Sexe, amour et handicap :un plaidoyer pour un peu d'humanité

'Avant, j'avais un grand trou noir dans la tête, maintenant j'ai un grand rayon de soleil' : Sébastien, infirme moteur cérébral, résume ainsi sa découverte des bras d'une femme, de la tendresse, devant la caméra de Jean-Michel Carré.

21 février 2011 • Par L'AFP pour Handicap.fr

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Auteur de nombreux documentaires, grand prix du jury du Festival international du grand Reportage d'actualité et du documentaire de société (FIGRA) en 2004 pour "Koursk : un sous-marin en eau trouble", le cinéaste ne se cache pas d'avoir réalisé un film "militant", posant la question des assistants sexuels.
Estimant que son métier consiste "à donner les informations que l'on ne peut pas avoir, qui dérangent ou que les gens ont peur de regarder", le réalisateur explique à l'AFP qu'il ne conçoit pas du tout "le militantisme comme du dogmatisme mais au contraire comme quelque chose de très humain".

La question d'un statut d'assistant sexuel, qui existe en Allemagne, aux Pays-Bas, au Danemark et en Suisse allemande, est à l'étude en France. Le député UMP Jean-François Chossy, chargé d'une mission sur "l'évolution des mentalités et le changement du regard de la société sur les personnes handicapées", prépare une proposition de loi en ce sens.
Mais l'idée se heurte à l'opposition farouche du ministre des Solidarités, Roselyne Bachelot, pour laquelle des rapports sexuels rémunérés "cela s'appelle de la prostitution", ou encore des féministes abolitionnistes.
C'est pour cette raison que Christine ne se fait pas rémunérer. Dans "Sexe amour et handicap", cette esthéticienne-relaxologue marseillaise raconte comment elle a finalement "décidé de partir en combat avec eux", après avoir été contactée par l'association Choisir sa vie. Christine parle de donner de la "douceur qui rappelle un peu la maman", de "tendresse", de "toucher" et impressionne par son humanité.
L'humanité, c'est ce que demande justement un des témoins du film, Marcel Nuss, fondateur de la Coordination Handicap et Autonomie, lui-même lourdement atteint d'une maladie génétique.
"Qu'on arrête de détourner un sujet grave. Ce n'est pas une affaire de cul, c'est une affaire d'humanité. Ce n'est pas un problème de passe, mais un problème d'incarnation de la personne, de ré-humanisation, de réappropriation d'un corps totalement déstructuré".
Pour appuyer ce propos, psychologues, sexologues, assistants témoignent, parlent des exemples étrangers, évoquent les limites acceptables pour les assistants sexuels, la souffrance de personnes "qui ne sont pas dans la frustration mais dans la privation" absolue, sans aucune expérience sensuelle et encore moins sexuelle.
Le plaidoyer semble fonctionner : lors de l'avant-première à Paris mi-février, "une vieille militante féministe", selon sa propre définition, était arrivée très hostile, mandatée par "une copine de province qui se bat contre la prostitution". A l'issue de la projection, "bouleversée", elle s'exclamait : "Mais ça n'a rien à voir avec de la prostitution !".

jg/db/phc

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