Tant pis, je balance!

Résumé : Je dois avoir l'esprit mal tourné, ou alors c'est le hasard... Mais trop souvent, lorsque je croise des groupes de personnes handicapées qui sortent de leur établissement pour profiter des vacances, je suis révolté.

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Un exemple? À Pâques, alors qu'il faisait très chaud, j'ai vu une quinzaine de jeunes polyhandicapés, venus d'une maison d'accueil spécialisée, installés sur la plage comme seule activité pendant que les accompagnateurs s'éclataient à jouer au volley. Ils avaient pensé à la balle et au filet pour eux, mais pas aux parasols pour ceux qui ont passé leur journée à cuire au soleil. Quinze jours de ce régime, c'est organisé pour le plaisir de qui?

Il se trouve que je connais très bien, et de l'intérieur, les mécanismes en cause. En été, la direction de l'établissement a beaucoup à faire: préparation de la rentrée, arrivées et sorties, plannings des personnels. Le mieux est d'envoyer tout le monde au vert. Cependant, mettre en place un séjour, même basique, demande du travail aux équipes. Alors on ne va pas, en plus, s'occuper de réfléchir à des activités adaptées, intéressantes, voire plaisantes pour les jeunes... Est-ce que je dois dire également que le choix d'une destination tient compte, outre de la nécessaire accessibilité des plages, de la qualité de la vie et des loisirs nocturnes pour les accompagnateurs? Et comme les équipes ont pris leurs marques, on ne change rien d'une fois sur l'autre. Combien d'IME proposent la même plage atlantique depuis dix ans? Ils sont sans doute aussi nombreux que ceux qui, pendant l'année, emmènent invariablement les internes toutes les deux semaines dans le même restaurant, en guise d'ouverture au monde...

Manque de moyens, formation insuffisante des équipes en matière d'organisation, réglementation de plus en plus tatillonne: tout cela est réel. Mais rien ne saurait résister à l'imagination. La preuve ? Dans les séjours de loisirs « ordinaires » ouverts aux jeunes handicapés, les animateurs, qui ne sont pourtant pas des spécialistes du handicap, se débrouillent souvent très bien pour faire participer chacun des inscrits.

Un espoir dans ce tableau si noir? Il y en a un: les parents les plus jeunes qui ne se sentent pas éternellement redevables à l'établissement et qui demandent des comptes. Combien de personnel pour encadrer? Quelles sont les activités proposées? Combien d'heures sont occupées dans la journée? Qui surveille la nuit? Ces familles ont l'exigence minimale qui semble tout à fait naturelle lorsqu'il s'agit d'un séjour « ordinaire » avec des enfants « normaux ». Un aiguillon indispensable pour faire bouger les choses.

Sarah Dubois, d'après le récit d'Étienne B., éducateur sportif en Aquitaine.

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