.

3. Des rémunérations graduées et évolutives
L'attractivité de ce métier passionnant et difficile passe par une motivation salariale adaptée aux contraintes du secteur et au profil du salarié, par exemple selon une grille de salaire à l'embauche qui tient compte de son expérience et de son diplôme. Néanmoins, une revalorisation annuelle peut être proposée, tout comme la distribution de primes aux employés méritants. Bien à la Maison a, par ailleurs, sectorisé ses intervenants afin de limiter leurs déplacements et donc de diminuer les dépenses allouées au transport.

4. Un soutien aux conditions de travail
Les aidants professionnels sont sans cesse confrontés à la maladie, à la fin de la vie et à la souffrance des personnes dépendantes. Métier difficile, aussi bien moralement que physiquement ! Cette profession est souvent sous-estimée et dévalorisée. Il convient donc d'accompagner les aidants professionnels avec des outils adaptés et des espaces d'expression et de concertation.

5. Des perspectives d'évolution de carrière
Le Diplôme d'auxiliaire de vie (DEAVS) peut être passé en formation simple mais également obtenu suite à une Validation des acquis de l'expérience (VAE) pour les personnes ayant au minimum 3 ans d'expérience dans le domaine. Les diplômés du DEAVS ont une rémunération supérieure aux salariés sans diplôme. Le DEAVS ouvre davantage de portes et est gage du savoir-faire de l'intervenant. Pourquoi ne pas exiger un diplôme ou une formation systématiquement lors de l'embauche ?

24 millions en 2060...
« Notre but est de mener des actions pour aider chaque personne à conserver son autonomie, conclut Pierre-Yves Chamla. Cela permet d'éviter l'institution (maison de retraite, maison médicalisée) trop tôt. Mais s'occuper d'une personne dépendante requiert autant de compétences techniques qu'humaines. Sens de la relation, empathie et patience sont les principales qualités exigées.». C'est pourquoi Bien à la Maison impose aux candidats une sélection très stricte : trois ans d'expérience minimum, un test d'évaluation écrit et un entretien individuel, des références scrupuleusement vérifiées, des tests sur plusieurs remplacements et un casier judiciaire vierge de moins de trois mois.
En 2010, on comptait 14,4 millions de personnes de plus de 60 ans en France métropolitaine et, selon les projections de l'INSEE, elles seront près de 24 millions en 2060. Il devient donc nécessaire et urgent de former ceux qui les aideront à rester autonomes, chez eux...

« Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr.Toutes les informations reproduites sur cette page sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par Handicap.fr. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, sans accord. Cet article a été rédigé par Emmanuelle Dal'Secco, journaliste Handicap.fr »

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Commentaires

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Le 03-07-2014 par DEVILLERS :
J'ai une sclérose en plaques le ménage devient de plus en plus dur je me dbroille encore pour la toilette mais j'ai demandé une douche séduisée avec une aid financière.lE PRINCIPAL POUR MOIS C'EST LE MENAGE MAIS QU4EN JE PENSE QUE POUR UN MOIS A RAISON DE DEUX HEURES A¨PAR SEMAINE IL FAUT QUE JE DEBOURSE 207,6€. C'est impossible avec la pension d'invalidité que j'ai.

Le 13-09-2015 par gad'z :
ayant accompagné mon mari touché par une SEP depuis 13 ans ( évolutive +++)avec une aide très compétente pdt 3 ans (elle est aide-soignante )...a partir du moment ou il a fallu faire appel à des AVS pour compléter l'aide car mon mari ne marchait plus et avait perdu son autonomie des fonctions naturelles ce fut une catastrophe ( personnes incompétentes face au handicap)8 personnes différentes en 8 mois!!ensuite malheureusement je lui ai imposé la structure collective et depuis je suis en dépression sévère !!!Pourtant je suis infirmière de formation et je pensais pouvoir l'assumer plus longtemps à la maison : il n'a que 64 ans et la prise en charge en structure n'est pas top : une douche par semaine , souvent je le trouve non rasé , des vêtements , peu d'activités adaptées . quelle tristesse pour lui et pour nous .

Le 25-10-2015 par AUFFRETmariechristine :
Dans ce métier d advf il y a beaucoup de remaniements à faire car au jour d hui tout est mélangé en plus trop de charges aux employeurs donc trop de frais pour eux donc moins de travail pour nous advf...bien dommage car c est métier humains....

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