A quand plus d'élus handicapés : une asso milite !

Résumé : A quand un président en fauteuil roulant comme en Equateur ? Le 6 février 2018, l'association APHPP s'invite au Sénat avec l'objectif de favoriser la représentativité des personnes handicapées dans les instances politiques.

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Combien y-a-t-il, dans l'hémicycle, de sénateurs en situation de handicap ? Un, c'est sûr. Peut-être deux. Sur 348 ? Corinne Imbert n'en est pas certaine. Mais, après tout, il y a aussi des handicaps invisibles -rappelons tout de même que la moyenne d'âge des sénateurs est de 61 ans-. A l'Assemblée nationale, le bilan n'est guère plus réjouissant : un seul député avec un handicap visible sur un total de 577 élus. Alors la question s'impose : le handicap ne serait-il pas plutôt invisible de la sphère politique ?

Quelques élus mobilisés

Corinne Imbert est sénatrice de Charente-Maritime et, pour aborder cette question, elle a invité, le 6 février 2018, les membres de l'Association pour la prise en compte du handicap dans les politiques publiques et privées (APHPP) à venir à sa rencontre au sein du Sénat. Cette association a été créée en septembre 2017 par Matthieu Annereau (article en lien ci-dessous), député suppléant LREM, conseiller municipal de Saint-Herblain (44), lui-même aveugle. Elle a pour objectif de sensibiliser les élus au handicap afin d'impulser une dynamique dans les politiques publiques. « Les élus ont tiré la sonnette d'alarme sur l'inclusion à l'école, dans les entreprises, dans les médias mais aucun ne parle de l'inclusion politique ! », s'étonne-t-il.

A l'Assemblée en décembre

Le 16 décembre 2017, déjà, l'APHPP investissait l'Assemblée nationale à l'occasion des Etats généraux du handicap sur le thème : « Une priorité nationale pour 2017–2022 ? ». Ils avaient réuni quelques élus comme Marie-Anne Montchamp (ex ministre et présidente de la CNSA), Yann Jondot, maire Langoëlan, paraplégique, qui s'est récemment lancé à l'assaut du Kilimandjaro (article en lien ci-dessous), ou encore Edouard Braine, diplomate tétraplégique. Mais aussi des personnalités issues de la société civile comme l'aventurier Philippe Croizon ou le médaillé paralympique en natation Charles Rozoy.

Accessibilité ou représentativité

La journée sénatoriale commence par une visite du Palais du Luxembourg. Un édifice séculaire, somptueux, qu'il a fallu adapter tant bien que mal pour améliorer son accessibilité. Seul le dernier rang de l'hémicycle était jusqu'à maintenant accessible avec un fauteuil roulant mais, dans le cadre des grands travaux de rénovation en cours depuis plusieurs années, un escalier escamotable de sept marches a été installé. Plus qu'un état des lieux architectural, cette rencontre a pour objectif de rendre le handicap visible aux yeux des élus. Ce jour-là, canne blanche et fauteuil roulant permettent de faire passer le message sans équivoque.

Dans d'autres pays

Joëlle Garriaud-Maylam, sénatrice des Français de l'étranger, se rend à la rencontre du groupe. Dans un tweet posté par la suite, elle constate : « Le handicap touche 20% de notre population. Mais les handicapés sont largement absents de la sphère publique » française. Il y a pourtant des exemples à suivre, ailleurs… En 2017, l'Equateur élit à sa tête Lenin Moreno, paraplégique. En Allemagne, l'ancien ministre des Finances, Wolfgang Schäuble, paralysé des membres inférieurs après une tentative d'assassinat au cours d'un meeting électoral en 1990, préside aujourd'hui le Bundestag (chambre des députés). Quelques jours avant cette visite, le 29 janvier, Edouard Philippe nommait seize hauts fonctionnaires en charge, dans chaque ministère, du handicap et de l'inclusion. Or Matthieu Annereau déplore qu'aucun d'entre eux ne soit, à titre personnel, concerné par le sujet. « Je reconnais que ce domaine ne doit pas être exclusivement réservé aux personnes handicapées mais comme les autres nous sont aussi fermés… »

Ne pas lâcher !

Alors, certes, le Sénat ne fait pas l'impasse sur le handicap et y consacre certains de ses travaux… Le 25 janvier 2018, était officiellement lancée une mission composée de 8 sénateurs relative au financement de la prise en charge des personnes handicapées (article en lien ci-dessous), à laquelle l'APHPP a d'ailleurs demandé à contribuer. Mais c'est davantage la représentativité des personnes handicapées dans la sphère politique qui motive la démarche de l'association. Matthieu Annereau a rencontré d'autres sénateurs, notamment François Patriat, président du groupe En Marche !, évoquant ce sujet dans l'optique des élections européennes de 2019. « Les personnes handicapées amènent quelque chose au débat public et, évidemment, pas seulement sur les questions les concernant, assure-t-il. Elles proposent une autre vision dans bien des domaines. La sphère politique se prive de richesses et d'autres points de vue. Alors pourquoi ne pas opter pour un système inspiré de la parité homme-femme ? ». François Patriat a promis de faire remonter cette suggestion au Premier ministre. Matthieu se dit déterminé : « On ne va pas les lâcher là-dessus ».

Prendre de la hauteur

La coutume veut que la visite du Sénat s'achève par une photo au pied du magistral escalier d'honneur. Mais la présence de fauteuils roulants complique le protocole. Le groupe est donc convié à prendre la pause en haut des marches, ce qui fait dire à Ryadh Sallem, champion handisport multimédaillé : « Avec le handicap, il faut s'adapter… et prendre de la hauteur ». Tout un symbole !

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"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Emmanuelle Dal'Secco, journaliste Handicap.fr"


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Le 21-02-2018 par Walter Salens :
Le débat permanent autour de la présence de PSH à la télévision ou dans les assemblées politiques ou les médias devient lassant, comme d'ailleurs la référence à 12 millions d'handicapés dans notre pays. Et ce par le constat qu'on impute bien trop souvent cette absence aux "autres", à leur désintérêt ou dédain ou ignorance.. Bien d'autres strates sociales peuvent pleurnicher sur leur non représentativité; le monde ouvriers ou des employés par exemple. Rarement on accepte le constat suivant, écrit déjà par moi ailleurs: il faut des compétences, une expérience professionnelle concrète et surtout une volonté pour braver effectivement des idées préconçues ou des obstacles physiques. Donc un appel de ma part à des vaillants, combattants réalistes.

Le 21-02-2018 par Mimi kitty :
Bonjour.
Qui peut représenter les personnes porteurs d.un handicap? Et bien cherchons pas plus loin : les personnes handicapées. Ca c.est sure nous connaissons, nous vivons au quotidien. Pourquoi mettre qq1 qui n.a jamais vecu telle ou telle situation.

Le 05-03-2018 par Chanchan :
A cause de mes nombreux handicaps invisibles , et l inhumanité de nombreux employeurs qui n ont jamais voulu m embaucher en m accordant des pauses assises au travail , j ai passé 25 ans en recherche d emploi , sans qu on m accorde une seule chance de travailler
Pourtant les patrons avaient un allègement de charges en m employant , mais ils voulaient le beurre et l argent du beurre
A 63 ans je me retrouve avec une retraite ridicule
En ce moment je suis à une formation dans une petite fac , ils n ont pas pu me fournir une seule chaise confortable , que dossier et assise en bois dur !!
Quelle tristesse
C est quelqu un comme moi qui devrait être élue pour représenter les handicapés. Etant seule j en ai bavé et j en bave encore

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