Sortir de l'allocation adultes handicapés, plus difficile que sortir du RMI

Résumé : La durée des minima sociaux (RMI, ASS...) varie beaucoup d'un dispositif à l'autre, les bénéficiaires de l'allocation adultes handicapés (AAH) ayant plus de mal que les autres à retrouver un emploi, tandis que 49% des RMistes ne le sont pas plus de

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Par Cécile AZZARO

PARIS, 10 nov 2006 (AFP) - La durée des minima sociaux (RMI, ASS, etc) varie beaucoup d'un dispositif à l'autre, les bénéficiaires de l'allocation adultes handicapés (AAH) ayant plus de mal que les autres à retrouver un emploi, tandis que 49% des RMistes ne le sont pas plus de trois ans, selon une étude.
Fin 2005, la France comptait 3,5 millions d'allocataires de minima sociaux, dont 2,7 millions pour les 4 principaux dispositifs: l'allocation parent isolé (API), le revenu minimum d'insertion (RMI), l'allocation spécifique de solidarité (ASS) et l'allocation adultes handicapés (AAH).
Les bénéficiaires de ces minima se renouvellent chaque année, mais de manière différente selon le dispositif, souligne une étude de la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees): à plus de 40% pour l'API, à environ 30% pour le RMI et l'ASS, mais seulement à 10% pour l'AAH.
Au bout de trois ans (étude portant de 2002 à 2005), les trois quarts des entrants à l'AAH (77%) sont toujours bénéficiaires du dispositif, précise l'étude.
Ces faibles taux sont liés à la durée pour laquelle l'AAH est accordée (de plus de trois ans à plus de 5 ans), mais surtout aux difficultés d'insertion et de retour sur le marché du travail des personnes handicapées.
A l'inverse, le taux de rotation important de l'API, qui s'adresse à un parent isolé, s'explique par la durée limitée du dispositif (3 ans au maximum). Et si environ 40% des personnes quittent l'API de façon anticipée, en raison d'un retour à l'emploi, d'une pension alimentaire ou d'une remise en couple, plus de quatre allocataires sur 10 sortent de ce dispositif au bout de
3 ans pour basculer vers le RMI.
"La sortie d'un dispositif ne correspond pas forcement à une amélioration significative de la situation financière des bénéficiaires", souligne la Drees. "Il existe des flux importants de passages d'un minimum social à l'autre".
Parmi les RMistes, 23% des entrants, souvent les plus jeunes et les plus proches du marché du travail, quittent le système au bout d'un an, sans y revenir. Ils ont le plus recours à "l'intéressement" (qui permet temporairement de cumuler un revenu d'activité et le RMI).
Au bout de 3 ans, le taux de RMistes ayant quitté le dispositif atteint 49%. Mais 12% d'entre eux connaissent des trajectoires d'allers-retours, alternant régulièrement chômage et travail.
Les 41% de bénéficiaires n'ayant jamais quitté le RMI pendant trois ans, sont les plus éloignées du marché du travail, cumulant plusieurs difficultés:
impossibilité à faire garder leurs enfants, problèmes de santé, manque de formation, découragement.
Enfin, 56% des allocataires de l'ASS (pour les chômeurs de longue durée ayant eu au moins 5 ans d'activités sur les 10 dernières années) sont sortis du dispositif au bout de 3 ans, tandis que 38% la perçoivent encore, et 6% ont basculé vers un autre minimum social, le RMI notamment.

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