Et si mieux vieillir passait aussi par mieux voir et mieux entendre ? Avec l'âge, les déficiences visuelles et auditives deviennent plus fréquentes, mais elles ne sont pas une fatalité. Elles peuvent favoriser chutes, isolement social, perte d'autonomie et déclin cognitif. La presbyacousie, notamment, est identifiée comme le 3e facteur de risque modifiable de déclin cognitif. Pour agir, la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA), avec l'Union des gérontopôles de France (UGF), s'appuie sur une revue de 51 études internationales, menées entre 2015 et 2025. Son message : « Ces troubles ne relèvent pas uniquement d'un processus inévitable de vieillissement ».
Cinq leviers pour protéger sa santé sensorielle
La CNSA recommande d'abord de mieux informer les seniors, avec des supports adaptés et un accompagnement humain, puis de renforcer le dépistage auditif et visuel, idéalement intégré à un parcours global de prévention. Troisième conseil : ne pas traiter l'audition ou la vision isolément, mais les associer à la mobilité, la mémoire, l'alimentation et la santé psychologique, notamment dans une démarche de type ICOPE, pour « Integrated care for older people », ou « soins intégrés pour les personnes âgées », un programme mondial de prévention de la dépendance développé par l'Organisation mondiale de la santé (OMS).
Une alimentation saine et équilibrée : la clé
Quatrième levier : adopter une alimentation saine et équilibrée, de type méditerranéen, qui pourrait contribuer à prévenir ou ralentir certaines maladies neurosensorielles liées au vieillissement. Enfin, la CNSA appelle à lever les freins financiers, sociaux et géographiques qui limitent encore l'accès aux lunettes, aides auditives et professionnels de santé. Un enjeu majeur alors que le double déficit auditif et visuel augmente particulièrement le risque de troubles cognitifs. « Agir simultanément sur le lien social et sur la correction sensorielle » apparaît ainsi essentiel pour préserver l'autonomie des séniors.
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