Semaine pour l'emploi : une inauguration en grandes pompes !

Résumé : La quinzième Semaine pour l'emploi des personnes handicapées initiée par L'ADAPT s'est ouverte lundi 14 novembre 2011 par un grand colloque. Présidents et ministres se sont pressés sur l'estrade. Pour tous, une même ambition...

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Cité des Sciences et de l'industrie de Paris. Lundi 14 novembre 2011, 9h. Décor monumental et futuriste, à l'image du sujet dont on s'apprête à débattre ? Ils sont en effet venus en nombre, à l'invitation de L'ADAPT, pour inaugurer cette quinzième Semaine pour l'emploi des personnes handicapées, lors d'un colloque sur le thème « Emploi et handicap : question d'une seule semaine ? ». Une édition anniversaire qui donnait un peu d'éclat.

Représentants de grandes entreprises partenaires ou présidents d'associations, « tous amis de L'ADAPT » selon Emmanuel Constans, son président, ainsi que deux ministres étaient donc conviés à cette célébration. Une ambition commune : convaincre les entreprises d'embaucher des personnes handicapées pour leurs compétences, et plus largement faire progresser la perception que nos compatriotes ont d'elles. Des mots circulent, de grandes et belles idées. Dignité, éthique, valeur, innovation, différence, citoyenneté... Une fin qui justifie apparemment tous les moyens.

C'est en tout cas ce que semble penser Marie-Anne Montchamp, secrétaire d'Etat aux personnes handicapées : « On n'a pas le choix. L'emploi des personnes handicapées est une politique prioritaire, et il faut se donner tous les moyens d'y parvenir, même par la coercition ! La discrimination positive, même si elle n'est pas glorieuse, porte ses fruits. Il est bon de se redire, chaque année, ce sens de l'histoire. Nous devons être engagés ». « Engagés », c'est justement le slogan de cette édition 2011. Des badges multicolores ont été édités pour l'occasion.

Le MEDEF se révolte

Deux tables rondes ont permis d'aborder deux questions, choisies entre toutes : « Comment les associations engagées auprès des personnes handicapées se mobilisent-elles sur le terrain depuis 15 ans ? » et « « Comment les politiques de l'emploi et de la formation peuvent-elles favoriser l'emploi des personnes handicapées ? ». Ils sont venus, ils sont tous là. Jean-Marie Barbier de l'APF, le verbe toujours incisif. Arnaud de Brocca, de la FNATH, un tantinet pessimiste. Jean-Marie Faure de l'Agefiph, plutôt encourageant... On peut remarquer que ces tables rondes ont un format un peu trop linéaire. Une dizaine d'intervenants sur l'estrade, s'exprimant chacun son tour, présentant les actions de son association, défendant leur pré carré, sans qu'un véritable échange ne s'engage. Malvoyants, handicapés psychiques, malentendants... Tous soutiennent évidemment le même point de vue, partagent les mêmes objectifs. Difficile alors pour le débat de s'immiscer dans cette telle unanimité !  L'intervention de monsieur Allart de Hees met du piment dans cette assemblée fraternisée. Représentant du MEDEF de l'Est parisien, il se fait la voix du patronat. Et sans vouloir en découdre pour autant avec les masses laborieuses, il scande « il y a des propos qui me font bondir. Certaines grandes entreprises engagent des actions remarquables. Il n'y a aucune raison que la question de l'emploi de travailleurs handicapés ne repose que sur les employeurs. Où sont les représentants de Pôle emploi, où sont ceux de l'Education nationale ? Doit-on se contenter d'un discours convenu le temps d'une journée et de 364 jours sans rien ? ».

Au diable les idées reçues !

Néanmoins tous s'entendent sur un point : il est bien loin le temps de ces images d'Epinal où il était inconcevable qu'emploi et handicap puissent cohabiter. Selon Eric Blanchet, « la personne handicapée a longtemps été considérée comme un assisté et non comme un partenaire économique actif. Alors jouons ce rôle de passeur et permettons à deux mondes éloignés de créer des liens ! ». « Pas un one shoot, selon Marie-Anne Montchamp, mais une véritable dynamique ! » Et cet élan se confirme : 49 % des entreprises soumises à l'obligation d'embauche de travailleurs handicapés ont déjà atteint l'objectif de 6%. « Je ne suis pas certaine qu'en 2005, lors de la promulgation de la loi handicap, nous avions la certitude d'atteindre cet objectif, poursuit-elle. Ces chiffres relèvent de l'implication de l'ensemble du tissu économique sur le sujet. » Il est vrai que cette Semaine est devenue un rendez-vous incontournable et remarqué, qui suscite même l'intérêt de la presse grand public. En quinze ans, la question de l'emploi/handicap s'est déplacée du militantisme associatif à un engagement des entreprises et des institutions.

Roselyne Bachelot à la tribune

Mais une semaine suffit-elle à satisfaire un engagement aussi colossal ? En attendant la seizième semaine, et peut-être une semaine européenne d'ici trois ans, un autre rendez-vous en 2012. En mai plus précisément. Et Eric Blanchet d'interpeler les candidats à l'élection présidentielle. « L'ADAPT va mettre en œuvre une charte d'engagements en dix points que nous soumettrons à chacun d'eux. Ils ne peuvent pas rester muets sur cette question qui concerne 6 millions d'électeurs ! » Ce colloque se clôture comme il se doit avec l'intervention de Roselyne Bachelot qui, selon Emmanuel Constans, « montre un engagement sans faille dans le domaine de la solidarité et de la cohésion envers les personnes handicapées. Elle l'a récemment démontré en s'opposant à la hausse de la TVA à 7 % des équipements et services les concernant et au projet de réduction des avantages fiscaux pour les dons aux associations. » Alors, légitimement souriante après un tel hommage, la ministre des solidarités et de la cohésion sociale s'empare du micro, rassemblant tous les discours dans un même écho : « En dépit des aprioris, le handicap n'interdit pas la compétence. 79 % des dirigeants considèrent que l'embauche d'un travailleur handicapé n'a pas posé de problème particulier tandis que 68 % des entreprises qui ont sous-traité avec le secteur protégé se déclarent satisfaites. Ce n'est pas un acte de charité mais un pari gagnant. » Semaine pour l'emploi, journée de la femme, même combat. A quand 365 jours par an pour toucher la mise ?

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