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Sur Arte, fratrie face à la maladie psychique, un film choc!

"Qu'est-ce qu'on va faire de Jacques?", se demandent Fabien, Louise et Estelle à propos de leur frère atteint de schizophrénie. Ce film de Marie Garel-Weiss est diffusé sur Arte le 25 février 2022 à 20h55. Un moment poignant sur la maladie psychique.

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Un soir d'hiver, Jacques s'installe comme à son habitude devant la télévision, une bière dans une main, une cigarette dans l'autre. Son père n'est jamais bien loin. Il s'assied à ses côtés et s'endort sur l'épaule de son fils. Le vieil homme ne se réveillera pas. Pour la première fois de sa vie, Jacques se retrouve seul. Enfin pas tout à fait. Ses pensées et ses voix, elles, sont toujours là. Jacques est schizophrène. Le lendemain, Fabien, Louise et Estelle sont réunis autour de leur frère et de leur défunt père dans la longère familiale, au cœur de la campagne charentaise. Ils affrontent une réalité à laquelle ils ont échappé durant des années : « Qu'est-ce qu'on va faire de Jacques ? ».

Questionne le rôle d'aidant

Dans ce film au titre éponyme (1h23) (bande-annonce ci-contre), qui sera diffusé sur Arte le 25 février 2022 à 20h55 (également sur Arte.tv du 18 février au 29 juin 2022), la réalisatrice Marie Garel-Weiss aborde sans détour la question du handicap psychique au sein des familles (article en lien ci-dessous). Elle montre tout ce qu'implique le rôle d'aidant et la marginalisation sociale dans laquelle sont plongées les personnes malades. Jacques refuse d'entrer dans un établissement. Pourtant, il ne peut vivre seul. Quand la fratrie décide de vendre la maison, laissée à l'abandon par un père démissionnaire et un frère malade, Jacques s'y oppose catégoriquement. Puis change d'avis. L'idée de « se trouver une petite maison au bord de la mer » ou « une tiny house » s'installe progressivement dans la tête de ce colosse de près de deux mètres, pourtant si fragile... Jusqu'au prochain rebondissement ! 

Le tabou de la maladie

Marie Garel-Weiss révèle avec brio l'ambiguïté de la relation fraternelle dans laquelle vient se nicher la maladie, tue et pourtant si présente. Le mot « schizophrène » n'apparaît qu'à la 31e minute, au tiers du film. On y apprend que Jacques a été diagnostiqué « tard, à 19 ans » et que ses parents, son père surtout, l'ont surprotégé parce qu'il « était trop sensible ». Dans un vieux carnet appartenant à ses parents, Louise tombe d'ailleurs sur cette citation de l'écrivain japonais Kenzaburo Oé : « En entrant dans le monde, il a été un destructeur : il a détruit ma vie et celle de notre famille. Mais il s'est avéré aussi pour nous un rédempteur ». Le handicap, à la fois source de lien et de séparation ? Dans cette fiction, tous ne réagissent pas de la même manière. Fabien perd patience et s'est forgé une carapace pour ne pas voir. Estelle est bien trop prise par son projet de grossesse. Reste Louise, qui assume avec une douceur maternante les tâches du quotidien. La scène de la douche où elle savonne son frère « qui a peur de se désintégrer en se lavant » est particulièrement marquante. On comprend alors que ce sont des pathologies qui nécessitent, plus que tout, du temps et de l'empathie.

Des jeux d'acteurs d'une « folle » intensité

Enfin, la qualité du film tient sans aucun doute à la prestation des acteurs (Maud Wyler, Pascal Rénéric, Samir Guesmi…) et surtout celle de Vincent Deniard (vu récemment dans la série Germinal) récompensé à La Rochelle en 2021 pour son interprétation de Jacques. L'acteur s'est emparé de son personnage grâce à l'intensité des regards et ses mimiques qui marquent la confusion. Sans tomber dans le pathos, le film reproduit la fatigue émotionnelle que vivent les personnes avec un handicap psychique : « Je déteste mes voix, elles sont tellement méchantes. Quand je ne prends pas médicaments, elles me sautent dessus. Je ne peux pas les faire taire. Je me dis que je suis une sorte de Don Quichotte, parce que dans mon monde je dois me battre toute la journée. Je suis crevé », explose-t-il à la fin.  Un film poignant sur un sujet de société rarement abordé à l'écran avec autant de justesse. 

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"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Clotilde Costil, journaliste Handicap.fr"

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