« Où vont mes centimes ? » C'est la question que se posent de nombreux consommateurs qui appuient sur le bouton vert au moment du règlement par carte bancaire, optant pour « l'arrondi », devenu désormais « rituel de caisse ». Avec un don moyen de 40 centimes, les petits ruisseaux font les grandes rivières : multiplié par des millions de passages en caisse, ce micro-geste pèse lourd. Aussi appelé « arrondi solidaire », le dispositif permet de reverser une petite somme à une association, sans changer ses habitudes de consommation. Importé du Mexique, il est développé en France depuis 2009 par l'entreprise sociale microDON, avec une première expérimentation d'ampleur en 2013 chez Franprix. Qu'en pensent les clients ? Nous leur avons tendu notre micro. Un reportage à retrouver sur Handicap.live et les réseaux sociaux de Handicap.fr.
Comment fonctionne l'arrondi en caisse ?
Concrètement, 90 % des sommes collectées sont reversées aux associations partenaires. Les 10 % restants financent le modèle économique de microDON, filiale de La banque postale. En 2023, 44 % des Français ont déjà utilisé l'arrondi en caisse, contre 19 % en 2019, selon un sondage OpinonWay de 2023. Fin janvier 2026, le dispositif devait franchir le cap des 100 millions d'euros collectés en quinze ans, selon Gaëlle Mercier, directrice communication et fundraising de microDON.
Handicap : 6 % des associations soutenues
Dans ce total, le handicap occupe une place encore modeste mais bien réelle : environ 6 % des associations soutenues œuvrent dans ce champ, pour près d'un million d'euros reversés. Pour certaines structures, une campagne de quelques semaines peut représenter des dizaines de milliers d'euros et financer des parcours d'accompagnement concrets : mobilité, accès aux droits, logement, formation de chiens-guides, santé. C'est le cas de l'association « Comme les autres », qui a récolté près de 90 000 euros en deux ans, soit le financement de 15 parcours d'accompagnement complets sur un an. « Les gens ne se rendent pas compte mais cela représente une somme importante pour nous », résume Salomé Marie, chargée de mécénat.
Transparence, polémiques et impact réel
Malgré un taux de satisfaction de 97 % chez les donateurs (OpinionWay), la méfiance persiste. 45 % des réticents évoquent un manque d'information sur l'utilisation des fonds. Récemment, le partenariat entre Casino et Espérance banlieues, un réseau d'écoles privées hors contrat, a ravivé les critiques sur le choix des bénéficiaires, jugé parfois trop « privé ou confessionnel ». Face à cela, microDON assure pourtant « soumettre chaque association à un audit strict et garantir la traçabilité des dons, avec un suivi de l'impact jusqu'à plusieurs mois après la collecte ». Pour les associations du handicap, l'arrondi en caisse reste une opportunité de financement « accessible, complémentaire aux dons classiques ».
Prochaine étape : le e-commerce
Fort de son succès, microDON ne compte pas s'arrêter là. En 2026, le dispositif prévoit de s'implanter cette fois dans le e-commerce pour transformer chaque clic en acte solidaire. Un petit geste, donc, mais dont les effets peuvent être très concrets, à condition que la confiance soit au rendez-vous.
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