Autisme : un algorithme identifie certaines formes in utero

Un test fiable à 100 % pour détecter 20 % des cas d'autisme ? Telle est la promesse d'une équipe de chercheurs américains qui a mis au point un algorithme capable d'identifier, in utero, les TSA liés à des auto-anticorps maternels nommés MAR ASD.

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« Une mère qui a des auto-anticorps anti-CRIMP1 et GDA (le modèle le plus courant) a 31 fois plus de risques d'avoir un enfant autiste », révèle une étude publiée le 22 janvier 2021 dans la revue scientifique Molecular Psychiatry (en lien ci-dessous). Des chercheurs de l'UC Davis Mind Institute, aux Etats-Unis, assurent avoir mis au point une technique capable de détecter, in utero, un certain type d'autisme, via un algorithme qui analyse des biomarqueurs présents dans le sang des futures mères. Leur étude porte plus spécifiquement sur les troubles du spectre de l'autisme (TSA) liés aux auto-anticorps (des protéines immunitaires qui attaquent nos propres tissus) maternels, nommés MAR ASD, qui représenteraient environ 20 % des cas d'autisme.

Test fiable à 100 %

Pour ce faire, les chercheurs ont eu recours au « machine learning » ou apprentissage automatisé. Concrètement, un ordinateur a analysé le plasma sanguin de 450 mères d'enfants autistes et de 342 autres d'enfants « valides » afin d'analyser la réactivité à huit protéines présentes dans le cerveau du fœtus. Dans une précédente étude, ils avaient déjà découvert que les auto-anticorps des femmes enceintes pouvaient interagir avec le cerveau du fœtus et en modifier son développement. Un algorithme a ensuite déterminé les trois principaux modèles d'auto-anticorps maternels associés à un diagnostic de TSA : CRMP1+GDA, CRMP1+CRMP2 et NSE+STIP1. « C'est énorme, très peu de données permettent d'évaluer ce risque », s'enthousiasme Judy Van de Water, professeure de rhumatologie, d'allergie et d'immunologie clinique à l'université de Californie à Davis et auteure principale de l'étude, garantissant « un taux de précision de 100 % ».

Favoriser un diagnostic précoce

Selon elle, cette étude ouvre la voie à davantage de recherches sur les tests pré-conceptionnels. « Nous pouvons imaginer qu'une femme pourrait subir un test sanguin pour ces anticorps avant de tomber enceinte afin de savoir si elle court un risque très élevé d'avoir un enfant autiste », détaille la chercheuse. Enjeu majeur ? Un diagnostic précoce et, in fine, une prise en charge plus efficace. Judy Van de Water étudie actuellement les effets pathologiques des auto-anticorps maternels à l'aide de modèles animaux. « Nous les utiliserons également pour développer des stratégies thérapeutiques pour bloquer les auto-anticorps maternels du fœtus », promet-elle.

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"Tous droits de reproduction et de représentation réservés.© Handicap.fr. Cet article a été rédigé par Cassandre Rogeret, journaliste Handicap.fr"
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