Isère : justice prolonge le placement de 3 enfants autistes

Résumé : Nouvelle étape dans la bataille judiciaire de Rachel, séparée de ses 3 enfants autistes. La justice confirme qu'ils doivent être "protégés de la représentation invalidante et alarmiste" que leur mère a d'eux. Son avocate fait appel.

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Un juge des enfants du tribunal de Grenoble a confirmé le 24 juin 2016 le placement de trois enfants autistes, dont les associations ont fait un cas emblématique "de placement abusif" dû, selon elles, à une méconnaissance de ce handicap. "Les éléments de danger à l'origine de l'éloignement des mineurs ont été abondamment développés dans les décisions de justice (précédentes, ndlr) et conservent leur pertinence à ce jour. La demande (...) de voir lever les placements en cours ne peut donc qu'être rejetée", écrit le juge dans une décision consulté par l'AFP, en prolongeant le placement jusqu'au 30 juillet 2017. L'avocate de la mère, Me Sophie Janois, a indiqué qu'elle ferait appel de ce jugement. Les trois enfants, deux garçons de 5 et 7 ans et une fille de 10 ans, sont placés séparément en famille d'accueil et en pouponnière depuis l'été 2015. Leur mère, prénommée Rachel et qui réside à Saint-Marcellin (Isère), ne les voit que deux fois par mois lors de visites tenues en présence d'un tiers.

Un comportement maternel inquiétant

Dans un arrêt de février 2016, consulté par l'AFP, la cour d'appel de Grenoble avait estimé que les enfants devaient être "protégés de la représentation invalidante et alarmiste" que leur mère avait d'eux. Les magistrats décrivaient un "comportement maternel inquiétant", empreint de "nomadisme médical" parasitant la scolarité des enfants, leur mère s'obstinant "à vouloir confirmer sa perception d'un handicap chez ses enfants". La cour soulignait aussi la "bonne évolution globale des enfants" depuis leur placement, ce qui "pourrait venir d'ailleurs corroborer le diagnostic de syndrome de Münchhausen par procuration" (la mère rendant ses enfants malades). Les trois enfants ont pourtant été diagnostiqués autistes par l'équipe du Dr Sandrine Sonié, coordinatrice du Centre de Ressources Autisme Rhône-Alpes, selon les associations qui soutiennent Rachel. L'aînée est atteinte du syndrome d'Asperger, comme sa mère. Le cadet est atteint d'un trouble envahissant du développement non spécifié. Enfin, le benjamin présente les signes "d'un trouble du spectre de l'autisme", selon l'arrêt de la cour d'appel.

Une sensibilisation des magistrats ? 

Près de deux cents associations soutiennent le combat de Rachel. Le 25 janvier 2016, devant le congrès d'Autisme France, la secrétaire d'État aux personnes handicapées, Ségolène Neuville, s'était dite "totalement mobilisée pour que cette maman puisse le plus rapidement possible retrouver ses trois enfants". Au coeur du problème, les associations dénoncent les "dysfonctionnements" de l'Aide sociale à l'enfance (ASE) et une "vision préhistorique de l'autisme" basée sur une approche psychanalytique. Pour faire face à ce genre de situation, le Gouvernement a décidé, en avril 2016, d'annexer au plan autisme une fiche qui vise à prendre en compte les spécificités des troubles du spectre de l'autisme dans le processus de décisions en protection de l'enfance. En d'autres termes, à sensibiliser les magistrats et les professionnels concernés à ce type de troubles visiblement encore méconnus (article complet en lien ci-dessous).

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Le 25-06-2016 par Bru :


"La cour soulignait aussi la "bonne évolution globale des enfants" depuis leur placement, ce qui "pourrait venir d'ailleurs corroborer le diagnostic de syndrome de Münchhausen par procuration" (la mère rendant ses enfants malades)."

Voilà qui devrait rassurer Rachel - les enfants vont mieux - et lui permettre de sortir de son déni du trouble dont elle souffre pour enfin accepter tout accompagnement psychothérapique qui lui aura été proposé ainsi qu'au père des enfants.
Qui je l'espère est lui aussi rassuré au sujet de la santé de ses enfants !

Le 26-06-2016 par Bru :
"La cour soulignait aussi la "bonne évolution globale des enfants" depuis leur placement, ce qui "pourrait venir d'ailleurs corroborer le diagnostic de syndrome de Münchhausen par procuration" (la mère rendant ses enfants malades)."

Voilà qui devrait rassurer Rachel - les enfants vont mieux - et lui permettre de sortir de son déni du trouble dont elle souffre pour enfin accepter tout accompagnement psychothérapique qui lui aura été proposé ainsi qu'au père des enfants.
Qui je l'espère est lui aussi rassuré au sujet de la santé de ses enfants !

Le 27-06-2016 par bilfusée :
Un coup dur pour toutes les familles accusées ainsi a tord de maltraitance par les services sociaux, alors que leur seul tord est d'avoir un trouble ou une maladie méconnu même des experts médicaux des tribunaux.

Le 28-06-2016 par Bru :
Ce n'est JAMAIS un "tort" que de présenter un trouble quel qu'il soit, "Syndrome de Münchhausen Par Procuration" ou "autisme" ou "schmilblickite aiguë".
Et relisez le jugement : Rachel n'est ni "accusée" de quoi que ce soit ni condamnée par la justice.
Le "coup médiatique" de certaine association qui n'agit que dans son propre intérêt en instrumentalisant la souffrance de Rachel n'a pas réussi et c'est heureux pour elle, pour le père des enfants et surtout pour leurs enfants.

Les enfants vont mieux depuis qu'ils bénéficient des mesures d'éloignement de leur mère et de leur père décidées par les juges après enquêtes et expertises médicales et sociales.
Mais curieusement, cela n'intéresse personne, même pas leur mère...

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