Film " Henri " : un amour interdit par le handicap ?

Film " Henri " : un amour interdit par le handicap ?

Résumé : "Henri", deuxième film de l'actrice Yolande Moreau sort en salles le 4 décembre. L'histoire d'une rencontre entre un gérant de bar veuf et Rosette, une jeune femme handicapée mentale. Deux solitudes qui se plaisent à espérer, à rire, à aimer.
 
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« Henri », deuxième film de l'actrice Yolande Moreau, en salles mercredi, raconte l'histoire d'un homme « réveillé par une autre solitude » que la sienne, une oeuvre sur « la difficulté de vivre » et sur des gens « qui n'ont pas les codes » sociaux, dit-elle dans un entretien à l'AFP. « L'idée de départ est venue en écoutant en boucle le disque de Tom Waits « Innocent when you dream » pendant les repérages de « Quand la mer monte » (son premier film co-réalisé avec Gilles Porte, ndlr). J'ai eu envie de faire un film comme ça sur un homme un peu alcoolique, entre chien et loup tout le temps, un peu éteint et qui serait réveillé par une autre solitude que lui », racontait en mai 2013 l'actrice, dont le long métrage a été présenté en clôture de la Quinzaine des réalisateurs à Cannes.

Rosette, légèrement handicapée mentale

Henri est d'origine italienne et a la cinquantaine. Il tient un bar-restaurant avec sa femme dans la région de Charleroi (Belgique). Assez apathique, cet homme « qui a été brillant et s'est petit à petit éteint », selon la réalisatrice, voit sa vie égayée seulement par les bières avec ses amis et sa passion pour les pigeons voyageurs. Le héros, incarné par le comédien et metteur en scène de théâtre Pippo Delbono, se retrouve seul quand sa femme meurt brutalement. Il va alors se faire aider au restaurant par Rosette, une jeune femme légèrement handicapée mentale résidente d'un foyer voisin, qui va peu à peu transformer sa vie. Elle est interprétée par Candy Ming, artiste multicartes souffrant elle-même d'autisme, qui avait joué dans « Louise-Michel » et « Mammuth ».

Un appartement, une sexualité, comme tout le monde

« Ce n'est pas un film sur les handicapés mentaux. Rosette est légèrement handicapée et c'est son handicap qui me sert à dire qu'elle rêve de normalité, d'avoir un appartement, une sexualité, un enfant, d'être comme tout le monde. Ce qui m'intéressait, c'est cette rencontre, cette ressemblance" entre deux personnages « qui n'ont pas les clés pour fonctionner socialement », explique la réalisatrice. « Je parle plutôt de leurs ressemblances que de leurs différences, de leur difficulté de vivre, et ça c'est universel. Et je parle aussi de la façon dont on se raccroche à l'amour de temps en temps », poursuit Yolande Moreau, qui décrit de manière poétique la relation qui se noue entre ses deux personnages.

Un film tragi-comique

La comédienne de 60 ans, récompensée deux fois par le César de la meilleure actrice pour « Quand la mer monte » en 2005 et « Séraphine » en 2009, fait elle-même une petite apparition dans le film, dans un rôle qui déclenche les rires. Mais son film, lui, est plutôt « tragi-comique », selon elle. « Ce n'est pas un film à se taper les cuisses. Mais j'espère qu'on rit quand même ». Après « Henri », qu'elle avait « commencé il y a dix ans », la comédienne dit avoir « envie assez vite d'avoir un autre projet de film. Je suis lente. Je prends mon temps mais j'espère que je ne mettrai pas dix ans pour le suivant ! ».

Date sortie : 4 décembre 2013
Réalisation : Yolande Moreau
Avec : Pippo Delbono, Miss Ming, Jackie Berroyer, Lio, Yolande Moreau
Durée : 1h47

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Le 30/11/2013 par W.Salens :
Demain, dimanche, j'aurai le plaisir de voir HENRI en avant-première et en présence de Yolande Moreau. Dans le Val d'Oise - UTOPIA salle qui a eu le courage de laisser Gabriëlle à l'affiche pendant plus de 2 semaines.

Le 02/12/2013 par W.Salens :
Eu le bonheur, hier, d'être à l'avant-première dans le 95, avec Yolande Moreau. Ce qu'elle dit dans votre article colle parfaitement au film, tel que je l'ai ressenti. Savoureux, beaucoup de rires spontanés grâce à de brefs dialogues, des images denses et riches pour "parler" à leur tour, solitudes et petits plaisirs au quotidien, petits pas vers un échange sincère... Non, je ne vous dévoile pas la fin: allez voir ce film. Avant ou après cherchez sur le Net pour mieux découvrir Rosette=Candy Ming avec sa créativité joyeuse et multi-facettes.

Le 05/12/2013 par W.Salens :
Le Monde dit que le film est "triste à pleurer" et n'est qu'une suite de séquences... Sacrés intellos-bobos qui, par définition, ne peuvent comprendre la vie de tout le monde. Libé, au contraire, hier: "Ns le disions en mai à Cannes quand Henri fut présenté à la Quinzaine des réalisateurs, on le répète avec joie en décembre à Paris: Henri est un film de toute bonté." Merci Libé et aux lecteurs (éventuels?) du Monde: ne croyez pas votre canard, parfois il ne vole pas très haut.

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