Psychodon : l'Olympia aux couleurs de la santé mentale

Résumé : Le handicap psychique : terreau fertile de stigmatisations... Le Psychodon tente de les combattre à grand coup de sensibilisation. Le 12 juin 2019, il s'offre l'Olympia ! Au programme de cette 2e édition : chansons, témoignages et collecte de dons.

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« Psychodon, vivre avec une maladie psychique » en lettres rouges sur la mythique façade de l'Olympia, c'est le pari fou que s'est lancé Didier Meillerand, journaliste et président de l'association éponyme. Le 12 juin 2019, de nombreux artistes donneront de la voix pour lutter contre les tabous autour de la maladie et du handicap psychique. Plusieurs noms ont été dévoilés en exclusivité : Olivia Ruiz, Yannick Noah, Pascal Légitimus... Une grande soirée qui promet d'être plus « spectaculaire » que la précédente.

Une seconde édition « spectaculaire »

Le 12 juin 2018, le 1er Psychodon faisait salle comble au Théâtre de l'œuvre (Paris 9e) ; alors, pour cette deuxième édition, il fallait frapper fort et voir encore plus grand. Didier Meillerand passe un coup de fil à son partenaire, Stéphane Roussel, membre du directoire du groupe Vivendi et lui fait part de ses ambitions. Ça tombe bien, Vivendi est propriétaire de l'Olympia ! Cette soirée sera ponctuée de témoignages de chefs d'entreprise, de présidents d'associations impliqués dans le champ du handicap psychique et surtout de personnes concernées. Pour ne rien manquer, le concert sera diffusé sur les chaînes locales de France Télévisions. Une occasion en or pour Didier Meillerand qui souhaite installer la maladie mentale dans le paysage audiovisuel français. L'évènement étant placé sous le haut patronage du Président de la République, ses organisateurs espèrent la présence de Brigitte Macron.

Le dernier tabou

L'idée ? Faire du Psychodon une « marque fédératrice comme le Téléthon et Sidaction ». « Cette cause a besoin d'une initiative forte pour vaincre les stigmatisations ». Ce combat, il croit pouvoir le gagner car le Sidaction l'a déjà mené avant lui. Il y a 30 ans, les tabous autour du Sida étaient écrasants, « les gens mourraient en silence car ils avaient honte » mais, au fur et à mesure, l'association a réussi, « par le biais d'un chemin miraculeux », à sensibiliser le grand public. « Le handicap psychique, l'un des derniers tabous, a besoin d'un porte-étendard », assure Didier Meillerand. Son nouveau challenge : faire de la santé mentale une « grande cause nationale en 2020 », après une première tentative vaine en 2018 (article en lien ci-dessous). Cette bataille lui tient particulièrement à cœur car il a grandi avec un frère schizophrène. Son livre La poire en bois retrace l'histoire d'une famille, la sienne, qui vit au rythme des « bouffées délirantes » et des séjours à l'hôpital psychiatrique du fils aîné. La morale : « Osez en parler ! ».

Le handicap psychique en emploi

Le 27 novembre 2018, une conférence-débat sur l'emploi des personnes avec un handicap psychique était organisée à l'initiative du Psychodon dans les locaux du groupe Vivendi, en présence de Messidor, Clubhouse France, Handicap international… Tous sont unanimes : « Il faut briser ces tabous car les troubles psychiques font encore peur ». Pour Stéphane Roussel, « la diversité est une richesse, pas un handicap. Embaucher des personnes handicapées psychiques ne doit pas être une œuvre sociétale mais un désir de diversifier ses talents ». Xavier Ducrest, directeur France d'Handicap international souligne la « chance » de pouvoir se mobiliser sur cette thématique alors que, « partout dans le monde, c'est caché et certainement pas déclaré ». Il fait également table rase des stéréotypes : « Les personnes handicapées psychiques ne sont pas forcément violentes ; à l'inverse, elles ont 2,5 fois plus de chances d'être maltraitées ».

Le travail, c'est la santé ?

Olivier Callet, de la Société parisienne d'aide à la santé mentale, prône le « working first », un programme d'emploi accompagné. L'objectif : un suivi intensif individualisé par un « job coach », de l'accès au maintien dans l'emploi en milieu ordinaire. Le travail, c'est la santé ? Sophie Chrizen, auteure du livre L'étrange univers du schizophrène en est convaincue : « Lorsque je suis au boulot, je ne pense pas à ma maladie, je me concentre sur les tâches à accomplir. ». Selon Olivier Callet, un emploi permet, en tout cas, de « développer ses propres ressources ». Les chefs d'entreprise qui se mobilisent sont souvent eux-mêmes personnellement concernés. Or « lorsqu'on est passionné par la fonction RH (ressoures humaines), on ne peut pas faire l'impasse sur ce public », assure Lucie Caubel, co-fondatrice de Hello handicap, un salon de recrutement en ligne dédié aux travailleurs handicapés. L'objectif du Psychodon -outre la collecte de dons comme son nom l'indique- est donc de sensibiliser le grand public à cet « enjeu majeur », dans un contexte où un actif sur cinq présente un risque de développer des troubles psychiques (article en lien ci-dessous).

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"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Cassandre Rogeret, journaliste Handicap.fr"


Commentaires

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Le 02-12-2018 par Jean dzsrumauxes :
Super nouvelle. Avec toi Didier.

Le 07-12-2018 par odile dawson :
vous nous donnez de l'espoir.Bravo!Merci pour tout.

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