Avec Rumba, le handicap entre dans la danse

Résumé : Encore un film qui tisse sa toile autour du thème du handicap. Rumba est à l'affiche depuis le 10 septembre. Un film drôle, poétique, décalé où deux héros esquintés se laissent porter par l'envie de vivre.

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Rumba parle de tout sauf du handicap. Il parle de poésie, d'amour, de naïveté, de joie, de peine... Mais jamais de handicap. Et pourtant sur cet écran très kitch, très colorisé, se tisse une histoire insolite et banale à la fois : deux héros, deux amoureux, plutôt gentils, jamais méchants qui, à la suite d'un accident de voiture, perdent en partie leur autonomie. Lui devient amnésique ; elle est amputée d'une jambe. Mais ces deux éclopés drôles et fringants vont malgré tout continuer à vivre, avec une naïveté touchante. Une fois n'est pas coutume, le handicap est abordé sans compassion. On rit de bon cœur de cette déferlante de situations loufoques, notamment lorsque Fiona reçoit sa prothèse couleur ébène et l'enfile sans se poser davantage de question, ou encore lorsqu'elle y met le feu en voulant se réchauffer les pieds au feu de bois...

Cruauté et poésie
Charlie Chaplin, est passé par là. Les clowns du cinéma muet y ont déposé quelques secrets. Avec ses deux béquilles, l'institutrice, voulant garder son entière autonomie et refusant l'aide de ses élèves, se lance dans une danse chaotique pour conserver son équilibre et finit pas passer par la fenêtre. D'autre pourraient prétendre que traiter le handicap avec autant de légèreté est indécent mais il faut voir dans ce récit une fable décalée, comme un rêve qui se joue de la plus douloureuse des réalités. « Le destin cruel et malicieux qui s'acharne à faire trébucher nos héros dérisoires, explique les auteurs, révèle le côté insubmersible de l'être humain, son optimisme sans cesse renouvelé, son espoir inépuisable. Que reste-il quand on perd tout ce qui fait notre bonheur ? Pour nos personnages au bout du voyage ce qu'il reste, c'est l'amour, égratigné, fragile, mais bien vivant. »

Rire de tout
Comment jeter l'opprobre sur cette « comédie très musicale » qui trouve dans le handicap son inspiration, son énergie, sa dérision ? « Nous recherchons le rire, mais pas n'importe quel rire, pas un rire qui naît de la moquerie ou de la parodie, mais un rire de complicité avec nos personnages, un rire d'empathie, d'identification. » A l'heure où le CSA (Conseil supérieur de l'audiovisuel) s'indigne, à juste titre, de l'absence de représentation des personnes handicapées à la télé ou dans les fictions, Rumba rend le plus efficace des hommages à tous ceux qui sont touchés par la différence. Il permet surtout de rire d'un sujet longtemps tabou sur lequel s'acharnent, à tort, la peur, la pitié et la compassion. Un bel éclat de bonheur pour convaincre l'Homme a la force de surmonter toutes les adversités... et que le rire est bien le propre de l'Humanité.
L'histoire Fiona et Dom sont instituteurs dans une école de campagne. Ils partagent une passion pour la danse latino et sont très amoureux. Les week-ends, ils écument les concours de danse régionaux. Leur maison regorge de trophées. Une nuit, de retour d'un concours, ils tentent d'éviter un suicidaire maladroit, planté au milieu de la route. Leur voiture s'écrase contre un mur. Et leur vie bascule...

En salle
Rumba
Réalisé par et avec Dominique Abel, Fiona Gordon et Bruno Romy
Comédie, 1h17
En salle depuis le 10 septembre

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